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Cinéma : Le film Thom du réalisateur burkinabè Tasséré Tahirou Ouédraogo a été sacré meilleur film de fiction long métrage à Toukountchi festival de cinéma du Niger./Burkina: Mariam Diallo/Zoromé, ex-gouverneur du Centre Nord, a été inhumée ce dimanche 10 décembre au cimetière municipal de Bobo-Dioulasso./Emmanuel Macron : « La France n'investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement qui n'auraient aucune retombée sur la population locale ».
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Huguette Tiégna : "C’est le temps de faire de l’histoire franco-africaine, une force"

04/12/2017
18:20

<div align="justify"> <p>Elue d&eacute;put&eacute;e de la 2e circonscription du Lot en France,&nbsp; la franco-burkinabè Huguette Ti&eacute;gna, est une des&nbsp; figures marquantes de la soci&eacute;t&eacute; civile à l’Assembl&eacute;e nationale française. Membre de la commission Affaires &eacute;conomiques à l’h&eacute;micycle,&nbsp; l’ing&eacute;nieure de conception de moteurs &eacute;oliens a &eacute;t&eacute; de la première visite officielle en Afrique du pr&eacute;sident Emmanuel Macron. Immigration, relations franco-africaines, d&eacute;mographie, et même sur des sujets int&eacute;ressant la vie politique au Burkina Faso, la d&eacute;put&eacute;e s’est confi&eacute;e à Sidwaya entre deux rendez-vous d’une visite surbook&eacute;e à Ouagadougou. <br /> <br /> <span style="font-weight: bold;">Sidwaya (S.) : Après quelques mois au Palais Bourbon, quelle appr&eacute;ciation faites-vous du travail l&eacute;gislatif d’un point de vue de ce qu’on appelle « la diversit&eacute; » et de la soci&eacute;t&eacute; civile d’où vous êtes issue ?&nbsp; <br /> </span></p> <p><span style="font-weight: bold;">Huguette Ti&eacute;gna (H.T.) :</span> La victoire d’Emmanuel Macron en mai dernier, puis celle du mouvement la R&eacute;publique en Marche qu’il a fond&eacute;, et que nous avons port&eacute; aux l&eacute;gislatives en juin dernier, tout cela est une r&eacute;volution in&eacute;dite. Pour la première fois, en France, la parit&eacute; a &eacute;t&eacute; respect&eacute;e, entre les hommes et les femmes, entre des personnes issues de la soci&eacute;t&eacute; civile et du monde politique. Nous pouvons nous en r&eacute;jouir, car 6 mois plus tard, les effets positifs sont là. Beaucoup de d&eacute;tracteurs voyaient dans l’arriv&eacute;e massive des personnes issues de la soci&eacute;t&eacute; civile, la marque d’une incomp&eacute;tence g&eacute;n&eacute;rale, ou d’un amateurisme. Il n’en est rien. Au contraire, chacun apporte ses comp&eacute;tences et son expertise. Les d&eacute;bats n’en sont que plus passionnants, car sans doute plus complets, et les lois qui en r&eacute;sultent plus adapt&eacute;es. <br /> <br /> <span style="font-weight: bold;">S. : Une des ambitions du pr&eacute;sident Emmanuel Macron est la promotion de la soci&eacute;t&eacute; civile. Avez-vous l’impression en ce d&eacute;but de quinquennat que cet engagement continue d’être une priorit&eacute; au sommet de l’Etat ? <br /> <br /> H.T. :</span> L’ouverture du champ politique à la soci&eacute;t&eacute; civile n’est pas une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. C’est une feuille de route, et c’est aujourd’hui une r&eacute;alit&eacute;. Les faits objectifs sont là : une grande partie de l’Assembl&eacute;e nationale est d&eacute;sormais compos&eacute;e de personnes qui, jusqu’ici, ne disposaient pas des critères « l&eacute;gitimes », aux yeux du vieux système politique, pour participer au processus l&eacute;gislatif et donc d&eacute;cisionnel. C’est d&eacute;sormais termin&eacute;, car c’&eacute;tait une volont&eacute; des Français, les r&eacute;sultats des &eacute;lections en attestent. Il s’agit