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Santé en milieu carcéral : La double peine des prisonniers

18/12/2017
19:36

Surpopulation carcérale, confinement prolongé et défaillances en matière d'hygiène caractérisent de nombreux centres pénitentiaires burkinabè, notamment les Maisons d’arrêt et de correction de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. Ces réalités entraînent des risques réels de propagation de maladies dans ces lieux de détention.  Constat.

Lundi 16 octobre 2017,  il est 11h30 à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO).  Dans ce centre de détention d’une capacité d’accueil de 540 individus, sont « entassés» 2374 détenus. L’ambiance y est particulière en ce milieu de matinée. Des cris assourdissants et sporadiques  percent le silence habituel. Ce sont les lamentations d’une détenue : Espérance Kanzaille, derrière les barreaux depuis huit mois. A ses côtés, trois autres détenues lui apportent assistance et réconfort. Assise sur une natte, elle est fortement maintenue par une  codétenue, de plus de la trentaine. A travers des signes, Mme Kanzaille indique à ses accompagnantes qu’elle ressent de violents maux de tête et des douleurs au ventre. « Il y a longtemps qu’elle n’arrive plus à s’exprimer », confie une de ses « assistantes ». A les entendre, cette femme d’origine étrangère est envoûtée par des « esprits maléfiques » qui lui ont fait perdre l’usage de la parole.  Rien de tout cela, à en croire le major de l’infirmerie, Souleymane Bamogo. Selon lui, Espérance Kanzaille est atteinte d’un paludisme grave qui la fait délirer. Elle est hospitalisée à l’infirmerie de la MACO, depuis deux jours déjà. Cette détenue n’est pas la seule patiente de ce centre de santé primaire. Trois autres malades y sont hospitalisés dont un menotté aux pieds. Tibila Barry a la peau sur les os. Il est mal en point. Emincé par la maladie, il refuse de s’alimenter. Depuis son isolement, son alimentation se résume au café et à la cigarette. «Monsieur ! Monsieur ! Monsieur en sac, donne-moi de l’argent, je vais acheter du nescafé », lance-t-il à notre confrère.
Son codétenu,  Tilado Zabsonré,  incarcéré depuis le 9 août 2017, souffre, lui, d’une hernie. Couché sur son lit, il est tenaillé par une douleur atroce. Il avait de la peine à s’asseoir. Des traces de sang sur la plante de ses pieds sont visibles. «La hernie s’est étranglée et on m’a évacué à l’hôpital. Le docteur m’a placé une sonde et après cela, j’avais du mal à uriner. Quand je suis reparti le voir, il a retiré la sonde, c’est à ce moment que j’ai perdu énormément de sang», explique Tilado. En début octobre dernier, il a fait une rechute et a saigné de plus belle. Depuis lors, il ne s’est plus jamais rétabli jusqu’à son hospitalisation, le samedi 14 octobre 2017 à l’infirmerie de la MACO. Tilado Zabsonré garde le lit avec Madi Sanou, un autre détenu. Ce dernier séjourne depuis 2011 à la MACO, en attente de son procès. Il a contracté la tuberculose dès son entrée en prison.  Cette maladie est «restée son compagnon fidèle» jusqu’à ce jour. Il a été hospitalisé et menotté à son lit le dimanche 15 octobre 2017 à l’infirmerie de la maison d’arrêt. « En 2011, j’ai fait 26 jours à l’hôpital Yalgado Ouédraogo, hospitalisé et menotté. A mon retour, j’ai été transféré au grand bâtiment plus aéré que l’annexe où les conditions de détention sont infernales. Là-bas, nous sommes 21 personnes  dans la cellule et certains sont obligés de dormir à côté des latrines», déplore- t-il.
Autre lieu, même constat. La Maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasoo (MACB), construite depuis 1939, présente un visage vétuste. Les murs du pénitencier sont fissurés par endroit. Dafra Sanou fait partie des 737 détenus enregistrés pour une capacité d’accueil initiale de 180 individus.
Il a été condamné à la prison à perpétuité pour un braquage à main armée et déféré à la MACB. Emprisonné depuis 1999 à l’âge de 25 ans, Dafra est à sa 18e année d’incarcération. Il a connu plusieurs genres de maladies.  La varicelle, sa première maladie, remonte à 2006. Il a failli passer de vie à trépas. «Je n’ai pas reçu de traitement. Le major de l’infirmerie a refusé de me transférer à l’hôpital,  de peur que je ne m’évade»,  explique-t-il. Pendant deux mois, M. Sanou a souffert de ce mal. Il avait des difficultés à se déshabiller parce que ses vêtements lui collaient le corps qui saignait. Deux ans après, en 2008, il a été frappé d’une pneumonie.

