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Attention à la corde !

08/04/2018
19:58

Ils ont dit et ils l’ont fait. A l’appel de leurs syndicats, les travailleurs du ministère de l’Economie, des Finances et du Développement (MINEFID) ont observé une grève, les 4 et 5 avril 2018. Il n’est pas nécessaire de revenir sur la justesse et l’opportunité de leurs revendications, motivées par la défense des intérêts matériels et moraux des agents, qui ont conduit à ce débrayage de 48 heures. On peut faire observer cependant que, de doléances en doléances, les partenaires sociaux font, de plus en plus, désormais montre d’un certain jusqu’au-boutisme, mettant ainsi à rude épreuve le dialogue social au Burkina Faso. En effet, la Coordination des syndicats du ministère en charge de l’économie et des finances (CS-MEF) a fait fi de la disposition du gouvernement à poursuivre le dialogue et de son appel au sens de la responsabilité des partenaires sociaux, pour se livrer purement et simplement à un bras de fer. Dans un esprit d’inflexibilité manifeste, les syndicats des finances ont adressé, au terme de deux jours de grève, une lettre ouverte assortie d’un ultimatum au chef de l’Etat, l’invitant à se pencher «sans délai» sur les préoccupations des travailleurs. Ce qui n’est pas très courant dans les revendications sociales. Il est vrai, que depuis l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, tout est devenu possible. Les revendications syndicales aussi réalistes que surréalistes pullulent, avec parfois des méthodes déplorables, du genre aller en grève sans préavis. Loin de nous, l’idée de jeter le discrédit sur les organisations syndicales, qui méritent grand respect, mais la persistance des mouvements sociaux, dans un contexte où le Burkina Faso est attaqué en permanence par les terroristes, pose problème. Devons-nous tirer, sans aucun égard, sur une corde déjà tendue, pour obtenir ici et maintenant des réponses satisfaisantes aux préoccupations exprimées çà et là ? Nous pensons que ce n’est pas le moment de se laisser aller à l’extrémisme. Le pays a plutôt besoin d’un sursaut patriotique, afin de faire face dignement aux nombreuses adversités que les forces du mal veulent lui imposer. A ce titre, chacun de nous a sa part de responsabilité dans la bonne marche de notre chère patrie. Si nous voulons que le Burkina soit une nation prospère, nous en sommes capables, à condition d’être solidaires et conscients des enjeux du développement. Si nous voulons, a contrario, que le pays coule, ce qui n’est pas souhaitable, nous en avons aussi la capacité, pour peu que les uns et les autres rament à contre-courant du progrès. Gouvernants ou citoyens ordinaires, syndiqués ou «non alignés», tous sont responsables et comptables, au même titre, de la bonne tenue du dialogue social.  Entendu au sens de cette chronique, l’Etat est en droit d’exercer la plénitude de son rôle de garant de l’intérêt général et de la cohésion sociale, tout comme l’ensemble des acteurs peuvent jouir de leurs prérogatives. Bien évidemment, dans le respect des règles établies et en toute responsabilité. Mais encore faut-il savoir aller au-delà des considérations corporatistes, par essence égoïstes, pour privilégier l’intérêt supérieur de la nation. En la matière, les actes sont rares comme des larmes de cheval. Le  dialogue social, prôné et souhaité par tous, ne pourra véritablement prospérer, que dans une certaine culture du compromis, loin d’être un acquis dans la situation actuelle. Les points de convergence, notés au cours des concertations des 28, 29 et 30 mars 2018 entre les travailleurs des finances et leur hiérarchie, à la suite du préavis, devraient permettre d’éviter l’arrêt de travail des 4 et 5 avril, et les nombreux désagréments enregistrés à une période aussi cruciale de l’exercice budgétaire 2018. Il est bien dommage de relever, qu’aujourd’hui les revendications sociales sont conduites et perçues sous l’angle du seul rapport de force entre gouvernants et agents, entre le pouvoir et  l’opposition. Aucune autre forme de considération ne semble admise. Ils ne sont d’ailleurs pas très nombreux, ceux-là qui s’inquiètent de la tournure actuelle des évènements. Même si ces fondements ne sont pas mis à mal, le Burkina vit une difficile reprise économique, consécutive à la période postinsurrectionnelle et transitionnelle et au contexte sécuritaire fragile. Il est alors impérieux, que certains syndicats prennent garde à ne pas mettre le pays à genou, en s’enfonçant dans la lutte radicale.  Le Burkina, quoiqu’on dise, vient de loin, et ne peut plus se permettre de faire des pas en arrière dans la conjoncture actuelle.  Sachons alors raison garder…1
 



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