toutefois d’une priorit&eacute; chevill&eacute;e au corps de la R&eacute;publique en Marche, car cela fait d&eacute;sormais partie de son ADN. Pour preuve : lors du dernier remaniement, le 24 novembre dernier, Madame Delphine G&eacute;ny-St&eacute;phane, ancienne ing&eacute;nieure&nbsp; en chef du corps des ing&eacute;nieurs des Ponts, des &nbsp;&nbsp;&nbsp; Eaux et des forêts, a &eacute;t&eacute; nomm&eacute;e secr&eacute;taire d’Etat auprès de la ministre de l’Economie. La France, en la matière, change de paradigme, et considère que la soci&eacute;t&eacute; civile, c’est en d&eacute;finitive « l’expertise de l’exp&eacute;rience ». Nous ne pourrons sans doute plus faire autrement. Je l’espère.<br /> <br /> <span style="font-weight: bold;">S. : Vous êtes diplôm&eacute;e en g&eacute;nie &eacute;lectrique avec, à votre actif, de nombreuses inventions et coinvention dans la recherche-d&eacute;veloppement .&nbsp; Comment s’est op&eacute;r&eacute;e cette « digression » de la science à la politique où vous avez mis les pieds pour la première fois en 2016 ? <br /> <br /> H.T. :</span> A mon sens, il ne s’agit pas d’une digression. Les scientifiques, les ing&eacute;nieurs, ont toute leur place dans le champ politique : cr&eacute;er, r&eacute;fl&eacute;chir, penser et &eacute;tudier toutes les cons&eacute;quences &eacute;ventuelles et les dimensions d’un objet, sont des qualit&eacute;s que l’on doit avoir aussi en politique. De par mes &eacute;tudes, puis par mon m&eacute;tier, en l’occurrence dans l’ing&eacute;nierie et la conception de moteurs &eacute;oliens, dans le domaine de l’Energie et notamment les &eacute;nergies renouvelables, j’apporte une expertise, une exp&eacute;rience, que certains n’auraient pas. En r&eacute;alit&eacute;, il ne s’agit pas d’une digression, mais plutôt d’une continuit&eacute;, même si cela ne m’empêche pas d’être toujours curieuse et int&eacute;ress&eacute;e par les sujets que je maîtrise moins. <br /> </p> <p><span style="font-weight: bold;">S. : D’aucuns disent que vous avez &eacute;t&eacute; s&eacute;duite par le charisme de Macron….</span></p> <p><span style="font-weight: bold;">H.T. :</span> Sans doute, par les id&eacute;es beaucoup plus. Le programme du candidat Emmanuel Macron, aujourd’hui pr&eacute;sident que nous avons coconstruit et que nous nous appliquons à mettre en œuvre, est responsable, ambitieux et moderne à la fois. Je souscris pleinement à sa volont&eacute; de remettre la France sur pied, mais aussi de lui redonner du poids sur la scène internationale, de faire de ce pays un modèle du genre en matière d’&eacute;galit&eacute; entre les femmes et les hommes (r&eacute;cemment &eacute;rig&eacute;e comme « grande cause nationale »), d’&eacute;ducation, de sant&eacute; ou encore de transition &eacute;cologique et solidaire.&nbsp; <br /> <br /> <span style="font-weight: bold;">S. : En tant qu’&eacute;lue issue de la diversit&eacute;, que vous inspire la situation des migrants qui ont pris d’assaut la M&eacute;diterran&eacute;e, dans des conditions indescriptibles, esp&eacute;rant gagner l’eldorado europ&eacute;en ? <br /> <br /> H.T. :</span> La France, plus g&eacute;n&eacute;ralement l’Europe, mais aussi les pays africains ne peuvent plus et ne doivent plus fermer les yeux sur ces millions d’hommes et de femmes qui, chaque jour, traversent à leurs risques et p&eacute;rils la M&eacute;diterran&eacute;e pour sauver parfois tout ce qui reste : leur vie.