Suivez-nous                                                                                                   Contactez-nous  +22625312289
Flash info :

En attendant le prix du meilleur patron de presse

21/05/2018
00:10

La 21e nuit des Galian a livré son verdict, le vendredi 18 mai 2018 dans la salle des Banquets de Ouaga 2000. Pour les plus de 170 journalistes méritants qui ont candidaté au prix d’excellence dans les différents genres rédactionnels, il n’y avait évidemment pas de couverts pour tous au festin. A l’arrivée, une cinquantaine de confrères de l’audiovisuel public, privé, de la presse écrite et en ligne ont été servis au titre de l’année 2017 pour la qualité de leurs productions journalistiques et techniques. Fait notable, le journal Le Pays est le deuxième organe de presse à inscrire son nom au palmarès de la plus haute distinction, le Super Galian, l’une des innovations majeures de l’édition précédente du concours, à la suite de la Télévision nationale. Ce mérite (cette consécration) du «Pays réel» consacre 27 ans de travail journalistique formidable aux côtés des autres entreprises de presse privées en vue de donner un autre son de cloche de l’actualité et de ses enjeux dans le but de participer à l’ancrage de la démocratie au Burkina Faso dans le sillage du discours de la Baule et du boom médiatique qui en a résulté. Bien évidemment, la tendance qui faisait certains organes de presse privée, le repère de praticiens sans formation et souvent sans un bon niveau de base, ce malgré le potentiel des jeunes formés au métier de journaliste, est en train de s’inverser. En témoigne le rapport 2018  très flatteur de Reporters Sans Frontières (RSF) pour le Burkina Faso, classé parmi les réussites du continent en matière
de liberté de presse (réelle mais encore fragile, selon RSF), de pluralité, de dynamisme et le professionnalisme de son paysage médiatique. Il y a toutefois un bémol, car le sensationnalisme (journalisme jaune) guette encore, pour des considérations commerciales, d’image ou d’audience et sur la base de sources prétendument «sûres». Il y a lieu néanmoins, à la lumière de ce triomphe relatif des médias privés à la 21e nuit des communicateurs, d’appeler les différents patrons de presse à un peu plus d’égard sur la situation sociale de leurs journalistes. Jusque-là, en effet, des hommes et femmes de médias, nonobstant la Convention collective des journalistes, signée depuis le 6 janvier 2009, continuent de recevoir des rémunérations très aléatoires, parfois dérisoires et sans contrat de travail. Ce qui alimente un turn-over quasi-permanent des journalistes migrants d’un promoteur à l’autre, vers l’horizon des promesses de meilleures conditions de travail. Le lieu aussi d’interpeller l’Etat par rapport à ses engagements vis-à-vis de la presse privée dans cette Convention collective. Si l’Etat lui-même est défaillant dans le respect des dispositions de la Convention, des patrons de presse trouveront une raison pour payer des salaires dérisoires à leurs agents. Vivement que les parties fassent de cette convention une réalité.
En attendant, les Galians constituent une juste reconnaissance du mérite de ceux et celles qui, par leur travail quotidien de journaliste, contribuent  à la bonne gouvernance, à l’ancrage de la démocratie et à l’avancée des causes justes. Pour motivantes qu’elles soient, ces récompenses ne sauraient en rien éluder la question de précarité ambiante dans le secteur médiatique. L’institution du prix du meilleur ou de la meilleure patronne de presse ne sera pas de trop. Il rappellera (i) constamment les traînards à leurs obligations sociales, car une plume affamée est une plume à vendre.

Par Mahamdi TIEGNA    



59
Partager sur Facebook

> Recherche



>SOURIRE DU JOUR




>IMAGE DE LA CITE






> Edito

11/11/2018 20:24
04/11/2018 21:38
 

 



> Inscrivez-vous à la Newsletter

Newsletter

> Conseil des ministres


Voir tous les comptes rendus