Suivez-nous                                                                                                   Contactez-nous  +22625312289
Flash info :

Côte d’Ivoire : la CEI de la discorde

06/03/2018
21:00

Côte d’Ivoire : la CEI de la discorde
La  Commission électorale indépendante (CEI) suscite la polémique en Côte d’Ivoire, à l’orée des élections sénatoriales du 24 mars prochain, et à deux ans de la prochaine présidentielle ivoirienne qui devrait en principe consacrer la succession d’Alassane Ouattara. Cet organe au cœur du processus électoral ivoirien fait l’objet de vives critiques au sein de l’opposition et de la société civile. Les débats  tournent autour de deux  aspects : le sort du président Youssouf Bakayoko, nommé à la tête de la CEI sous Laurent Gbagbo et  la composition de la commission elle-même. L’actuel patron de l’instance électorale a été promu en 2010, pour un mandat de six ans, théoriquement non renouvelable. Il devrait  donc plier  bagage par ces temps qui courent, en vertu des dispositions juridiques.  Et c’est bien pour cette raison que les opposants  qualifient la commission d’«illégale» et de «caduque».  Du point de vue configuration, la CEI compte quatre membres de la mouvance présidentielle, quatre de l’opposition, quatre de la société civile et cinq au titre des institutions républicaines. Tout comme la légitimité du président Bakayoko, le choix des représentants de l’administration par la présidence de la république pose problème aux yeux des opposants et de la société civile. En ce que les personnes désignées seraient «politiquement inféodées» à la mouvance présidentielle. Les contestataires  réclament,  ainsi,  une réforme profonde de la CEI garantissant plus d’équité, en vue de la tenue d’élections  «crédibles», «transparentes» et  «inclusives».  En première ligne du combat, la Plate-forme des organisations de la société civile pour l’observation du processus électoral en Côte d’Ivoire (POECI), qui  semble donner plus de la voix  que les opposants. Cette structure souhaite voir, dans le détail, une commission dans laquelle ne siégeront plus les membres de l’administration. Ceux-ci ne devraient plus avoir de voix délibératives.  Perçue ainsi, la CEI doit être désormais l’affaire de la majorité au pouvoir, de l’opposition et de la société civile,  comme  dans plusieurs pays africains.  Mais les griefs  contre l’organe électoral sont balayés du revers de la main par le camp présidentiel, pour qui il n’y a pas de quoi fouetter un chat.  Le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, a indiqué que la CEI est «consensuelle» et «légale», telle que configurée, avec surtout la présence des mandants de l’opposition. Le porte-parole du Rassemblement des républicains (RDR), Mamadou Touré, a tenu le même langage sur le sujet, comme pour battre en brèche les récriminations de l’opposition et de la société civile.  «On ne peut pas dire qu’il n’y a plus d’unanimité, lorsqu’on a ses émissaires qui continuent de siéger au sein de la CEI», a-t-il martelé à l’endroit des protestataires. Certains caciques  du régime Ouattara  voient en l’activisme de la société  civile, un soutien déguisé à l’opposition, emmenée par le Front populaire ivoirien (FPI) de Pascal Affi N’guessan. On assiste alors à la guéguerre politique  habituelle,  alors que la légitimité de la CEI  soulève avec juste raison le débat. Si le mandat de Bakayoko est arrivé à expiration, il va falloir tirer les conséquences et agir conformément à la loi et aux principes de la démocratie.  Le gouvernement ivoirien va-t-il engager des concertations pour tabler sur la question, comme  désiré, dans le souci de préserver la stabilité, la cohésion sociale et d’avoir un processus électoral apaisé en 2020?  On l’espère vraiment,  vu le passé récent de la Côte d’Ivoire  qui a vécu une grave crise électorale en 2011, au centre duquel se trouvait la CEI, dont les résultats ont été contestés par le camp Gbagbo. Le cas ivoirien est révélateur du débat permanent et parfois enflammé, qui se mène autour des institutions électorales sur le continent.  De sorte que ces entités sont  souvent sources de conflits  que d’avancées démocratiques.  Les autorités ivoiriennes ont donc intérêt à ne pas négliger  les voix discordantes à propos de la CEI.  Il faut éviter à tout prix  de revivre  les mauvais moments du passé.   La Côte d’ivoire,  puissance économique dans la sous-région ouest-africaine, mérite d’aller de l’avant et de retrouver son lustre d’antan.  

Kader Patrick KARANTAO
karantaokader@gmail.com



124
Partager sur Facebook

> Recherche



>SOURIRE DU JOUR




>IMAGE DE LA CITE






> Edito

 

> Chronique du vendredi




> Inscrivez-vous à la Newsletter

Newsletter

> Conseil des ministres


Voir tous les comptes rendus