&nbsp; Tout en faisant ce constat, nous en avons fait un autre : beaucoup de ces individus souffrent parfois plus en Europe que dans leur propre pays. Nos centres d’accueil sont satur&eacute;s et nous ne pouvons assurer une situation convenable pour tous. Aussi, tout en prenant en consid&eacute;ration ce ph&eacute;nomène tragique, le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique a annonc&eacute;, devant les pr&eacute;fets en septembre dernier, une refondation totale de notre politique d’accueil. Plusieurs dispositions seront mises en place pour permettre d’am&eacute;liorer les retours vers les pays d’origine, comme le font nos voisins, en particulier l’Allemagne. Il faut d&eacute;sormais que le modèle français se rapproche du modèle allemand, nous avons des d&eacute;fis communs. <br /> <br /> <span style="font-weight: bold;">&nbsp;S. : Avec la construction de centres de r&eacute;tention de candidats à l’immigration sur le sol africain, l’Europe semble vouloir r&eacute;soudre le problème en reculant ses frontières à l’int&eacute;rieur du continent. Est-ce une bonne approche de votre point de vue ? <br /> <br /> H.T. :</span> L’immigration est un problème partag&eacute;, entre les pays europ&eacute;ens et africains. Il faut que nous trouvions une solution ensemble. C’est d’ailleurs aussi, le sens du d&eacute;placement du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique au Burkina Faso : repenser, et renouveler notre partenariat, c’est r&eacute;fl&eacute;chir ensemble, à des solutions communes. <br /> &nbsp;<br /> <span style="font-weight: bold;">S. : Le d&eacute;veloppement du continent sera une question insoluble tant que la croissance d&eacute;mographique restera à des niveaux aussi &eacute;lev&eacute;s. C’est la vision exprim&eacute;e par Emmanuel Macron. Partagez-vous cette façon de voir ? <br /> <br /> H.T. :</span> Le continent africain est sans doute la partie de la planète la plus prometteuse. L’Afrique est en mouvement, l’Afrique va de l’avant. Partout, les pays africains semblent saisir la chance de la mondialisation. Il reste bien sûr, beaucoup à faire, mais la volont&eacute;, l’&eacute;nergie, la jeunesse et la cr&eacute;ativit&eacute; africaine sont des atouts majeurs. Cela &eacute;tant dit, la croissance d&eacute;mographique de l’Afrique, qui est aujourd’hui une force, pourra, demain, s’av&eacute;rer une contrainte. D’après plusieurs rapports, en 2060, le continent africain comptera environ 2,8 milliards d’individus sur une population mondiale totale de 10 milliards de personnes, soit plus d’individus en Afrique que dans l’ensemble des pays du G20. Cette tendance, est-elle une chance pour l’Afrique ou un risque ? On peut se poser la question. D’un côt&eacute;, certains chercheurs estiment que l’Afrique pourrait b&eacute;n&eacute;ficier de ce que l’on appelle un « dividende d&eacute;mographique », autrement dit, une brusque acc&eacute;l&eacute;ration de sa croissance &eacute;conomique, &eacute;vènement qui se produit lorsque le nombre d’actifs est nettement sup&eacute;rieur à celui des enfants et des personnes âg&eacute;es. De l’autre, cette tendance peut aggraver les in&eacute;galit&eacute;s, la pauvret&eacute;, la famine et la pollution sur ce continent. En r&eacute;alit&eacute;, pour que l’impact de la transition d&eacute;mographique soit durable et soutenable, il faut qu’elle soit accompagn&eacute;e de quatre autres transformations : &eacute;conomique, technologique, politique et &eacute;cologique. <br /> <br /> <span style="font-weight: bold;">S. : Le Burkina Faso, votre pays d’origine,&nbsp; a pris une s&eacute;rieuse option en faveur des &eacute;nergies renouvelables, esp&eacute;rant r&eacute;soudre la sempiternelle question du d&eacute;ficit &eacute;nerg&eacute;tique. Le pays pourrait-il b&eacute;n&eacute;ficier de votre expertise de concepteur de moteurs &eacute;lectriques innovants ?