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Les Shebab au Kenya : Un calvaire pour les reporters kenyans

07/01/2018
22:01

La 7e édition du Festival international de la liberté d’expression et de la presse (FILEP) tenue à Ouagadougou, du 8 au 11 novembre 2017, a abordé la question de la responsabilité des médias face aux attaques terroristes, notamment au Kenya. Judie Kabaria, journaliste émérite et l’un des intervenants, a dépeint le calvaire que les journalistes vivent lors des reportages autour des attaques orchestrées par le groupe Shebab opérant dans la zone. 

Judie Kabaria a remporté une dizaine de prix journalistiques. Elle se bat pour la promotion des droits de l’Homme, la paix et la justice. C’est en tant que journaliste ayant travaillé au Kenya et ayant couvert des attaques terroristes et des prises d’otages que Judie Kabaria a animé un panel sur l’ampleur  de la terreur imposée par les Shebab au Kenya. Elle a révélé, d’une part, les types d’attaques dont elle a été témoin et qui sont très tragiques, notamment avec des corps mutilés baignant dans du sang. D’autre part, elle a fait ressortir le mode opératoire des terroristes, y  compris leur méthode de recrutement. Par ailleurs, elle a démontré l’impact  néfaste du terrorisme sur la santé des journalistes qui couvrent les attaques.
Au cours du panel, elle a expliqué que le terrorisme est un crime qui, dans un brouillard d’atrocités et d’émotions, laisse peu de place à la vérité que les journalistes doivent impérativement trouver. Prenant l’exemple de l’attaque du centre commercial Westgate de Nairobi,  perpétrée par les Shebab, avec  des prises d’otages, du 21 au 24 septembre 2013, elle a indiqué que les sources policières ont révélé 67 morts alors que les Shebab qui avaient fait irruption dans une télévision de la place, donnaient des informations contradictoires. Les médias pris pour cibles par des terroristes tout comme les acteurs de la lutte contre le phénomène, n’ont pas souvent la possibilité de découvrir la vérité sur les attaques au moment où l’opinion a le plus besoin. De l’avis de la panéliste, le travail  de journaliste en ces périodes difficiles suscite des interrogations: « Faut-il continuer à diffuser le message des terroristes sans faire la promotion du terrorisme  et blesser davantage les populations déjà meurtries?», «Etes-vous capables d’aller affronter les Shebab et les interviewer ? « Pourquoi les Shebab sont-ils au Kenya,  cela est-il lié à la présence de l’armée kenyane en Somalie ?», « Est-ce que si l’armée kenyane se retirait  de la Somalie, le terrorisme prendrait fin au Kenya ? ». C’est à chaque journaliste, à chaque organe de juger ce qu’il doit publier, a-t-elle dit. « Etes-vous la voix du peuple, du gouvernement ou celle des terroristes ? », a-t-elle repris, en prenant le soin de leur glisser un conseil : « Il faut avoir le bon sens ! Avant toute publication, il faut penser à l’analyse qui peut en être faite. Soyons des journalistes patriotiques ! Célébrons, par exemple, la bravoure de nos soldats, au lieu de faire la part belle aux terroristes, en diffusant leurs messages!».


Le mode opératoire 
des terroristes


Ils passent par le lavage de cerveau des jeunes qui sont facilement manipulables. Ainsi, Judie Kabaria a souligné que toute personne peut devenir membre d’un groupe terroriste du jour au lendemain. Les Shebab utilisent les médias pour entretenir la terreur. Ils envoient des vidéos et des messages.  Ils exploitent de plus en plus les médias sociaux parce qu’ils ont compris que la presse ne veut plus faire leur propagande. 
En 2014, dit-elle, il ya eu une attaque au cours de laquelle, les terroristes ont égorgé et détruit des familles entières et mutilé des corps.  Mais comment faire le reportage sans montrer les corps ? Face à  ce carnage, les journalistes ont simplement interviewé quelques survivants mais le comble a été de constater que ceux qui ont été interviewés ont été tués, dans les heures qui ont suivi.
La panéliste a précisé qu’en 2015, le campus de Garissa a été attaquée des shebab, des islamistes somaliens et que plus de 181 étudiants ont perdu la vie. Elle a salué l’étroite collaboration entre les organes de presse et les  militaires qui ont conduit les journalistes sur les lieux. Toutefois, elle a affirmé que l’éternelle question demeure : « Comment faire un reportage sans montrer des images ? Le pire est que toute personne interviewée est tuée dans les heures qui suivent ?».  Pour toute réponse, elle a rappelé qu’en 2016, de nombreux militaires ont été tués en Somalie et qu’initialement, quinze (15) journalistes devaient s’y rendre pour des reportages ; mais seulement trois (3) d’entre eux ont accepté de se rendre sur les lieux et à leur retour, deux (02) ont été admis à l’hôpital pour des raisons de traumatisme. Selon la panéliste, les journalistes qui couvrent les attaques terroristes en gardent toujours les séquelles et il est temps de songer à trouver une solution pour résoudre le problème de traumatisme liés à la couverture médiatique des attaques terroristes.

Aimée Florentine Kaboré






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