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La bataille de Bruxelles gagnée

25/02/2018
21:03

La conférence des donateurs pour la force antiterroriste du G5 Sahel a eu lieu à Bruxelles, le vendredi 23 février 2018. A l’arrivée, les chefs d’Etat du groupe, notamment ceux du Mali, du Niger, du Tchad, de la Mauritanie et du Burkina Faso, qui ont tous fait le déplacement de la capitale européenne, ont de réels motifs de se réjouir. En effet, l’objectif d’engranger 300 millions d’euros, en plus des 250 millions déjà mobilisés, a été dépassé. Ce sont, finalement, 414 millions d’euros de promesses de dons qui ont été enregistrés. L’Union européenne contribuera à hauteur de 100 millions, doublant son aide actuelle. L’Arabie saoudite a promis 100 autres millions, les Emirats arabes unis, 30 millions, les Etats du G5, 50 millions. La France complétera son effort à hauteur de 8 millions, essentiellement sous forme de matériel. Les Etats-Unis ont, eux, promis l’équivalent de 48,8 millions d’euros d’aide bilatérale. Mission accomplie donc. Pour autant, le plus dur n’est pas derrière, mais devant nous. L’urgence, c’est de travailler à la matérialisation des promesses.  Sans vouloir mettre en doute le sérieux et la sincérité des pays et organisations qui ont pris ces engagements, l’expérience commande le réalisme. Combien de montagnes de promesses, financières surtout, de pays nantis vers ceux moins nantis, ont-elles accouché de souris ? L’on a coutume des tables rondes très prometteuses de bailleurs de fonds pour le financement du développement en Afrique, qui sont suivies de peu de déblocage effectif et à temps des ressources. Par conséquent, l’un des premiers défis de l’après-Bruxelles est de réussir à faire casquer les bailleurs de fonds. Et à ce stade, il est primordial que les Etats du G5 Sahel, eux-mêmes, donnent l’exemple, en mettant à disposition leur part de contribution. Un autre «casse-tête sahélien», d’ailleurs bien perçu par le président en exercice du groupe, le président du Niger, Mahamadou Issoufou,  est de pouvoir assurer le financement de la force dans la durée. Nul ne souhaite que les forces du mal perdurent dans la bande sahélo-saharienne, ni ailleurs au monde. Toutefois, il est chimérique de croire pouvoir résoudre l’équation terroriste en quelques mois. C’est un combat de longue haleine, qui va nécessiter des actions militaires, économiques et sociales soutenues. Comme l’a rappelé le président Issoufou, il faudra encore mobiliser 115 millions d’euros annuellement, pour permettre au G5 Sahel de sécuriser cette zone de 5 millions de km², dont 28 000 km de frontières. C’est pourquoi, l’idée de militer pour la mise de la force conjointe sous le chapitre VII de la charte de l’ONU est à approfondir, afin d’offrir un cadre politico-juridique d’envergure aux interventions, et, du même coup, régler la question d’un financement plus ou moins pérenne. Aussi, quand on connaît la grande attractivité des missions onusiennes pour nos forces de défense et de sécurité, un mandat onusien, avec les avantages de rémunération y afférents, pourrait être une source supplémentaire de motivation des hommes sur le terrain. En outre, la dimension socioéconomique de la lutte contre le terrorisme au Sahel mérite tout autant l’accompagnement de la communauté internationale, si la volonté est vraiment de juguler les causes profondes de l’instabilité dans la région. Le Programme d'urgence pour le Sahel, lancé par le gouvernement burkinabè en 2017, participe de cet élan. D’un coût global de 455 milliards de F CFA (près de 695 millions d’euros) sur trois années, ce programme vise à mener, parallèlement au déploiement militaire, une guerre contre la pauvreté dans cette partie du pays en proie aux menaces et attaques terroristes.
En clair, la victoire remportée en Belgique ne doit pas faire occulter que la guerre contre le terrorisme exige bien plus qu’un coup de pouce sporadique.


Par Rabankhi Abou-Bâkr Zida
 rabankhi@yahoo.fr




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