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« Osez ! Faites-le ! Maintenant », le C4 à l'OMC

01/12/2017
16:57

Les quatre pays co-auteurs de l'initiative sectorielle en faveur du coton, Bénin, Burkina, Mali et Tchad, ont dépêché le Premier ministre malien Abdoulaye Idrissa Maiga, jeudi à Genève pour livrer un message au Conseil général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Les pays du C4 n'ont eu de cesse de déplorer depuis près d'une quinzaine d'années, l'octroi des subventions aux producteurs de certains pays développés, créant des distorsions sur le marché et causant d'énormes pertes économiques aux producteurs des pays pauvres.
Abdoulaye Idrissa Maiga a encore appelé à l'abandon de ces subventions qui menacent la survie de plus de 20 millions de ménages en Afrique.Une piqûre de rappel nécessaire, à quelques jours de la tenue de la 11è Conférence ministérielle de l'OMC à Buenos Aires. Cette 11è conférence ministérielle devrait, selon le Premier ministre malien, permettre aux pays membres de l'OMC, nantis et moins nantis, de transcender les divergences et de parvenir à des résultats concrets, justes, équilibrés et acceptables par tous. 
Ce serait ainsi, un message fort et positif à des millions d'Africains aux dures conditions de vie, qui n'arrivent plus à vivre décemment de leur labeur quotidien.
De fait, ce cri du cœur dépasse de loin le cadre du C4. Il est endossé par les communautés productrices de coton des Pays les Moins Avancés, en particulier les pays africains, pour lesquels le coton représente près de 12% du PIB, 40% des recettes totales d’exportation, des recettes agricoles. En outre, cette filière emploie plus de 80% de la population active dans zones productrices de coton.Au total 36 pays africains produisent et exportent du coton, ainsi que plusieurs autres pays en développement et Pays Moins Avancés, en Asie, en Amérique latine et dans les Caraïbes.
« Lorsque le C-4 négocie pour obtenir des résultats concrets, mesurables et chiffrés sur le coton, d’ici à la Conférence ministérielle de Buenos Aires, il pense surtout à ces femmes, à ces jeunes et à ces personnes âgées qui bêchent les champs de coton, à la main; qui entretiennent à la main, sous la pluie, le soleil, dans le vent et les tempêtes tropicales, les plants de coton; et qui récoltent également le coton à la main, capsule après capsule. Tout ceci est rappelé pour souligner la pénibilité du travail de la culture du coton et les attentes fortes de ces populations à vivre de leur labeur, ce qui ne sera possible que si le marché international est juste et ouvert. », a plaidé Abdoulaye Idrissa Maiga.
Ce qui ne saurait être le cas tant que le troisième pilier en négociation qui porte sur le soutien interne n'aura pas trouvé une issue favorable.
« Aujourd’hui encore, et malgré tous les efforts du C-4, plus de 70% de la production cotonnière bénéficient des soutiens internes accordés majoritairement par des pays développés et des pays en développement de l’OMC. Cette pratique produit autant d’effets de distorsion sur le prix du coton que la subvention à l’exportation ou tout autre pratique commerciale similaire », a martelé le Premier ministre malien.« Vous, pays développés et pays en développement, vous êtes parvenus à consentir de façon récurrente des efforts colossaux pour l'atteinte des 17 objectifs de développement durable à l'horizon de 2030, ce qui est tout à fait à votre honneur. Mais alors, comment se fait-il, qu'en 12 ans, depuis 2005, vous n'ayez pas été en mesure de trouver une solution juste et équitable à la sempiternelle et épineuse question du soutien interne? », s'est-il par ailleurs interrogé. 

Le C4 ne demande pas l’aumône

 Et pourtant, tout le monde sait que le maintien de ces subventions aurait des conséquences catastrophiques sur les économies des pays africains producteurs de coton. A contrario, leur réduction ou leur suppression pourrait permettre aux pays producteurs et exportateurs issus des PMA, « de faire réellement du commerce un levier vital de lutte contre la pauvreté et de développement durable. 
« Alors, osez ! Faites-le ! Maintenant », s'est exclamé Abdoulaye Idrissa Maiga devant le Conseil général de l'OMC.C'est à un véritable sursaut des pays membres de l'OMC qu'a appelé l’émissaire du C4, les appelant à rompre avec les promesses non tenues pour prendre les décisions qui vont faciliter l'intégration des PMA dans le système commercial multilatéral.« Le C-4, au nom de tous les africains et PMA producteurs et exportateurs de coton, ne demande pas l’aumône, ni de faveur. Le C-4 demande tout simplement le respect par tous et l’application stricte des règles et principes qui constituent le fondement même de notre organisation commune, socle du système commercial multilatéral.
L’aide au développement la plus précieuse que nous attendons de vous, c’est le respect en toute transparence de ces règles et principes déjà définis, afin de permettre à nos populations, combien laborieuses, de vivre dignement et décemment de leur travail. Si on n’y prend garde, à la longue, à cause de l’iniquité qui prévaut dans les échanges internationaux, des milliers de nos producteurs se verront contraints de renoncer à la production du coton devenue in fine insuffisamment rentable », a affirmé le Premier ministre malien.Et l'une des conséquences de cette paupérisation annoncée est l'exode rural et par la suite les migrations qui mettent sur le chemin de l'exil des milliers de jeunes désespérés, au péril de leur vie.
« Aux dirigeants des grandes nations qui font prévaloir le principe d'égalité de toutes vies humaines, je lance un appel pressant afin qu'ils fassent preuve de cohérence morale en conformant dans les échanges commerciaux leurs pratiques démocratiques aux idéaux et principes qui découlent des valeurs morales défendues dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme dont la communauté internationale va célébrer le 70è anniversaire en 2018. Il y va de leur honneur ! Il y va de la dignité des producteurs de coton des pays démunis », a conclu Abdoulaye Idrissa Maiga.
Les producteurs de coton des pays du C4 et des PMA auront les yeux rivés sur Buenos Aires du 10 au 13 décembre prochain, et « seul un résultat concret et mesurable sur la question du coton sera gage d'une réussite » de cette 11è Conférence ministérielle.  

Mathieu Bonkoungou
Ambassade Mission permanente du Burkina à Genève


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