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Justice militaire : ces atermoiements peu rassurants

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Justice militaire : ces atermoiements peu rassurants

Le Burkina Faso a mal à son institution judiciaire. Le 27 février 2018, à l’ouverture du procès du putsch manqué du 16 septembre 2015, la justice a encore une fois raté le coach de redorer son blason. Les atermoiements de l’institution militaire ont fini de convaincre que ce n’est pas demain que les Burkinabè vont se réconcilier avec leur justice. Alors que les hommes intègres s’attendaient à ce que la lumière soit faite sur ce mercredi noir du 16 septembre 2015, ils ont  eu droit à une passe d’armes entre avocats sur la légalité du tribunal. Oui, la légalité du tribunal ! La justice militaire continue de fonctionner avec des Chambres de jugement alors que la loi modificative de juillet 2017 sur cette juridiction parle plutôt de  Chambre de 1ere instance. Comme si cela ne suffisait pas, le juge Seydou Ouédraogo  officiait comme si de rien n’était alors que le décret le nommant, censé lui donner la qualité d’agir ainsi, n’est pas encore entré en vigueur. On est tenté de croire aux arguments des avocats de la défense des mis en cause qui ont soulevé ces questions ‘’préliminaires’’ puisque le procès a été suspendu par le tribunal récusé. Sans être juriste, le citoyen lambda ne peut s’empêcher de se poser un certain nombre de questions. Comment des hommes, dits de droit, peuvent-ils entrer en fonction sans savoir au préalable que la validité d’un décret requiert huit jours après sa publication au journal officiel ? Comment expliquer qu’ils aient proposé au président du Faso, un projet de décret pour signature, sans faire la part des choses entre la Chambre de jugement qui n’existe plus et la Chambre de 1ère instance ? Les terminologies n’ont-elles pas un sens en droit ? Est-il possible qu’il y ait des synonymes parfaits en droit ? En attendant que des hommes de droit trouvent des réponses à ces questionnements, l’on est obligé de dire qu’il y a un tâtonnement au sein de cette juridiction militaire. Pourtant, cette dernière a une grande responsabilité dans la réconciliation des cœurs. Rendre justice à ceux qui ont perdu la vie pendant « le coup d’Etat le plus bête du monde » permettra à leurs familles de faire leur deuil  et d’obtenir des réparations. Dire également le droit permettra à ceux mis en cause « injustement » d’être blanchis; toute chose qui leur permettra de recouvrer une virginité au sein de l’opinion publique. Pour l’instant, le tribunal militaire n’a pas encore dit le droit sur cette affaire. Mais l’on n’a aucun doute puisque si cette même justice a pu statuer sur le cas des putschistes en 2004, elle  n’a n’aucune raison de ne pas pouvoir le faire cette fois-ci et ce, dans le respect des droits de toutes les parties.  Jusqu’à preuve du contraire, nous refusons de penser que les balbutiements actuels sont le fait des hommes qui animent la justice militaire. Si pour quelque raison que ce soit, elle ne parvenait pas à faire la lumière sur ce putsch du 16 septembre 2015 qui avait porté un coup d’arrêt à la Transition politique, elle donnera, à coup sûr, raison à ceux qui voulaient la voir disparaître dans le cadre de la nouvelle Constitution qui dort dans les tiroirs, même si l’ébauche de  cette Loi fondamentale préfère le statu quo sur ce tribunal d’exception. En attendant, elle a le devoir de réussir, pour éviter d’être indexée, comme c’est déjà le cas, d’une juridiction aux ordres du politique. Cela y va de sa crédibilité, de la réconciliation nationale, mais aussi de la paix sociale au Burkina Faso.

Anselme KAMBIRE
Paténéma Oumar OUEDRAOGO


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25/06/2018 03:42
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