&nbsp;&nbsp; <br /> </span></p> <p><span style="font-weight: bold;">H.T :</span> Les &eacute;nergies renouvelables n’appartiennent pas à un pays, à un parti, à un laboratoire ou une entreprise. Les &eacute;nergies renouvelables appartiennent à tous, car il s’agit là d’un d&eacute;fi pour tous. Le monde dans lequel nous vivons, est une planète aux &eacute;nergies finies. Il n’y a pas de plan B, car il n’y a pas de planète B. Aussi, et c’&eacute;tait le sens de la Cop 21 qui s’est tenue en France : nous avons tous, collectivement, individuellement, notre rôle à jouer pour engager la transition &eacute;cologique, et permettre aux g&eacute;n&eacute;rations futures de vivre dans un monde durable et respirable. Vous l’aurez sans doute compris : ici ou là, en France ou au Burkina, voire ailleurs, je suis au service du plus grand d&eacute;fi que nous ayons à relever ensemble. J’aiderai partout où je le pourrai. <br /> <span style="font-weight: bold;"><br /> S. : Le Burkina s’est engag&eacute; dans un grand Plan de d&eacute;veloppement &eacute;conomique et social (PNDES) avec une option pour les partenariats-publics-priv&eacute;s (PPP). Comment l’innovateur de m&eacute;tier que vous êtes, appr&eacute;ciez cela ?&nbsp; <br /> <br /> H.T :</span> Je me r&eacute;jouis. D’une part, et c’est le plus important, de voir que le Burkina Faso comme d’autres pays d’Afrique, a chang&eacute; de paradigme et s’engage dans de grands plans de d&eacute;veloppement à son initiative, et à son initiative seule. D’autre part, les PPP sont des contrats par lesquels l’autorit&eacute; publique confie à un ou plusieurs entreprises priv&eacute;es le financement, la construction, et la gestion d’un ouvrage de service public. Ce type de contrat pr&eacute;sente l’immense avantage d’all&eacute;ger les finances publiques, d’engager de grands travaux et d’initier le d&eacute;veloppement du pays, que seule, l’autorit&eacute; publique, n’aurait pas pu supporter financièrement.&nbsp; Ces contrats sont modernes et vont dans le bon sens. Mais ils doivent cependant être sign&eacute;s avec toujours la plus grande des vigilances car ils constituent aussi des risques. <br /> <br /> <span style="font-weight: bold;">S. : Après un aller-retour au Mali, juste après son &eacute;lection, c’est le Burkina Faso qui accueille la première visite officielle du Pr&eacute;sident Macron en Afrique de l’Ouest. Quels sont les enjeux de ce d&eacute;placement ? <br /> <br /> H.T. :</span> L’enjeu de ce d&eacute;placement est unique et capital à la fois. Il vise à red&eacute;finir les relations entre la France et les pays africains. L’histoire qui lie la France et nos pays amis africains, a pu, de par le pass&eacute;, être cruelle, rebelle, et belle à la fois. Cette histoire, nous ne l’oublions pas. Nous ne l’oublierons jamais. Toutefois, il est venu le temps de faire de cette histoire, une force et non plus une crispation. L’Afrique est en mouvement, l’Afrique va de l’avant. L’Afrique, ce n’est pas l’Afrique des crises, des guerres, du terrorisme, des changements climatiques. C’est l’Afrique de la jeunesse, de la diversit&eacute;, de la nature, de la croissance. En r&eacute;alit&eacute;, l’Afrique n’attend pas la France et profite pleinement d’ann&eacute;es d’efforts, de structuration, et aussi de la mondialisation. Tant mieux, r&eacute;jouissons-nous- en tous.&nbsp; Mais dès lors, la seule question qui vaille, c’est comment comptons- nous coop&eacute;rer dans un partenariat renouvel&eacute;, apais&eacute;, bas&eacute; sur un principe d’&eacute;galit&eacute; inconditionnel ? C’est tout l’enjeu de ce d&eacute;placement important qui vise à jeter les bases de cette relation nouvelle.&nbsp; Je reste persuad&eacute;e, comme le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, que l’avenir de l’Afrique sera celui de la France. <br /> &nbsp;<br /> <span style="font-weight: bold;">Interview r&eacute;alis&eacute;e </span><br /> <span style="font-weight: bold;">par Mahamadi TIEGNA</span><br /> </p></div>

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