Des conditions d’hygiène épouvantables

Dans le quartier des adultes, les détenus vivent en surnombre dans les cellules. Dans cet espace exigu, nauséabond et sans aération, les bagages des détenus sont posés pêle-mêle ou fourrés dans les trous de la bâtisse. Ces cellules abritent tant des détenus sains que des malades. Selon les agents de santé, les maladies fréquemment rencontrées dans ces prisons sont, entre autres, le paludisme, la malnutrition, la pneumonie, la tuberculose, la varicelle, les dermatoses, la diarrhée et les problèmes d’yeux. Ce dernier mal est  dû au manque d’éclairage dans les geôles. En effet, «La grande majorité des détenus sont malvoyants », précise le major de l’infirmerie de la MACO, Soulemane Bamogo.

Pour M. Bamogo, la surpopulation et l’absence d’hygiène sont à l’origine de nombreuses maladies. «Il est bien vrai qu’on travaille à humaniser les milieux carcéraux, mais à cause du manque d’hygiène, une petite maladie s’aggrave en prison. Et en cas d’épidémie, elle se propage rapidement», affirme-t-il.  Après notre passage à la MACB, nous avons été informés que plusieurs cas de tuberculose ont été décelés. Joint au téléphone le 15 novembre 2017, le directeur de la MACB, Madou Drabo, a confirmé l’existence de la tuberculose au sein de son institution. Les premiers cas ont été déclarés vers le 20 septembre 2017. Il s’agit de la résurgence de la tuberculose  avec la découverte de 9  cas. « A ce jour, un des malades a été libéré le 17 octobre 2017 et les autres sont  sous traitement. A ce stade on ne peut parler d’épidémie. Nous n’avons pas encore enregistré de décès», précise le directeur de la Santé et de l’Action sociale auprès de la Garde de sécurité pénitentiaire, Karim Traoré.
En cas d’épidémie, indique M. Drabo, l’administration prend contact avec les magistrats chargés des dossiers de ceux qui sont atteints,  pour voir s’il y a une possibilité de les mettre en permission ou en liberté provisoire ou semi-provisoire afin qu’ils puissent se soigner. Dans le cas contraire, l’administration procède à un isolement au sein de la prison.

Un budget insuffisant pour les soins

Tous ces problèmes de santé sont souvent accentués par l’accès restreint aux soins médicaux, les traitements inadaptés et le manque de produits médicaux. En 2017, la MACO et la MACB ont  bénéficié respectivement de 20 millions  et de 6 millions de FCFA pour l’achat des médicaments. Pour le directeur du matériel et du budget de la Garde de sécurité pénitentiaire, Sabila Sawadogo, le budget alloué à l’achat des produits pharmaceutiques dans les Maisons d’arrêt et de correction de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso est très insuffisant.  Mais tout cela est exacerbé par l’insuffisance du personnel soignant. Ainsi,  la MACB ne dispose que d’un médecin et de deux infirmiers. Le médecin ne consulte  que les jeudis. Quant à la MACO, elle dispose de six infirmiers, d’un médecin titulaire et de médecins volontaires.
Aussi, ces maisons d’arrêt et de correction n’ont pas suffisamment de moyens pour prendre en charge les pathologies graves. La majorité des détenus font recours à leurs familles. Dafra Sanou  soutient  que durant ses maladies, il s’est pris en charge lui-même, l’infirmerie de la MACB ne disposant pas de produits spécialisés. Les détenus malades qui n’ont pas de famille à côté et ceux qui sont rejetés, sont pris en charge par l’aumônerie et le service social.
«Lorsqu’un détenu malade vient vers nous, nous essayons de prendre en charge les ordonnances et les examens dans la mesure de nos moyens, sans nous soucier de son appartenance religieuse », soutient le pasteur Soumaïla Kindo. 

Le manque de moyens  dans ces établissements compromet la possibilité pour les détenus de bénéficier de soins médicaux de qualité. Cette situation entraine leur extraction vers des centres de santé plus adéquats. L’évacuation des malades est souvent difficile pour la MACB qui ne dispose pas d’ambulance. «  En cas d’urgence, le temps d’alerter les sapeurs-pompiers peut être fatal pour le malade. Car, souvent, les secours ne sont pas immédiatement disponibles. Et lorsqu’il n’y a pas de véhicule, le détenu peut trépasser », regrette  l’agent de santé à l’infirmerie de la MACB, Enoch Ouédraogo.

