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Editorial : Où est passé notre «Bondofa» ?

07/01/2018
22:21

Les productions céréalières prévisionnelles rapportées aux besoins de consommation font ressortir un déficit brut de 72 677 tonnes pour cette campagne agricole. C’est ce qu’a rapporté le ministre de l’Agriculture, Jacob Ouédraogo, au Conseil des ministres du mercredi 22 novembre dernier. En tout, ce sont 17 provinces et pas des moindres, qui doivent remuer ciel et terre pour atteindre les prochaines récoltes. Les provinces du Bam, Boulkiemdé, de la Comoé, du Houet, Kadiogo, Komondjoari, Kourritenga, Kourwéogo, Namentenga, de l’Oubritenga l’Oudalan, du Passoré, Sanmatenga, Séno, Soum, Yatenga et du Zondoma attendent beaucoup des mesures que le gouvernement prendra pour éviter la catastrophe. Les ministres en charge du dossier ont été instruits par le conseil des ministres de prendre les dispositions nécessaires, de concert avec les partenaires intervenant dans le domaine de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, en vue d’apporter une réponse adéquate aux déficits constatés dans les différentes régions. Parmi les mesures à envisager, l’on peut penser au contrôle des sorties de céréales du pays vers d’autres horizons. C’est une des mesures préconisées par le gouvernement. Cette mesure peut porter fruit, mais connaissant les pratiques commerciales dans notre pays, il est à craindre que les chercheurs de profits ne stockent les maigres récoltes pour ensuite les revendre à prix d’or. Cela sous-entend que même sans être exportées, les céréales peuvent être introuvables du fait de commerçants véreux, avides d’argent. Une réelle collaboration entre les ministères de l’Agriculture, de la Sécurité, de l’Administration territoriale, du Commerce et des Finances contribuera à lutter contre les exportations et le renchérissement des prix à l’interne.L’autre triste réalité est l’achat, par les commerçants, des vivres à prix social auprès des boutiques-témoins mises en place par le gouvernement, pour ensuite les écouler chèrement sur le marché. Cette pratique peut également rendre improductives les mesures qu’envisagent les autorités pour soulager les populations. Le ministère de l’Agriculture a déclaré avoir commandé 25 000 tonnes qui sont en train d’être mises dans les boutiques-témoins pour les besoins de nutrition de 620 394 personnes vulnérables durant la période de soudure de juin à août 2018. Mais comment s’assurer de l’atteinte de ces cibles ? Le plus souvent, l’on assiste à l’accaparement des boutiques-témoins par des personnes qui ne sont pas forcément vulnérables. Au-delà du contrôle des exportations des produits céréaliers et l’ouverture de boutiques-témoins, un des moyens pour éviter la famine c’est surtout l’accompagnement de la production en saison sèche. Beaucoup de retenues d’eau n’ont pas connu de crue du fait de la faible pluviométrie. Malgré tout, la quantité d’eau recueillie dans certaines localités peut permettre la pratique de cultures de contre-saison. On se souvient qu’entre 2011 et 2013, dans le souci de bouter la faim hors des familles et atteindre la sécurité alimentaire, le gouvernement d’alors avait renouvelé son soutien aux producteurs notamment en intrants et en semences dans le cadre de l’opération de production du maïs hybride à haut rendement, le «Bondofa».  Celle-ci avait été positivement appréciée et a contribué à soulager nombre de Burkinabè. Aujourd’hui qu’est devenu le «Bondofa» ? Toujours cultivé ? Abandonné ? Le besoin de remplir les greniers étant pressant en 2017, l’on attend la relance du «Bondofa», si tant est que cette variété de maïs peut effectivement avoir un rendement de 7 à 12 tonnes à l’hectare.


Enok Kindo








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