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Des raisons d’espérer après 19 ans d’impunité

13/12/2017
20:18

Des raisons d’espérer après 19 ans d’impunité

Depuis 19 ans maintenant, des Burkinabè épris de justice se sont lancés corps et âme dans la recherche de la vérité sur la mort du journaliste d’investigation, directeur de publication du journal  L’indépendant,  Norbert Zongo  et de ses trois compagnons d’infortune.  Dans un premier temps, l’on a cru que la lumière se ferait rapidement sur le quadruple meurtre de Sapouy, le rapport de la Commission d’enquête indépendante (CEI) ayant conclu à un assassinant du journaliste et de ses compagnons, identifiant au passage six « suspects  sérieux », tous membres de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Il revenait donc à l’enquête judiciaire, obtenue, comme la CEI, au prix d’une réaction populaire spontanée, vigoureuse et soutenue, d’approfondir, dans la foulée, les investigations, de sanctionner les auteurs et commanditaires du drame de Sapouy pour que,  plus jamais, cela ne se répète sous nos cieux.  Tout en donnant des gages de bonne foi par la dotation de moyens nécessaires aux enquêteurs,  le pouvoir d’alors a semblé s’être employé, en sous-main,  à savonner la planche  à toute velléité d’aller au bout de la procédure. De quoi avait-il peur ?  Le juge d’instruction parviendra néanmoins, après l’audition d’une centaine de personnes dont des militaires moitié, à inculper en 2001 le chef de la sécurité rapprochée du président Blaise Compaoré parmi les six suspects.     Mais grande fut la déception des familles des victimes et de nombreux Burkinabè engagés dans une lutte contre l’impunité, lorsqu’en juillet 2006, le seul inculpé dans cette affaire bénéficie d’un non-lieu confirmé en appel. Depuis lors, les meurtriers présumés   du journaliste et de ses compagnons mènent grand train à Ouagadougou sous bonne protection. 19 ans après, force est de constater que de nombreuses raisons d’espérer apparaissent à l’horizon pour les parents des victimes, du moins ceux qui ne sont pas, entre-temps, morts de chagrin.  En effet, la chute du régime de Blaise Compaoré à la suite de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 a ouvert la première fenêtre d’opportunité pour la manifestation de la vérité dans l’affaire Norbert Zongo. Cette chute qui a aussi entrainé celle des « préposés » au sein de la justice et de l’administration a permis d’enregistrer un bond qualitatif dans le dossier Norbert Zongo. Elle a été la cause indirecte de la dissolution de l’arme supposée du crime, l’ex-RSP. C’est surtout le gouvernement de Transition qui a donné un  coup décisif à la procédure judiciaire pour la manifestation de la vérité dans ce dossier. Répondant aux aspirations de nombreux insurgés, il a décidé de la réouverture du dossier, de la désignation d’un nouveau juge d’instruction, de la mise à la disposition du juge d’instruction de moyens conséquents pour la conduite du dossier et, enfin, de la poursuite de  l’exécution, par le gouvernement, de l’arrêt de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples sur les réparations,  rendu le 5 juin 2015 dans la cause opposant les ayants droit de feu Norbert Zongo et quatre autres à l’Etat du Burkina. 233 135 409 francs CFA ont été débloqués au titre de l’indemnisation des ayants droit.  L’autre raison d’espérer dans le dossier Norbert Zongo est le renouveau impulsé  à travers le nouveau statut de la magistrature. Tout porte à croire que le temps des juges acquis est révolu. Si par le passé des magistrats ont pu apporter, avec zèle,  l’expertise juridique nécessaire pour  torpiller certains dossiers pendants contre des promotions, des postes convoités, aujourd’hui très peu de raisons militent à l’adoption d’un tel comportement. 
On peut donc s’attendre à ce que l’affaire Norbert Zongo puisse être instruite dans la sérénité, à charge et à décharge, pour qu’enfin s’éteigne la lampe de la recherche de la vérité au centre national de presse Norbert-Zongo.  L’exécution par la France du mandat d’arrêt contre François Compaoré, frère cadet de l’ex-président Blaise Compaoré  finit de convaincre beaucoup de combattants pour la justice que le dénouement  est pour bientôt.  Le journaliste d’investigation était sur les traces de la mort suspecte du chauffeur de François Compaoré à l’infirmerie de la Présidence suite à des sévices infligés par des éléments de l’ex-RSP. Norbert Zongo n’aura jamais eu l’occasion de publier son enquête. L’une des pièces maîtresses de l’affaire Norbert Zongo se trouve donc au bord de la Seine. Nous sommes donc à une extradiction près de la manifestation de la vérité sur l’assassinat de Norbert Zongo et de ses trois compagnons. A moins que…

Mahamadi TIEGNA



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