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Cinéma : Le film Thom du réalisateur burkinabè Tasséré Tahirou Ouédraogo a été sacré meilleur film de fiction long métrage à Toukountchi festival de cinéma du Niger./Burkina: Mariam Diallo/Zoromé, ex-gouverneur du Centre Nord, a été inhumée ce dimanche 10 décembre au cimetière municipal de Bobo-Dioulasso./Emmanuel Macron : « La France n'investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement qui n'auraient aucune retombée sur la population locale ».
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"Fofo" Macron !

26/11/2017
22:30

‟Fofo” Macron !

Lundi 27 novembre 2017, c’est le jour choisi par le président français, Emmanuel Macron, pour entamer une visite de 48 heures au Burkina Faso. Cette visite divise les Burkinabè, au point que certains semblent vouloir ignorer que l’hospitalité a toujours été l’une des caractéristiques des «Hommes intègres». Si l’on revisite un peu notre histoire, voici ce que disait Thomas Sankara, le père de la Révolution burkinabè, le 17 novembre 1986, lors de l’escale de François Mitterand à Ouagadougou. « Monsieur le président, lorsqu’il y a de cela quelques années, vous passiez par ici, ce pays s’appelait la Haute-Volta. Depuis, bien des choses ont changé et nous nous sommes proclamés Burkina Faso. C’est là tout un programme dans lequel est inscrit le code de l’honneur et de l’hospitalité ». Ce code n’a pas varié, bien que nous soyons en 2017, soit 31 ans après. Les Burkinabè sont toujours hospitaliers. Sauf que les mentalités ont beaucoup changé. Que l’on soit pour ou contre la visite du président français, chacun devrait se demander pourquoi le choix du Burkina Faso comme première destination, avant la suite de sa tournée en Côte d’Ivoire et au Ghana ?
Pour l’Elysée, «le choix du Burkina est en soi un message, car il y a une jeunesse politisée» depuis l’insurrection populaire, ayant provoqué la chute de Blaise Compaoré en octobre 2014. «Ce public est loin d'être conquis d’avance et n'a pas forcément une bonne image de la France. Le président a une forte ambition, qui est de faire évoluer la perception de la France par cette jeunesse», fait savoir l’Elysée. C’est donc à la jeunesse burkinabè que le président Macron tient à donner l’exclusivité de son approche de l’Afrique, à travers un discours devant huit cents étudiants à l'université de Ouaga I Pr Joseph-Ki-Zerbo, ce mardi. A Accra en 2009, Barack Obama avait partagé sa vision de l’Afrique en ces termes : «je considère l’Afrique comme une partie fondamentale de notre monde interconnecté, comme un partenaire des États-Unis en faveur de l’avenir que nous souhaitons pour tous nos enfants. Ce partenariat doit se fonder sur la responsabilité mutuelle et sur le respect mutuel…».
Aujourd’hui, c’est au tour d’Emmanuel Macron d’éclairer l’Afrique surtout sa jeunesse sur la politique africaine de la France. A en croire l’Elysée, il entend «promouvoir une politique africaine recentrée sur l'entrepreneuriat, la jeunesse et l'éducation, avec l'ambition d'améliorer l'image de la France». Il convient, de ce fait, d’accueillir l’hôte comme il est de coutume en Afrique et particulièrement au Burkina Faso. Malgré nos divergences sur l’opportunité de cette visite pour les Burkinabè, il est de tradition chez nous de rendre le séjour de l’étranger agréable. C’est l’occasion pour les Burkinabè de lui adresser directement des réalités et préoccupations afin qu’il soit, de retour en France le porte-voix d’un peuple à toutes les tribunes qui lui seront offertes tout au long de son mandat.
Cette visite est l’occasion de faire entendre à Macron que la France a le devoir de ramener la paix par tous les moyens en Libye pour que les pays du Sahel retrouvent la sécurité et la paix. C’est la dislocation de l’Etat libyen par l’intervention militaire occidentale en 2011 qui a favorisé l’apparition de la géante et dangereuse pieuvre qu’est le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne. Le sang coule au quotidien dans nos pays du fait du terrorisme. La psychose a envahi le Sahel. Les investisseurs hésitent à nous fréquenter du fait de l’insécurité.
Au plan économique, il est temps que la France voit les pays africains comme des partenaires et non uniquement comme des mines inépuisables à exploiter à souhait. L’indépendance politique a été proclamée, mais économiquement, le cordon ombilical n’a pas été sectionné.
Au plan judiciaire, le Burkina Faso attend un geste fort de la France pour pouvoir véritablement réconcilier ses fils. Le pays réclame à cor et à cri la levée du secret défense dans l’affaire Thomas Sankara, l’extradition de François Compaoré, recherché par la justice dans le cadre  du dossier du journaliste Norbert Zongo, mort calciné,  en décembre 1998.
Inconnu du grand public il n'y a pas longtemps de cela et aujourd'hui président d'une des grandes puissances du monde, Emmanuel Macron peut et doit inspirer la jeunesse africaine en proie à des difficultés et surtout en mal de repères. Macron est la preuve que l'engagement et la détermination paient toujours, pour peu que l'on se fixe un objectif et qu'on se donne les moyens de l'atteindre.
Aussi, à l’évidence, le séjour du président français au Burkina Faso est une victoire pour notre diplomatie. C'est la preuve que, de nos jours, aux yeux de la France, notre pays compte en Afrique. Après le séjour de Jacques Chirac en novembre 2004 lors du Xe sommet de la Francophonie, ses successeurs, notamment, Nicolas Sarkozy et François Hollande n'ont pas daigné y mettre les pieds. Si aujourd'hui, moins d'un an après l'élection de Macron en France et moins de deux ans après l'investiture de Roch Marc Christian Kaboré au Burkina, les deux chefs d'Etat se donnent rendez-vous à Ouagadougou, cela pourrait reveler un changement de perception de la France à notre égard.
Emmanuel Macron qui proclame sa volonté de changer les rapports, sera  accueilli avec respect et considération. Cependant, il ne devra pas perdre de vue le fait que, plus que jamais, les Burkinabè et les Africains de façon générale, suffisamment  gavés de discours depuis de longues années, n'attendent que des actes à même de changer fondamentalement leur vécu. Dans cette attente, ‟fofo” Macron (bienvenu, Monsieur le Président) au pays des Hommes intègres !

Par Rabankhi Abou-Bâkr Zida
 rabankhi@yahoo.fr



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