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Difficile retour sur terre

10/01/2018
20:42

Au sortir de l’insurrection populaire et de la Transition politique, « le peuple insurgé »a tenu et continue de tenir le haut du pavé. On lui doit bien cela. C’est même un minimum pour ce peuple qui a sué sang et eau pour déboulonner un régime ancré depuis 27 ans, qui a fait barrage de son corps à une tentative de coups d’Etat des réminiscences du régime déçu, contribuant ainsi à réécrire une nouvelle page de l’histoire démocratique du pays.  Du plus rien ne sera comme avant (on sait depuis peu ce que cela est devenu), les Burkinabè n’ont pu prendre le temps d’évaluer avec lucidité les années de crises (2014, 2015 et même une bonne partie de 2016) avant d’engager le renouveau tant espéré. On n’aurait pas attendu 2017 et 2018 pour tirer la sonnette d’alarme sur le fait que la satisfaction des revendications sociales« bouffe » pratiquement l’ensemble des ressources propres du pays, crevant accessoirement les critères de convergences de l’UEMOA. Déjà, en mars-avril 2014, la revalorisation de la grille indemnitaire de la Fonction publique a crevé le fameux ratio masse salariale/ressources. Il avait franchi la barre des 35% préconisée pour s’établir 42% selon les autorités de l’époque. Les choses ne se sont pas améliorées sous la Transition. Ce qui rendait nécessaire ce discours réaliste mais impopulaire dès la normalisation de la situation sociopolitique à l’issue des élections couplées. Mais, tout est parti de ce que d’aucuns ont appelé « le péché originel », c’est-à-dire la satisfaction de l’incidence financière du nouveau statut de la magistrature, goupillée sous la Transition. S’en est suivie une spirale de revendications-grèves-blocages-satisfactions-puis revendications, alimenté en partie, par le succès de la Table ronde de Paris de décembre 2016 pour le financement du Plan national de développement économique et social (PNDES). Il semble à présent, à la lumière du message de fin d’année du chef de l’Etat et des chiffres alarments qui nous sont communiqués au détour des conférences de presse, qu’on ne pourra plus continuer à traiter les revendications au cas par cas. Nous assistons à un difficile retour sur terre. Comment prouver la sincérité de la situation actuelle au monde de l’éducation qui, il faut le dire, n’a que trop longtemps trainé des revendications légitimes de conditions descentes de vie et de travail ? Comment le faire après avoir mis le doigt à l’engrenage de la satisfaction des revendications précédentes ? Comment faire admettre que la situation tend à devenir intenable lorsque, pour le commun des Burkinabè, c’est le programme du parti jugé la plus apte à répondre aux aspirations des Burkinabè qui est mis en œuvre ?  Ce sont quelques-unes des questions et interrogations auxquelles le gouvernement doit faire face. Et dans l’urgence pendant qu’il est encore temps de sauver l’année scolaire 2017-2018.


- Mahamadi TIEGNA







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