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Après ta mort, ta femme et tes enfants auront tort si…

08/02/2018
22:01

Son calvaire a commencé après la mort de son mari. Le couple s’aimait comme deux fous. Leurs deux enfants s’épanouissaient comme des fleurs, dans un cocon chaleureux. Les deux familles étaient fières de l’idylle. Mais après la mort de leur fils, le mari de l’autre, ils ont fait tomber leur masque. Avant que leur bien-aimé de frère ne « pourrisse » six pieds sous terre, ils sont venus tout ramasser et emporter. Sans salamalec, chacun a pris sa part. Dans la grande maison du défunt, il ne restait plus que deux chaises orphelines en bois bancales et une table nue au salon. Dans la cuisine, le petit frigo a échappé à la razzia des envahisseurs ; c’était une propriété de la veuve. Même le lit refroidi des heures de gloires conjugales a été déboulonné pour aller servir chez le plus viril des frères. Après la chasse au butin, personne ne plane encore chez la femme du frère défunt. Même les petits palus et autres bobos des enfants n’intéressent personne. Tant pis si les orphelins ont besoin d’aller à l’école ; on s’en fout s’ils mangent à leur faim ou s’ils tirent vers leur fin. Depuis la mort de son mari, sa belle-famille la regarde comme un paria. Certains la traitent de « femme à la tête dure » ou de « femme de malheur » comme si elle avait des cornes au front. D’autres l’accusent ouvertement d’avoir tué son mari. Puis, un beau matin, ils sont venus frapper à sa porte et lui intimèrent l’ordre de déguerpir.  Je n’ai jamais vu des beaux frères aussi vilains que le Malin. Dans leurs yeux, il y avait une haine injustifiée et un cynisme exagéré. Sans arme, dame veuve et ses enfants se confièrent à leurs larmes ; même le ciel n’a pu émettre le moindre vacarme. Sous les regards imbibés du voisinage, ils abandonnèrent leur foyer la queue entre les jambes. Malgré les protestations de quelques jeunes du quartier, le deal fut consommé. La cour fut vendue à un opérateur économique qui rasa les lieux et y érigea un immeuble de cinq étages. La femme et ses enfants n’ont plus donné signe de vie. Aux dernières nouvelles, ils se sont repliés au village. Elle a préféré rentrer chez elle plutôt que de vivre dans l’enfer de sa belle-famille. Les frères du défunt se partagèrent le magot de la mort en se frottant les mains sales. Ils ont eu le gros lot, mais ils trimbalent toujours les mêmes maux. Rien n’a changé dans leur quotidien. Rien ne leur augure un avenir radieux. Parce que, nul ne peut être bien en dépouillant les biens d’un mort. Aujourd’hui, le sort est à leur trousse ; le destin les traque en attendant que le ciel leur tombe sur la tête.  Cette chronique est toute une histoire ; celle des déshérités abandonnés dans la randonnée d’une existence à double sens. On peut passer par le mal pour être bien, pour rien ; on peut côtoyer le vice pour être riche, avec des sévices. L’histoire de cette veuve est celle de bien d’autres dans un pays dit « des hommes intègres ». Il y a trop de larmes et de sang dans les fondations des hautes bâtisses. La sueur du riche découle du front du pauvre qui s’échine. Très souvent, la belle-famille cache la laideur d’une guenon. Le frère qui vous appelle « chérie » du vivant de votre mari n’use que de supercherie. Le jour de la mort de votre mari, ils useront de tous les subterfuges pour vous ravir et brader votre refuge. Aux allures de braconniers, ils marcheront sur les ayants droit pour s’emparer de leur héritage.  Il faut que les hommes se réveillent ! Il faut que nous régularisions nos concubinages. Il faut, au-delà de nos traditions ou de nos religions, conférer un caractère civil à nos unions. Cela permettra d’épargner nos femmes et nos enfants du vil destin des prédateurs. Si l’amour n’est pas un vain mot et si vous aimez vraiment votre femme, vos enfants, allez à la mairie et dites-vous OUI. Peu importe si vous le faites en catimini ou en bombance, un mariage est un mariage ! Peu importe si vous signez sous le régime de biens communs ou séparés, vous aurez au moins le mérite de réparer un tort, après votre mort. Et, rien ne sert d’être choqué par l’idée de la mort. Le vrai homme, le grand, c’est celui qui planifie sa vie jusqu’au-delà de sa propre mort. A tous ceux qui exproprient la veuve et l’orphelin sans défense, quelle est votre récompense ? A ceux qui font de bonnes affaires en achetant à vil prix la part des vautours ; en attendant votre tour, vous construirez sur du sable.


Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr
 





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