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Cinéma : Le film Thom du réalisateur burkinabè Tasséré Tahirou Ouédraogo a été sacré meilleur film de fiction long métrage à Toukountchi festival de cinéma du Niger./Burkina: Mariam Diallo/Zoromé, ex-gouverneur du Centre Nord, a été inhumée ce dimanche 10 décembre au cimetière municipal de Bobo-Dioulasso./Emmanuel Macron : « La France n'investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement qui n'auraient aucune retombée sur la population locale ».
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La bêtise humaine

19/11/2017
20:45

Des êtres humains, des hommes vendus comme des objets, comme du bétail, entre 200 et 500 dollars (environ 110 000 et 275 000 F CFA) en Libye. Cette scène surréaliste, immortalisée par des caméras de CNN, semble avoir suscité un émoi généralisé dans nos pays et à travers le monde. Chefs d’Etat et de gouvernements, artistes de renom, organisations de droits de l’homme, acteurs de la société civile, etc. ont exprimé leur indignation. Et pourtant, il ne s’agit point d’un phénomène nouveau. En effet, depuis 2015, de nombreux médias africains ont tiré la sonnette d’alarme concernant les traitements inhumains subits par des Africains à la peau noire dans le « no man’s land » né depuis la mort de Khaddafi, en 2011. L’on se souvient, sans doute, des témoignages dignes d’un film d’horreur, de migrants burkinabè sortis de l’enfer libyen, grâce aux bons offices de notre ambassade à Tripoli et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). En décembre 2015, 178 de nos compatriotes avaient pu regagner Ouagadougou, après avoir frôlé la mort. Le vendredi 8 janvier 2016, 133 Burkinabè étaient aussi rapatriés de Libye. La liste est longue. Parmi ces miraculeux de la galère libyenne, de l’enfer libyen,  Mahamadou Guébré de la région du Centre-Est confiait ceci : « Nous avons subi des humiliations à Tripoli. Nous avons été traqués, persécutés et sommés de verser des sommes d’argent à la police. Nous étions à un doigt de la mort et nous remercions Dieu de nous avoir permis de regagner notre pays, sain et sauf ». De nombreuses autres victimes ont donné l’alerte sur le drame qui sévit en Libye. Mais, il a régné comme une sorte de silence coupable à l’échelle nationale et internationale. Alors que des milliers de jeunes Noirs, qui rêvaient de monnayer leurs forces et intelligence en Europe, en transitant par la Libye, sont transformés en marchandises, corvéables à merci. Ceux qui les achètent les affectent ensuite à des travaux « forcés » de construction ou dans des fermes. D’autres sont faits otages et obligés d’appeler leurs familles pour payer leur affranchissement. Ce qui a cours en Libye est honteux, scandaleux et condamnable. Une véritable bêtise humaine ! Nous sommes bel et bien face à de l’esclavage, entendu comme « la condition d’un individu privé de sa liberté, qui devient la propriété, exploitable et négociable comme un bien matériel, d’une autre personne ». C’est pourquoi, il faut aller outre les condamnations de principe pour arrêter tout net le massacre. Cela passe par une interpellation ferme des autorités libyennes sur leurs responsabilités quant à l’intégrité physique et la dignité des personnes qui vivent sur leur territoire. En même temps, il y a lieu de se demander ce que peut vraiment Tripoli seule contre ces pratiques infâmes, dans un Etat qui peine à recoller ses morceaux. Au-delà de ce que l’on doit dénoncer en Libye, c’est toute la problématique de la gestion de l’immigration clandestine qui a refait, ainsi surface. Un travail conséquent en amont peut aider à juguler les voyages suicidaires de jeunes africains vers un eldorado incertain. Les candidats au départ ont souvent besoin, dans leur pays d’origine, d’espoir, de perspectives de vie décente. Et ça, c’est de la responsabilité de nos Etats, nos dirigeants.


Par Rabankhi Abou-Bâkr Zida
 rabankhi@yahoo.fr




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