Suivez-nous                                                                                                   Contactez-nous  +22625312289
Flash info :

Monnaie CEDEAO réalisable ?

20/12/2017
23:08

Les pays-membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont réaffirmé leur commune volonté de mettre en place une monnaie unique d’ici à 2020, lors du sommet des chefs d’Etat le 16 décembre 2017 à Abuja au Nigeria. Cette annonce a été faite sur les terres même de la réticence face à cette monnaie commune que la région appelle de ses vœux depuis pratiquement la création de la CEDEAO en 1975. Il faut souligner la hauteur de vue des dirigeants successifs de la sous-région. Ils ont très tôt compris avec l’économiste français Jacques Rueff « que la monnaie est le terrain ou se jouent à la fois l’avenir du développement économique et le sort de la liberté politique ». Ils ont tout à fait raison car une monnaie commune est l’un des symboles les plus achevés de l’intégration entre ces pays qui aspirent à un destin commun. En effet, une monnaie peut être un facteur de stabilité, de réduction des incertitudes sur le niveau des prix, de rentabilité des investissements, d’élimination des coûts des opérations de change et la spéculation. Elle peut aussi  traduire une mobilité du capital, induisant une baisse du coût du crédit. Malgré ces nombreux avantages, force est de constater qu’au fil des régimes en place dans les Etats et des options politiques envisagées dans le processus d’intégration, la marche vers la monnaie unique est assez laborieuse. On peut néanmoins se réjouir de ce que le processus suit son cours relativement normale au sein de la CEDEAO. Une zone dénommée Zone monétaire d’Afrique de l’Ouest (ZMAO) a effectivement été créée et ouverte aux pays non-membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Celle-ci  regroupant la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Liberia, le Nigeria et la Sierra-Leone, devra fusionner avec l’UEMOA pour donner naissance à la Zone monétaire unique à l’horizon convenu. L’autre avancée majeure est la convention réunissant les gouverneurs des banques centrales pour réaliser six phases essentielles du processus afin de garantir la viabilité de la Zone monétaire unique en chantier. Il s’agit de l’harmonisation des critères de convergence macroéconomique et institutionnelle, de la réglementation et de la supervision des banques et des statistiques (2014),  de l’introduction de la monnaie unique de la ZMAO (2015), de l’intégration des marchés financiers (2018) et de l’introduction de la monnaie unique de la CEDEAO en 2020.  Visiblement, certaines étapes de cette feuille de route ne sont pas encore au point à l’image de la monnaie de la ZMAO. Si bien que 2020 relève plus d’une vision de principe que d’un objectif réalisable à cette échéance.  Et pour cause, le grand Nigeria et dans une moindre mesure, le Ghana, font de la résistance. Ces deux grands pays de la CEDEAO anglophone devraient initier, entre eux, d’une part, une union douanière et d’autre part, être les fers de lance d’une deuxième zone monétaire sous régionale, ouverte aux autres pays de la Communauté, non-membres de l’UEMOA (Cap-Vert, Gambie, Guinée, Liberia Sierra Leone) avant de fusionner avec les pays de la zone CFA, pour donner naissance à la Zone monétaire unique de la CEDEAO. Du côté des pays du F CFA et de l’UEMOA, l’équation semble relativement simple en apparence, car certains pays peinent à respecter les critères de convergences. Une donne autrement plus compliquée car, il n’est pas aisé de raisonner un pays-membre acculé par le front social et qui est tenté par les augmentations de salaires et des indemnités, faisant exploser au passage, le ratio masse salariale/ressource propre. A l’échelle de la CEDEAO, cette question deviendrait encore plus dimensionnante.   A moins que les Etats de la CEDEAO ne s’en remettent à l’option d’une monnaie unique graduelle défendue par le Burkina Faso et le Niger par exemple avec, dans un premier temps, les pays qui remplissent les critères de convergences de la CEDEAO. En tout état de cause, l’union monétaire ne tiendra pas sans le soutien d’autres politiques et dispositions institutionnelles de plusieurs ordres en plus d’un esprit de solidarité entre les pays.


- Mahamadi TIEGNA








17
Partager sur Facebook

> Recherche




>SOURIRE DU JOUR



>IMAGE DE LA CITE









> Inscrivez-vous à la Newsletter

Newsletter

> Conseil des ministres


Voir tous les comptes rendus