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L'Autre Regard : Sur un air de fin de règne

15/11/2017
23:11

Coup d’Etat ou pas, le Zimbabwe vient de basculer dans une période d’incertitude dans la nuit du mardi à mercredi dernier. Dans un scénario des plus classiques sur le continent, des militaires ont nuitamment pris position devant les institutions, places stratégiques de la capitale Hararé. La soldatesque, selon un communiqué lu à la télévision publique, dit vouloir  éliminer les criminels proches du président Robert Gabriel Mugabe dit Bob, qu’elle affuble de crimes diverses aux conséquences sociales et économiques pour les populations du pays.  Curieusement, les auteurs du coup de force  ont fait allusion au Chef de l’Etat Zimbabwéen, rassurant que le « camarade Mugabe » et sa famille sont sains et saufs. A 93 ans, dont 36 au pouvoir depuis 1980, le combattant contre l’ancienne puissance coloniale pour l’indépendance de la Rhodésie (devenue Zimbabwe) fait face à une atteinte sans précédent à son régime. Lui qui a réussi à se « bunkériser » au fil des années grâce à un appareil sécuritaire à toute épreuve. Un dispositif qui a résisté à la furie de l’Occident après la mise en œuvre de la réforme agraire controversée ayant permis d’exproprier les puissants fermiers Blancs, même si l’économie du pays continue d’en pâtir. A y voir de près, les bruits de bottes font suite au limogeage, le 13 novembre 2017,  du vice-président  Emmerson Mnangagwa pour « déloyauté », « manque de respect et de sérieux ». Pas moins.  Celui qui était jusqu’à cette date pressenti comme le successeur potentiel du vieux Bob, avait promis depuis son exil de revenir défier Mugabe et son épouse Grace qui, elle aussi, ne manque pas de convoitise pour le trône de son nonagénaire de mari.   Faut-il voir dans cette descente de l’armée dans les rues, la réponse du vice-président en disgrâce ? Rien n’est moins sûr, car les revendications des militaires portent, entre autres, sur l’arrêt des purges opérées par le clan Mugabe contre ses potentiels rivaux à l’orée de l’élection présidentielle de 2018. Cette hypothèse pose le problème d’une alternative crédible au Zimbabwe car, le vice-président, 75 ans, ancien ministre de la Justice, de la Défense et des  Renseignements, n’est qu’un fidèle parmi les fidèles de Mugabe, dont il fut l’exécuteur des basses œuvres depuis des décennies. Surnommé le « Crocodile »,  il est même perçu comme le seul homme au Zimbabwe plus redoutable que Mugabe lui-même.   Cette intrusion ouverte de la grande muette dans les affaires politiques zimbabwéennes intervient également quelques mois après un rapport accablant d’une ONG britannique, Global Witness, publié le 11 septembre dernier, mettant en cause un des secrets de la longévité de Robert Mugabe au pouvoir, la Central Intelligency Organisation (CIO), les services d’espionnage du régime. Tuyauté par un ancien ministre des Finances de Mugabe en rupture de banc, l’ONG a mis à nu des détournements  des revenus miniers, principalement le diamant, à hauteur de 14 milliards de dollars  par l’élite militaire et politique proche du pouvoir pour financer la répression politique des opposants, des journalistes et alimenter les violations des droits humains.  Ce rapport a probablement mis de l’eau au moulin de l’armée qui n’a pas hésité à ouvrir la chasse au ripous.  Mais entre la réaction du grand voisin sud-africain qui a immédiatement désapprouvé un changement inconstitutionnel de régime au Zimbabwe et la menace d’un scenario à la Turque avec les officiers « génération 40 » proche de l’épouse du vieux, rien ne semble encore joué dans le puzzle. Il est  évidemment trop tôt pour décréter « game si over »  pour le dernier des Mohicans. Le président Zimbabwéen s’est érigé en tête de prou d’une lutte anticolonialiste arrière-gardiste pour la souveraineté et l’émancipation tout de même très populaire dans son pays et à travers l’Afrique. Son rôle est néanmoins controversé. Perçu comme le porte-flambeau des sans voix en Afrique, il n’est ni plus ni moins qu’un « vieillard fou », un assoiffé de pouvoir, un raciste anti-Blancs du point de vue occidental.  Il est fort à parier que plus rien ne sera comme avant après ce coup de force. Car Mugabe, dépouillé  de ses hommes de main, d’un entourage jugé criminel, ne sera pas le même, qui remporte ses bras de fer contre Toni Blair, George Bush ou Morgan Swanguirai.  Ce qui le mettrait très probablement à la portée d’une opposition organisée et même d’une contestation de rue, qu’il a jusque-là eu la poigne d’étouffer.  Ce qui s’apparente à une révolution de palais,  une crise interne à l’Union nationale africaine du Zimbabwe (ZANU-PF), parti au pouvoir, n’est nullement annonciateur d’un souffle nouveau pour un pays qui en a vraiment besoin. Avec ou sans Robert Mugabe, en effet, ce sera sans doute la ZANU-PF, donc du Mugabe sans Mugabe. Même si l’armée dément  avoir perpétré un coup d’Etat, c’est sur un air de fin de règne que le vieux Bob apprendra, à ses dépens, ce dicton anglais qui stipule que l’on a échappé à ce qui le poursuit mais jamais à ce qui court en soi-même.  


Mahamadi TIEGNA
camerlingue78@yahoo.fr  





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