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Le ministre, un serviteur

04/02/2018
22:04

Le gouvernement Thiéba III est désormais connu. Il compte 33 membres, soit 7 départs et 9 arrivées. Ce gouvernement est « tombé» au lendemain du dénouement d’une terrible équation que les enseignants avaient soumise au gouvernement précédent pour résolution. Il a également été rendu public quelques heures seulement après les obsèques de policiers ayant succombé aux balles assassines de terroristes. Ces deux événements de référence peuvent se résumer en deux défis majeurs : vaincre la pauvreté et l’insécurité. En effet, toutes les revendications des travailleurs ont été, jusque-là,  justifiées par la vie chère et la baisse du pouvoir d’achat. Quant à l’insécurité, elle demeure difficile à localiser et à maîtriser, tellement elle semble ondoyante et diverse. 
Ce troisième gouvernement du Premier ministre Paul Kaba Thiéba doit, de ce fait, s’armer pour affronter dignement ces épreuves. Une chose est sûre, les attentes des Burkinabè sont nombreuses, voire pressantes. Le Burkinabè d’aujourd’hui n’est pas le Voltaïque d’hier. Non ! Aujourd’hui, la parole est libérée. Les Burkinabè des villes comme ceux des campagnes ne sont plus impassibles, patients, réservés, attentistes… Ils expriment leurs ressentis, grognent, revendiquent, critiquent, accusent, jugent et condamnent.  Ils sont dans un autre courant. Ils ne descendent pas la même rivière que leurs frères de la Haute Volta. Il est donc illusoire de rêver à une quelconque trêve sur les fronts social et politique, afin de travailler en toute quiétude. La nouvelle équipe gouvernementale doit aller tout de suite et maintenant au combat.  Elle doit se mettre à l’esprit qu’il lui faut faire du résultat, malgré l’adversité. Le seul argument qui peut convaincre et soulager les Burkinabè est celui de la transformation positive du pays dans bien de domaines : éducation, santé, infrastructures routières, économie, énergie, sécurité, emploi des jeunes... Bref, l’amélioration sensible et tangible des conditions de vie des populations. Le Premier ministre semble l’avoir compris. Ces premiers mots après sa reconduction, ont été, entre autres, l’appel à la mobilisation de toute son équipe pour la grande bataille contre la pauvreté. Une bataille pour redonner le sourire et l’espoir à une grande majorité de la population. La tâche paraît immense, mais reste surmontable.  Le Premier ministre Paul Kaba Thiéba, il est vrai, a annoncé les couleurs. Mais cela est-il suffisant ? Assurément pas. Car, selon Clémenceau : « Les idées ne sont rien que des faits généralisés. Si elles sont justes, les événements sont tenus de s’y adapter, et le serviteur de l’idée devient ainsi − quel qu’il soit − un serviteur de l’humanité elle-même. »  L’intention et la volonté seules ne suffisent pas à faire face à un ennemi aussi redoutable que la pauvreté. Il faut, en plus, une bonne dose de stratégie, de méthode et surtout d’engagement sans faille. Chaque membre de ce gouvernement doit se remémorer, au quotidien, l’étymologie du mot ministre, du latin « minister », qui signifie serviteur. Un ministre est, avant tout, un serviteur, c’est-à-dire quelqu’un qui a des devoirs, des obligations envers un Etat, un peuple.  C’est celui qui engage toute son activité, son énergie, sa passion au service d’un idéal, d’une noble cause, d’une œuvre, etc.  Cette compréhension du rôle du ministre n’est pas toujours celle qui est la plus courante. En effet, certains considèrent leur élévation au rang de ministre comme une récompense, une promotion personnelle, un mérite individuel. D’autres se croiraient des représentants de Dieu dans les départements ministériels ou des chargés de cours vis-à-vis de leurs collaborateurs.
Quiconque débarque sur ses grands chevaux dans un ministère avec une telle compréhension de sa mission est presque condamné à échouer. Or, l’échec d’un ministre équivaut à des années de souffrance supplémentaires pour les populations.

Rabankhi Abou-Bâkr Zida
 rabankhi@yahoo.fr








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18/02/2018 19:52
11/02/2018 22:19
 

 



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