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Aller au peuple

13/05/2018
20:05

Aller au peuple

Le Conseil des ministres du 2 mai 2018 a décidé, entre autres, de la délocalisation de la tenue de certaines de ses séances. Ceci, afin de permettre au gouvernement, en marge des travaux, d’échanger avec les populations sur leurs préoccupations et de prendre le pouls des réalisations du Plan national de développement économique et social (PNDES). Il n’en fallait pas plus pour que l’opposition politique préjuge d’une «décision improductive» et même d’une précampagne du parti majoritaire en vue des futures  échéances électorales. Il faut saluer à ce propos la prompte réaction de l’exécutif, le vendredi 11 mai dernier, avant que la confusion ne s’installe. Le porte-parole du gouvernement a précisé qu’il ne s’agit pas de faire des conseils des ministres délocalisés chaque mois ou chaque mercredi. Mieux, sur les dépenses supplémentaires éventuelles que la mesure pourrait engendrer, il a rassuré qu’une plus grande attention sera accordée à la pertinence des séances extra-muros du conseil et au coût. Et de rassurer qu’il n’y aura aucun excès dans cette démarche qui vise à rapprocher davantage le gouvernement des populations. Loin de la polémique politicienne,  on peut faire observer que la volonté de "déconcentrer" les conseils des ministres participe de l'ambition de  toucher du doigt les réalités concrètes des masses populaires, dans l’optique de vaincre la pauvreté rurale. En somme, aller au peuple, aux citoyens qui ont délégué leur pouvoir de définition et d’organisation du bien commun à leurs gouvernants. Bien souvent, on a tendance à croire que tout se passe à Ouagadougou et que tout doit venir de la capitale pour s’imposer aux populations de l’intérieur du pays. Sans plus. La tenue des conseils des ministres en région est d’autant plus importante qu’elle rompt avec une acception utilitaire du peuple et des populations, car elles ne sont pas très nombreuses, les formations politiques qui songent (hors campagne électorale, précampagne et calculs divers), à ce besoin de contact permanent avec leurs mandants à la base. Si un conseil des ministres peut braquer tous les regards sur une région, permettre à ses forces vives de partager directement leurs préoccupations avec le gouvernement, à la restauratrice et à l’hôtelier du coin d’augmenter ses ventes et d’afficher complet même occasionnellement, il est un hymne au développement local, une des clés de la vitalité du pays. Se contenter des rapports produits par les différents démembrements de l’Etat dans les collectivités est un exercice reposant et même moins coûteux à courte vue. Il ne permet pas, en revanche, d’avoir une fine saisine des réalités qui contrarient très souvent les certitudes. C’est sur le terrain qu’on peut découvrir que certains services déconcentrés clôturés sur papier ne le sont pas en réalité, que la multitude de forages positifs réalisés n’a pas eu raison de la corvée d’eau dans certains villages. Du reste, le président Roch Marc Christian Kaboré reste dans sa logique inscrite dans son programme et répétée à satiété aux fonctionnaires dans le cadre du dialogue social. Les "dividendes ou fruits de la croissance’’ doivent donc être équitablement répartis afin que personne ne soit laissé sur le bas-côté de la route selon son credo. Ceux qui crient haro sur le baudet de nos jours seront du reste les premiers à "investir" les campagnes si d'aventure ils venaient à être portés aux affaires. Comme nous l'avons souligné, la contradiction fondamentale à résoudre ici au Burkina est cette lutte acharnée contre cette misère rurale sur fond de pesanteurs socio-économiques, creusant davantage le fossé entre villes et campagnes. Trêve donc de populisme à la petite semaine d'autant que si le gouvernement sort de l'argent en tournant, il apporte aussi de l'argent frais aux populations visitées et vivifie leur tissu économique. In fine donc, une "œuvre de salubrité " sociale et économique.

Par Mahamadi TIEGNA
mahamaditiegna@yahoo.fr


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