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Les ennemis de la République

17/12/2017
23:40

La Commission d’enquête parlementaire sur la réalisation d’infrastructures publiques et l’acquisition d’équipements par les Maîtrises d’ouvrages déléguées, mise en place le 26 mai 2017, a livré les résultats de ses investigations, le jeudi 7 décembre 2017. L’on retient de son rapport que 57 entreprises ont été épinglées comme étant les pires en termes d’exécution de travaux publics. Conséquence, 502 chantiers qui devaient impacter positivement la vie des Burkinabè sont en souffrance, des ouvrages ont été mal exécutés malgré l’existence des structures de contrôle. «Ce que nous avons vu est très catastrophique, très inquiétant, très écœurant, consternant pour notre pays», a dit le député Moussa Tindano, président de ladite Commission d’enquête parlementaire. Et ce qui révolte tout homme doté d’un minimum de sens, c’est l’absence totale de sanctions contre les fautifs ou des sanctions non suivies d’effet. Comment peut-on expliquer que des hommes qui se vantent d’intégrité et d’honnêteté puissent s’adonner impunément à pareilles pratiques? Des malfaçons, abandons de chantiers, des livraisons d’équipements non fonctionnels, non-respect fréquent de délais d’exécution et il n’y a aucune sanction? C’est comme si les textes relatifs aux marchés publics étaient impossibles à appliquer au Burkina Faso ou qu’il existait des atomes crochus entre les entreprises et l’Etat, premier responsable des chantiers et équipements au profit des Burkinabè. Des salles de classe qui s’écroulent peu après leur réalisation, des chantiers abandonnés, suspendus ou encore jamais réalisés, des équipements scolaires et sanitaires défectueux. Que fait l’Etat pour décourager définitivement les auteurs ?
D’autres ne trouvent pas mieux à faire qu’à s’illustrer négativement dans les surfacturations éhontées vis-à-vis des structures sensibles comme les formations sanitaires. L’Article 50 de la loi portant commande publique au Burkina prévient pourtant que l’auteur d’une surfacturation «est puni d’un emprisonnement de trois ans à cinq ans, de la confiscation du montant reçu à titre de ristourne et d’une amende équivalant au triple de la valeur reçue sans que cette amende ne puisse être inférieure à deux millions (2 000 000) de francs CFA, sans préjudice des sanctions prévues par la réglementation sur la commande publique, tout agent public qui procède ou fait procéder à la facturation, pour un montant plus élevé que son coût réel, d’un bien ou d’un service à acquérir par une entité de l’administration publique nationale ou locale». Ces pratiques réduisent à néant les efforts d’investissement malgré les sommes faramineuses dépensées par l’Etat. 
Les ennemis des Burkinabè ne sont pas à chercher ailleurs. Ce sont bel et bien ces Burkinabè qui ont décidé de privilégier leurs propres intérêts au détriment de ceux de la majorité silencieuse. Certains maîtres d’ouvrage délégués, autrement dit, ces personnes morales de droit public ou de droit privé récrutées par l’Etat et bénéficiant des fonds publics pour la réalisation d’ouvrages publics ou l’acquisition d’équipements s’illustrent aussi de manière désastreuse. C’est intolérable si nous rêvons tous d’un Burkina Faso paisible et vivable.
La seule cartouche qui reste à l’Etat ce n’est plus la médiation ou les simples résiliations de contrats. Il faut sanctionner et toujours sanctionner. Osons copier les bons exemples. On aime citer des pays comme le Rwanda mais l’on refuse d’appliquer la même rigueur que le Rwanda. Au pays de Paul Kagamé, la loi du 13 février 2013 relative aux Marchés publics indique que toute entreprise qui exécute mal un marché de l’Etat risque une exclusion temporaire d’au moins 4 ans ou définitive. «Est exclu de la participation aux marchés publics pour une période de quatre ans le soumissionnaire qui n’exécute pas bien ou est en défaut d’exécution des obligations contractuelles pour des raisons indépendantes de l’entité de passation des marchés. Le cas de récidive conduit à l’exclusion définitive». Cette sanction prévue par l’article 18 de la loi est infligée sans remords par l’Office rwandais des marchés publics aux entreprises défaillantes dans les chantiers à elles confiés. Cela, 30 jours seulement après l’audition de l’entreprise fautive.
En réalité, le Burkina est complaisant et malade de ses organes de contrôle de ses marchés publics. Et tant que ce sera ainsi, ce sera peine perdue. Les fortes sommes d'argent investies par l'Etat pour améliorer les conditions de vie des populations partent en fumée. 
En attendant, il faut saluer le travail qu’abat le Parlement depuis quelques temps pour changer des pratiques qui ont cours au «Pays des hommes intègres» et qui compromettent dangereusement le décollage de cette nation.


Par Rabankhi Abou-Bâkr Zida
 rabankhi@yahoo.fr








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