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Burkina Faso : le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré échangera avec l’opposition politique le jeudi 19 avril 2018 (CFOP).//Arabie Saoudite : Le Président du Faso,  Rock Marc Christian Kaboré assiste, ce 16 avril 2018 à  la clôture de l’exercice militaire dénommé «Bouclier commun du Golfe». //Procès putsch 2015 : l’audience a été renvoyée au mercredi 9 mai 2018.
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Que chacun mange son «gnon»!

15/03/2018
22:10

Quelqu’un m’a dit un jour que le pouvoir rendait aveugle sa proie et que la gloire précédait toujours la chute imminente. Il m’a dit que l’Afrique est riche en elle-même mais pauvre de ses hommes. Face à mon scepticisme, il m’a brandi des effigies de quelques dignes fils et filles de nos terres, héros de tous les temps, mais arrachés à la volée à notre affection, comme des éphémérides volantes et volatiles. Ils ont été mordus par le serpent qu’ils entretenaient dans leur propre sein. Ils ont été persécutés et exécutés par leurs propres frères , leurs meilleurs amis. Ces hommes que nous adulons aujourd’hui au pied d’une tombe n’ont laissé d’héritage que du verbiage. Ces héros dont nous sommes fiers du combat ont eu tort de mourir si jeune, si tôt. Ils se sont trompés de peuple. Ils n’auraient pas dû naître chez nous, pour rien. Leur entourage les a induits en erreur. 
Après leur mort précoce, d’impénitents rois du négoce ont brandi leur fantôme pour se frayer un passage en force dans le sillage étroit d’un patriotisme de façade. Aujourd’hui, leur nom vaut de l’or, mais leur mémoire ne pèse même plus dans nos vies. Seuls quelques livres d’histoire mal écrits parlent d’eux en bas de page ou à la marge. De toute façon, personne ne lit encore leur passage épique, leur éphémère mais téméraire courte vie de suicidaires salutaires. Ils ne sont plus en nous ; leur combat s’est achevé en queue de poisson au pied du mur de l’espoir perdu. Mon confident a enfoncé un clou en plein cœur en m’annonçant qu’il n’y a plus de héros à attendre ; il n’y a plus de changement à l’horizon ;  le tunnel est bouché dès l’entrée ; à quoi bon donc jouer au héro dans une arène où le meilleur a zéro ?  A quoi cela sert-il d’être intègre dans un pays où la morale est un torchon en lambeau ? Pourquoi diantre ce sont les autres qui doivent toujours donner le bon exemple pendant que la tête du poisson est en putréfaction ?
Si j’avais assez d’argent pour payer une audience présidentielle, j’irais voir mon président. Malheureusement, n’importe qui ne peut voir le président. On ne peut pas voir le président avec une pige de chroniqueur mal inspiré. On ne s’approche pas du président, sans être en odeur de sainteté avec son entourage. C’est quand même le président de la République ! Si j’avais vraiment suffisamment d’argent, je le balancerais à la meute aux aguets avant de lancer : « va le chercher ! ». Si je pouvais « graisser » les babines de l’entourage au fourrage, je ferais même du bourrage aux plus voraces pour fouler le tapis présidentiel et avoir le président en exclusivité. Hélas, nul ne peut parvenir au ciel sans passer par l’entourage du trône, les anges ! Malheureusement, ne voit pas le président qui veut mais qui peut. Moi qui pensais bêtement qu’une audience ministérielle ou présidentielle se planifiait seulement selon la pertinence et le besoin. Moi qui croyais naïvement qu’il suffisait de prendre rendez-vous dans les règles de l’art pour être reçu. Je me suis trompé. En fait, je crois que je ne peux plus voir le président. Avec tous ces « guichets uniques » qui jalonnent le parcours, il y a de quoi être très généreux sur le passage. Avec tous ces « checkpoints du gombo », plus c’est frais, mieux c’est gluant, meilleur sera l’accueil et concluante, l’audience. Vous voulez voir le président ? Passez par les « cockseurs » qui hèlent en sourdine et vous serez exaucés ; avec eux, c’est plus rapide, plus efficace et « plus payant ». De toute façon, c’est comme ça partout ! « Mieux vaut connaître quelqu’un que de maîtriser les recoins de la ville entière ». Mieux vaut avoir des bras longs que de simuler l’intégrité en manche courte. Mais le principe est désormais connu : « que chacun mange tranquillement et discrètement son gnon ! » et à chacun son PNDES !


Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr





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15/04/2018 21:32
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