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Burkina Faso : le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré échangera avec l’opposition politique le jeudi 19 avril 2018 (CFOP).//Arabie Saoudite : Le Président du Faso,  Rock Marc Christian Kaboré assiste, ce 16 avril 2018 à  la clôture de l’exercice militaire dénommé «Bouclier commun du Golfe». //Procès putsch 2015 : l’audience a été renvoyée au mercredi 9 mai 2018.
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Alerte rouge !

15/04/2018
21:32

Plus qu’un grand oral républicain de routine ou un simple «show télévisé » comme l’ont perçu certains Burkinabè, le Discours sur la situation de la nation (DSN) du Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, prononcé le 12 avril, a permis de tirer de nombreux enseignements sur  la marche du pays. Cette adresse à la représentation nationale  a   confirmé une triste  et inquiétante réalité : l’explosion des  charges  de l’Etat,  à un moment où  la conjoncture économique n’est guère favorable.    L’incidence financière  des  revendications   salariales,  tous azimuts, entamées  depuis  deux  ans,  y est  pour beaucoup  dans  cet accroissement  des  dépenses  étatiques.    A   telle enseigne, que le chef du  gouvernement  a fait  observer, sans  ambages, à l’hémicycle, que le  Burkina Faso  vit  « au-dessus de ses  moyens ».   La  masse salariale  a bondi de 86% en 5 ans, passant de 332 milliards de francs CFA  en 2012  à  618 milliards de francs CFA en 2017.  Alors  que la flèche de la  production des  richesses nationales, pendant la même période,  n’a pas suivi le même rythme de progression.   De  quoi   alerter tout Burkinabè  soucieux  de  voir  le pays   vivre des  lendemains  meilleurs.     Le  souci  est d’autant   plus  réel,  que  le « pays des Hommes intègres »   connait depuis l’insurrection  populaire,  une certaine morosité économique, accentuée  par  les nombreuses attaques terroristes. Ces chiffres alarmants n’ont malheureusement pas été au centre des débats dans l’auguste Assemblée, comme on était en droit de l’espérer.  Il ne s’agissait  pas de se tirailler autour des  chiffres exposés par Paul Kaba Thiéba, ce qui semble être devenu le sport-favori des hommes politiques, mais de tabler sur leurs enjeux  dans le contexte socioéconomique actuel. En attirant  avec  insistance l’attention  des députés   sur la question, le chef du gouvernement  voulait manifestement susciter des échanges constructifs et instructifs.  Ce fut un rendez-vous manqué, même  si les «honorables»,  tout comme les forces vives de la nation,  sont très attentifs à l’évolution de la fronde sociale. Il faut  convenir avec le Premier ministre, que l’heure est grave,  à la vue des  revendications sociales, plus ou moins légitimes, mais qui menacent «gravement» l’équilibre macro-économique et les capacités d’autofinancement du pays.  Si les capacités d’autofinancement sont autant inhibées, de quelle marge de manœuvre le Burkina Faso dispose-t-il encore ?   La question vaut son pesant d’or, quand on sait que le Plan national de développement économique et social (PNDES) est financé,  pour une part importante,  sur  les ressources propres de l'État,  à hauteur de 9 825,2 milliards de francs CFA, soit 63,8% du coût total.  Devons-nous continuer à faire la politique  de l’autruche sur cette épineuse question?    Ce  n’est pas une simple  affaire  de chiffres,  comme  a voulu le faire croire un député de l’opposition, pour qui les populations n’en  ont  cure.  S’il est  vrai, que le citoyen lambda a  peu d’intérêt  pour les chiffres,  à cause de leur  caractère  rebutant  ou savant, il  reste  que les parlementaires, eux,  ont ce devoir de les « éplucher »  sous toutes les coutures,   pour  en  tirer  la vraie substance.  Avant tout, le contrôle de l’action gouvernementale,  tous secteurs confondus,  leur  incombe au premier chef,  de sorte qu’ils ont le devoir  d’aller  au fond   des  réalités,  pour le bien du peuple.  On peut faire dire aux chiffres ce que l’on veut,  comme le dit l’adage,   mais l’intervention du Premier ministre ne laisse  aucun  doute,  que le  Burkina est dans une mauvaise direction.  Faut-il alors casser le thermomètre pour ignorer la température, ou bien multiplier les calculs pour noyer le poisson ?  Le DSN a posé un diagnostic réaliste (ça ne fait pas rêver),  rappelant qu’il  faille  vraiment  rectifier le tir,  pour ne pas entrainer le pays dans le gouffre,  par la multiplication des statuts autonomes des travailleurs que chaque syndicat réclame à cor et à cri  et par le maintien des fonds communs à leur taux actuel on ne peut exorbitant et indignant pour le commun des Burkinabè.  En tous les cas, le Premier ministre a tiré la sonnette d’alarme,  c’est  maintenant aux mandants du peuple  de se saisir du problème. On espère donc que l’Assemblée nationale  va s’impliquer sérieusement pour trouver une solution  à  cette croissance vertigineuse et dangereuse des dépenses étatiques au seul profit d’une minorité qui ne représente même pas 1% de la population burkinabè.

Par Mahamadi TIEGNA
mahamaditiegna@yahoo.fr 
    





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