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Cinéma : Le film Thom du réalisateur burkinabè Tasséré Tahirou Ouédraogo a été sacré meilleur film de fiction long métrage à Toukountchi festival de cinéma du Niger./Burkina: Mariam Diallo/Zoromé, ex-gouverneur du Centre Nord, a été inhumée ce dimanche 10 décembre au cimetière municipal de Bobo-Dioulasso./Emmanuel Macron : « La France n'investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement qui n'auraient aucune retombée sur la population locale ».
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Ce n’est pas le champ de mon père !

23/11/2017
23:15

Décidément, l’administration publique n’est pas le champ du papa de quelqu’un ! On y va à l’heure que l’on veut ; les retardataires descendent toujours avant les autres. Dans les bureaux, certains tournent le pouce et se rabattent sur des jeux de carte ou de «Zuma». D’autres se pavanent sur Internet sur Facebook avec des amis qui n’ont rien à «foutre» ou draguent l’inconnue frivole qui cède au premier clic.  
Il y a aussi ceux qui fouinent dans les sites torrides de la toile pour booster la taille d’une libido en mal de décollage. Dans la rangée de l’autre moitié du ciel, une télé trône en maître absolu. On suit les télénovelas la bouche ouverte et les larmes aux yeux. La secrétaire au regard de léopard répond à peine au «bonjour» de l’innocent visiteur. Elle s’est levée sur le mauvais pied et a trimballé la malle de l’arsenal conjugale au bureau. Quand vous tapez à la porte d’une telle calamité, le «oui» ressemble à un «non», rien que par le ton. Ne vous attendez pas à un accueil chaleureux de sa part. Dans le frigo du service, une «opératrice économique» y conserve de petits bidons de bissap, du yaourt et du jus de gingembre. Ne dites rien de grave à haute voix, parce que même DG commande chez elle. Le restaurant d’en face tire l’électricité et l’eau du même service public. C’est l’Etat qui
paie ! Dans le bureau de celle qui vend les pagnes, des collègues s’y retrouvent pour contempler les plus beaux basins et essayer les hauts et les bas de la tentation. C’est aussi là-bas qu’on discute de l’actualité sociopolitique en insultant le président et son gouvernement.
Le bureau d’en face est toujours fermé. Le locataire vient une ou deux fois par semaine. Il a d’autres chats à fouetter. C’est un chasseur de prime qui arpente les réseaux du «gombo». Parfois, il est entre deux ateliers juteux et une mission avec un don d’ubiquité qui lui permet d’être partout. La femme allaitante du bureau voisin continuera à descendre à onze heures trente pour un gros bébé sevré depuis trois ans. Sa collègue paresseuse prétextera toujours d’aller chercher ses enfants à la maternelle, sans revenir au service. Depuis l’institution de la journée continue, ils sont nombreux à prendre la clé des champs pendant la pause. Au moment des notations, la fainéante engourdie aura 09/10 avec mention «RAS». Objectivement, le «filou» ne vaut même pas 04/10. En Conseil des ministres, le flémard vadrouilleur sera nommé directeur et même mieux. En décembre, il fera partie des farouches «dockers» de la nation. Sous le drapeau, il répondra présent à une décoration dont il ne mérite même pas l’épingle. Pendant ce temps, le courageux soldat attendra de marcher sur une mine pour sauter et s’élever au rang de bravoure nationale, au pied d’une tombe. Pendant ce temps, l’âne de la république crapahutera en grinçant des dents, sans eau ni foin en brayant où on l’a attaché.
Les héros du service public finissent généralement zéro. Ses défenseurs sont applaudis et maudis à la fois. Dans l’administration publique ne vous attendez pas à des bénédictions. Ceux qui passent par la compromission n’ont pas besoin de compromis. Les rigides sont brisés ; les flexibles passent par le trou d’une aiguille.
On vantera les vertus de la vérité mais rares sont ceux qui mettront le doigt dans la plaie. Voilà pourquoi chaque année, les rapports se suivent et se ressemblent. Pendant ce temps, les «alevins» croupissent derrière les barreaux et les «requins blancs» se pavanent en eau douce. Parfois, la vérité est déjà là, mais la justice «suit son cours» en se hâtant lentement et en donnant des cours de patience aux plus pressés. On ne juge pas ce qui est déjà adjugé et vendu !
On joue la montre pour gagner du temps, parce que le temps profite au titan. Il y a trop de gens dans le collimateur. Il y a trop de risques d’éclaboussures. Il y a trop de potentiels justiciables qui tremblent dans l’ombre. Nous ne sommes pas tous blancs dans nos boubous immaculés. Et si on retirait tous les dossiers pour les confier au tribunal de nos ancêtres ? Une calebasse d’eau fraîche et un poulet suffirait à dénouer les «affaires pendues». Hélas, nous sommes en démocratie, le système politique le moins mauvais du monde. Alors, «mangeons et taisons-nous !» en attendant Godot !

Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr



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