La nécessité d’ouvrir un Centre de santé spécialisé

Les détenus malades indiquent que dans ces centres de santé hors de la prison, ils  font l’objet de discrimination  et  d’humiliations. Madi Sanou, détenu qui souffre de tuberculose depuis 2011, témoigne avoir séjourné pendant 26 jours à l’hôpital. «Pendant tout ce temps, j’ai subi les pires humiliations de ma vie. Le suivi médical de la MACO est mieux. Au CHU Yalgado-Ouédraogo, on ne s’occupe pas des détenus.  Durant tout mon séjour, j’étais menotté et cela a laissé des séquelles sur mon avant-bras », déplore-t-il. Le CHU Yalgado- Ouédraogo reçoit des détenus malades dans tous ses services. Le chef de service de la pneumologie, le Pr Martial Ouédraogo, indique que son service reçoit de nombreux détenus malades. En effet, la pneumologie  reçoit ceux qui sont déférés  pour de simples consultations ou viennent en consultation externe.  Il y a également ceux qui sont évacués dans une situation critique et dont l’état nécessite une hospitalisation. La prise en charge se fait comme les autres malades, atteste M. Ouédraogo. Cependant, cette prise en charge sanitaire rencontre quelques difficultés. Selon lui, la seule spécificité est que  le détenu est menotté et sous surveillance. «C’est surtout ces mesures qui sont éprouvantes pour le malade qui reste avant tout un détenu », révèle-t-il.
Et au chef de service des Urgences médicales,  Dr Papougnizambo Bonkoungou de poursuivre qu’il est difficile pour un agent de santé de traiter un patient menotté.  « Lorsque les soins sont administrés à un détenu malade menotté, cela est gênant pour nous,  agents de santé. Ainsi, pour examiner le patient, le médecin ou l’infirmier demande au garde pénitentiaire de retirer les menottes », a-t-il laissé entendre. Quant au Pr Ouédraogo, il indique que le fait que les détenus soient hospitalisés dans les mêmes salles que les patients ordinaires, leur posent un préjudice moral. « Quand ils sont enchaînés sur un lit d’hôpital, ils pensent qu’ils sont humiliés et maltraités. Cet état de fait  ne répond pas à notre déontologie », affirme-t-il. A l’entendre, il est difficile de concilier sécurité et soins de santé au sein d’un centre de santé. « Nous ne pouvons pas aussi empêcher les gardes de sécurité de faire leur travail. La sécurité pénitentiaire justifie son action aussi. Même si cela ne nous plaît pas, nous ne pouvons pas les empêcher de travailler», confie le Dr Bonkoungou. Pour une meilleure prise en charge des détenus, le Pr Martial Ouédraogo propose que des hôpitaux  soient implantés dans les maisons d’arrêt et de correction.  Ainsi, les détenus auront droit à des consultations spécialisées  dans les disciplines telles  que la cardiologie, la pneumologie, la dermatologie. «En ce moment, les médecins vont vers le patient dans son milieu,  avec plus de moyens pour garantir la sécurité du médecin et empêcher l’évasion du détenu. Cela va permettre l’amélioration de la prise en charge des détenus», soutient-il.
Cette question de référence constitue donc un casse-tête chinois pour l’administration pénitentiaire. Selon l’intendant de la MACB, René Bakiono, les détenus malades sont délaissés une fois qu’ils arrivent dans les hôpitaux. Il souligne que pendant qu’il doit être évacué d’urgence, la référence du malade doit suivre un certain itinéraire. Il avoue que c’est pénible lorsqu’un malade doit être évacué urgemment hors de l’infirmerie de la prison. « Lorsque les infirmiers réfèrent le malade, celui-ci doit d’abord passer par le CSPS, le CMA  et enfin le CHR ou CHU », indique-t-il. Il affirme que lorsque le détenu est   évacué pour hospitalisation, les médecins ne prennent pas le temps de le garder en observation, celui-ci est ramené en prison après consultation.
« Il y a eu des cas où le détenu est revenu en prison  et le lendemain, nous avons été obligé de le ramener à l’hôpital. Une autre fois, un détenu avait été hospitalisé à deux reprises au CHU de Bobo et à la troisième hospitalisation, les agents l’ont référé au CMA, je ne sais pas si cela est possible ou simplement dû au statut de prisonnier », a-t-il décrié

Des cas de décès en prison

Selon le major Bamogo, les conditions de détention difficiles, l’insalubrité dans les cellules, l’alimentation malsaine, ainsi que les comportements à risque de certains détenus, contribuent à accroître le taux de mortalité  dans les Maisons d’arrêts et de correction de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. En effet, selon des statistiques recueillies à la Division des greffes et des statistiques pénitentiaires, la MACO  a enregistré entre  2007 et 2016, 157 détenus décédés et à la MACB, 44 décès.

