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Les sept défis de l’Assurance maladie universelle

07/02/2018
21:48

Le 24 janvier 2018, le gouvernement procédait à l’adoption du calendrier d’opérationnalisation du Régime d’assurance maladie universelle (RAMU) au titre du ministère de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale.C’est une étape décisive vers la création de deux éléments essentiels que sont la Caisse nationale d’assurance maladie universelle et la Caisse d’assurance maladie des armées, dans le premier trimestre de l’année 2018, dix ans après le lancement du processus de mise en œuvre. En effet, c’est en 2008  que l’Assurance maladie universelle (AMU)a été portée sur les fonts baptismaux en tant qu’outil de prévoyance sociale développé pour faire face au risque de la maladie, du chômage et aux conséquences de la vieillesse. L’AMU est porteuse d’espoir à plus d’un titre car le fonctionnement actuel du système sanitaire national ne met pas le citoyen à l’abri de risques financiers liés à la maladie. En effet, la maladie ne prévenant pas, elle peut survenir à un moment où l’on n’est pas en mesure de s’offrir des soins.Qui plus est, même lorsqu’on a eu l’occasion de sécuriser les lendemains incertains en constituant une épargne consistante, la maladie peut vous précipiter dans la précarité ou même dans l’endettement. L’assurance maladie universelle constitue un rempart contre ces deux problèmes sociaux grâce à la mise en commun des contributions financières de toutes les composantes de la société burkinabè. Force est de constater cependant que depuis la mise en route de l’AMU, les Burkinabè attendent encore cette couverture sociale inclusive à l’image des gros bébés dont les premiers pas sont difficiles. En effet, sept principaux défis se dressent sur le chemin qui mène à une assurance maladie viable. Le premier est naturellement la nécessaire adhésion de toutes les couches sociales sans lesquelles, l’initiative ne pourra prospérer durablement.Comment faire comprendre à la majorité des Burkinabè que les services sociaux de base tels que ceux de la santé, ne sont pas toujours gratuits ? Il faudra aussi s’attacher à préserver « les acquis sociaux en matière de santé », notamment la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de 0 à 5 ans, un point éminemment  important de la politique de protection sociale du gouvernement. Le troisième défi, en passe d’être relevé,est de trouver la meilleure articulation et une cohérence entre l’assurance maladie qui a un caractère obligatoire et les bonnes vieilles mutuelles de santé qui prônent une adhésion volontaire. C’est dans cette optique que le  gouvernement a décidé de fixer un cadre juridique pour la création, l’organisation et le fonctionnement des mutuelles sociales au Burkina Faso et d’en faire un socle pour le déploiement de l’AMU à travers une  loi portant mutualité sociale au Burkina Faso. Mais le nœud gordien, 4e défi,  est la pérennité financière du système. A ce propos, « l’équité contributive » est le principe de financement retenu. Les salariés du public devront contribuer en fonction de leurs revenus. Une contribution forfaitaire devra être fixée pour les secteurs informel et rural. L’Etat et ses démembrements (collectivités territoriales, établissements publics), les entreprises, les partenaires techniques et financiers apporteront également leurs parts. Au-delà du nerf de la guerre,  la garantie de l’égal accès de tous les citoyens à un  minimum de soins sanitaires est la cinquième préoccupation sans compter celle de la prise en compte des personnes indigentes ou à très faibles revenus qui constitue le sixième défi ainsi que la prise en compte des Burkinabè de l’étranger (7e). Le relèvement de ces défis visent à assurer un système bâti sur les principes de solidarité, de justice sociale, d’équité et de droit universel pour toute personne qui aspire à une vie descente. Dès cette année et progressivement, l’AMU devrait connaître un début de mise en œuvre effective pour qu’enfin, le gros de la population puisse bénéficier du paiement de seulement 20% de leurs frais médicaux laissant les 80%  à l’AMU. Ce qui, pour l’instant, n’est qu’à la portée de quelques privilégiés.

Mahamadi TIEGNA 



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