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Au-delà des mots

11/02/2018
22:19

Au-delà des mots

Le Premier ministre malien, Soumeylou Boubeye Maïga, était ce week-end dans la région de Mopti pour encourager les Forces armées maliennes en lutte contre le terrorisme. A Mopti, le chef du gouvernement a bandé les muscles et son message a été clair : «Nous avons décidé de déployer progressivement un effectif important des Fama dans la région de Mopti pour qu’il n’y ait plus un mètre carré du territoire qui soit hors de notre contrôle ». Et de rassurer que le premier tour de l’ élection présidentielle se déroulera le dimanche 29 juillet 2018. Soumeylou Boubeye Maïga a aussi promis de transformer les écoles communautaires en écoles publiques ; les écoles coraniques seront, elles aussi, intégrées dans le système d’Education nationale. Il a affiché une volonté farouche de lutter contre le terrorisme. « Nous ferons tout pour récupérer tous ceux qui sont récupérables et nous combattrons ceux qui devront être combattus. C’est le moment de choisir son camp. Tous ceux qui ont des informations sur les terroristes, c’est le moment de les donner», a averti le Premier ministre.
Les intentions des autorités maliennes sont bonnes et louables. Cependant, il faut des actes concrets pour changer la donne sur le terrain. Il s’agit d’abord de rassurer les populations qu’elles sont bel et bien protégées et qu’il n’existe aucun risque pour le dénonciateur. Face à des individus noyés au sein de la population, qui frappent et qui disparaissent, dénoncer n’est pas une chose aisée.
Par ailleurs, il ne faut point ignorer les rivalités politiques que l’on constate dans certaines régions. Elles ne facilitent pas la lutte armée. On a beau déployer des forces antiterroristes, au Sud, au Centre ou au Nord du pays, tant que les politiciens vont continuer à semer la haine et la désunion, la lutte contre les messagers de la mort sera difficile et longue. Outre le Mali, les Etats confrontés à l'équation terroriste, en l’occurrence ceux du Sahel, doivent avoir le courage d’associer toutes les tendances à la recherche de solutions. Pouvoir et opposition ont intérêt à se donner la main, si l’on veut vaincre ce mal qui endeuille chaque jour des familles. Pour avoir du résultat par la lutte armée, il faut mettre beaucoup de moyens et impliquer toutes les forces des localités touchées, même les adversaires politiques.
Les terroristes ne font pas de distingo quand ils posent des engins explosifs sous le sable. Ils ne cherchent pas non plus à savoir à quelle chapelle politique appartiennent les gens quand ils frappent.
Ce qui importe pour eux, c’est de tuer, faire le maximum de dégats et crier victoire. C’est pourquoi il est impératif au Mali, comme partout dans la ceinture terroriste, que l'intérêt national reprenne le dessus sur la division et les calculs politiques. Il faut une véritable union des leaders politique et associatif pour espérer une réelle coopération des populations dans la lutte contre le terrorisme. Au-delà des mots, il faut donc des actes concrets, des projets du genre Programme d'urgence pour le Sahel (au Burkina Faso) qui impactent positivement la vie des populations. De l’eau potable, des centres de santé, des routes, de l’emploi pour les jeunes et les femmes... Car comme le dit Bob Marley, « A hungry man is an angry man» ( un homme affamé est un homme en colère).   Les discours sont bien et rassurants mais les actes le sont beaucoup plus. Il est temps d’agir sinon la lutte contre le terorisme sera un vœu pieux .

Par Rabankhi Abou-Bâkr Zida
 rabankhi@yahoo.fr




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