Le directeur de la MACB révèle que la plupart des décès s’observent au niveau du grand quartier des adultes. Pour lui, cette situation explique les rudes conditions de détention. Il indique qu’en cas de décès, l’administration fait appel aux agents de santé pour faire la constatation, ensuite, elle informe le parquet et/ou le magistrat chargé du dossier du pensionnaire décédé, la hiérarchie pénitentiaire et enfin les parents. Après ces formalités, dit-il, si la famille est présente, elle a le droit d’enlever le corps du détenu et doit se charger de l’inhumation. Dans le cas contraire, l’administration, avec l’aide de la municipalité, procède à l’inhumation du corps. «Lorsque la Maison d’arrêt doit inhumer le cadavre, elle désigne les plus âgés qui le font selon les rites socialement acceptés», renchérit-il.

De la solidarité pour les détenus

Il affirme que lorsque le détenu décédé n’a pas été encore jugé, la Maison établit un rapport adressé au magistrat chargé du dossier pour donner suite. Ce rapport est accompagné de l’acte de décès, du certificat de décès et de l’extrait d’écrou. Les administrations pénitentiaires de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso sont confrontées à une panoplie de difficultés dans la gestion des questions de santé dans les services carcéraux. Le directeur du matériel et du Budget, Sabila Sawadogo, souligne que les médicaments fournis par la Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques ne correspondent pas aux besoins des malades.
Il  ajoute que les médicaments stockés à Ouagadougou mettent du temps avant d’être acheminés vers les prisons. Pour améliorer la prise en charge sanitaire des détenus, Madou Drabo invite les autorités à redoubler d’efforts dans la satisfaction des besoins sanitaires en milieu carcéral.  Il exhorte les ONG et la société à manifester plus de solidarité envers les détenus et particulièrement  ceux qui sont malades.
«Du moment que la prison n’a pas pour but de les écarter définitivement, on gagnerait à aider l’administration pénitentiaire dans leur prise en charge sanitaire», note-il. Et René Bakiono de plaider pour la mise en place d’un cadre de concertation entre les acteurs de la santé et de la justice afin de leur permettre d’être au même niveau d’information sur les textes concernant la prise en charge sanitaire des détenus.

Wamini Micheline OUEDRAOGO


«Le détenu malade n’a pas un statut juridique spécifique», selon le juge Adama Nabaloum

Sidwaya (S.) : Quel est le statut juridique du détenu malade au Burkina Faso?

Adama Nabaloum (A.N.) :
Le détenu malade n’a pas un statut juridique spécifique. Il relève donc du régime pénitentiaire applicable à tous les détenus. Néanmoins, tenant compte de sa situation de malade, la loi lui accorde un certain nombre de protections juridiques, soit pour faciliter ses soins médicaux, soit pour réaménager sa détention, notamment à travers une suspension ou un fractionnement de peine, soit même pour sa remise en liberté.

S. : Le détenu malade dispose-t-il de l’ensemble des droits accordés aux personnes malades ?

A.N :
Le détenu conserve ses droits politiques, civils, sociaux, économiques et culturels, à l’exception de ceux dont il a été privé par décision judiciaire. Toutefois, la restriction de la liberté qui découle de l’emprisonnement constitue des obstacles à la jouissance d’un grand nombre de ces droits fondamentaux. En tout état de cause, le détenu a droit à des soins de santé.

S. : Existe-il un cadre juridique de prise en charge sanitaire en milieu carcéral ?

A.N :
Il existe  des normes prévues par la loi n°010-2017-AN du 10 avril 2017 portant régime pénitentiaire au Burkina Faso. De ce texte de loi,  on peut retenir  ce qui suit : 
D’abord, elle dispose que l’Etat a la responsabilité d’assurer des soins de santé aux détenus sans discrimination ; le ministre en charge de la santé désigne, à la demande du ministre de la Justice, les personnels de santé pour les détenus ; chaque établissement pénitentiaire doit être pourvu d’un service de santé permettant de dispenser des soins de la même qualité que ceux dispensés dans les formations sanitaires de même niveau. Ensuite, le médecin du district sanitaire du ressort de l’établissement pénitentiaire a l’obligation de consacrer un jour par semaine pour la consultation des détenus. Dans les cas où les soins nécessaires à leur état ne peuvent être donnés sur place aux détenus malades, ceux-ci doivent être conduits à l’hôpital. Dans les formations sanitaires publiques, les détenus malades  doivent bénéficier aux frais de l’Etat,  des consultations, examens médicaux, interventions chirurgicales et des hospitalisations qui leur sont nécessaires ainsi que de la fourniture des médicaments. Quant aux médicaments spéciaux non utilisés dans les hôpitaux publics, prothèses dentaires, lunettes, et d’une façon générale, toute opération ou fourniture ne présentant pas un caractère d’urgence et de nécessité absolue, ils sont laissés aux frais du détenu.

W.M.O

 


Des noms d’emprunt ont été utilisés pour les détenus malades dans cet article


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15/07/2018 20:03
08/07/2018 21:01
 

 



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