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Le triomphe du réalisme ?

27/05/2018
21:46

Le Burkina Faso et la République populaire de Chine ont renoué leurs relations diplomatiques après près d’un quart de siècle de rupture unilatérale par la partie chinoise. Ce qui donc se murmurait dans les salons feutrés est devenu réalité depuis le 24 mai 2018 avec la sortie de Alpha Barry, chef de la diplomatie burkinabè. Qu’on se comprenne, les Etats dans leurs relations n’ont pas d’état d’âme, ils sont guidés par des intérêts. Et si les intérêts stratégiques de notre pays, contenus dans le référentiel du pouvoir du président Roch Marc Christian Kaboré et surtout dans le Plan national de développement économique et social (PNDES) peuvent bénéficier d’une attention particulière auprès de Pékin, alors, bienvenue aux partenaires de la République populaire de Chine. La Chine populaire revient au Burkina, un pays qu’il n’a jamais vraiment quitté. En témoigne la vitalité des échanges commerciaux entre les opérateurs économiques des deux pays prouvant que là où s’intensifie l’économique, le politique ne peut que suivre. Et aujourd’hui, sur le plan international, la Chine populaire, première puissance économique, première destination de toutes les grandes nations revient dans un pays qu’elle connaît très bien. Un ouf de soulagement dans certains milieux burkinabè qui ne comprenaient pas que le Burkina ne marque pas le pas, hésite à renouer avec la Chine populaire. L’avènement du MPP au pouvoir avait ouvert la voie à l’espoir de revoir Pékin à Ouagadougou qui n’est jamais partie. En tout cas, selon l’Association les Amis de la République populaire de Chine au Burkina Faso qui travaille pour « la promotion de la Chine populaire auprès des couches socioprofessionnelles du Burkina, entre 2009 et 2013, les droits de taxes douanières collectés par le Burkina sont passés de 30,777 milliards de FCFA à 53,678 milliards de FCFA». Le président de l’association, Moussa Sanou, dans un plaidoyer, invitait le gouvernement à «une reprise de la coopération entre la Chine populaire et le Burkina Faso. Car les échanges entre la Chine et le Burkina Faso sont devenus importants. C’est un fardeau pour les hommes d’affaires burkinabè qui vont en Chine et les Chinois qui viennent au Burkina Faso». Tout compte fait, le pays des Hommes intègres que Taïpei courtisait, chaque jour, faisait partie des «grosses» prises diplomatiques de Taïwan que l’Ile de Formose pour rien ne voulait perdre.   Ainsi, comme si elles sentaient venir la rupture, les autorités de taïwanaises, la présidente Tsai Ing-wen a demandé au ministère des Affaires étrangères de revoir tous les programmes d’aides «parce que l’année  2017 sera tendue pour Taïwan». Sur le plan local, l’ambassadeur de Taïwan aura parcouru le pays des Hommes intègres du Nord au Sud et de l’Ouest à l’Est pour montrer l’exemplarité de la coopération avec Taïpei. Les deux semaines écoulées auront été médiatiques pour l’ambassade de Chine Taïwan au Burkina. Des inaugurations, des dons en matériels et en espèces sonnantes et trébuchantes en passant par des visites d’experts venus de Taïpei pour faire le point de la coopération avec le Burkina Faso. Tout a été mis en oeuvre pour rappeler et insister sur l’importance de cette coopération vieille de plus de 20 ans au bénéfice des deux parties. Ces rumeurs de suspension des relations diplomatiques avaient choqué le diplomate taiwanais à Ouagadougou qui ne semblait plus tranquille parce que hormis le Swaziland, le Burkina Faso est le seul partenaire sérieux de Taiwan en Afrique. Malgré les multiples campagnes de communication à travers le pays, pour montrer l’excellence des relations entre nos deux pays, tout portait à croire que l’orage se préparait. La visite déclinée de la présidente de Chine Taïwan au Burkina Faso en avril 2018 et le refus de la visite de certains ministres burkinabè à Taipei n’auraient pas été de bon augure. La jauge attendue était la tenue effective en septembre 2018 à Taipei de la commission mixte de coopération Burkina-Taiwan. Tout le monde avait le regard braqué sur la tenue de cette commission mixte pour savoir que les lignes n’auront pas bougé. Voilà que le Burkina Faso a décidé de suspendre, ce jour, 24 mai 2018, sa coopération avec Taiwan. En scellant les nouvelles  retrouvailles avec Pékin, les autorités burkinabè auront « xw » appris la leçon de la politique d'une seule Chine qui est une condition sine qua non politique et la base pour l'établissement et le développement des relations diplomatiques de la Chine avec notre pays.  En outre, le gouvernement burkinabè devra soutenir les projets d’unification pacifique de la Chine puisque la Grande Chine entend amener avec elle sa petite soeur, l’Ile de Formose pour prétendre devenir la première puissance du monde.  Ce divorce « brusque et soudain» entre les deux tourtereaux, estiment les observateurs, indique, s’il en est encore besoin, qu’il a fallu un brin de courage et de détermination aux autorités afin qu’elles prennent la résolution de rejoindre la Chine populaire.  Avec cette reprise des relations entre le Burkina Faso et la République populaire de Chine, des entreprises chinoises pourront s’investir dans plusieurs secteurs en collaboration avec les entreprises locales. Les grandes ambitions du Burkina Faso dans le domaine de l’énergie solaire avec les délestages que connaît la capitale Ouagadougou, de la construction de barrages hydroélectriques et des routes, de la formation professionnelle, de l’agriculture ont besoin de l’accompagnement et de l’expertise d’un pays telle la République populaire de Chine, ce pays disposé à accompagner et soutenir les pays africains. Renouer avec la Chine serait comme animé par le réalisme en se donnant les moyens de sa politique. Pourtant avant de convoler en justes noces avec la nouvelle dulcinée, il faudra tout de même faire le point de notre coopération avec Taiwan et voir comment seront gérés les channtiers inachévés de Taïwan.  « Le triomphe du réalisme » comme l’a dit quelqu’un pour marquer la reprise des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine. Une page se tourne donc avec Taipei qui durait depuis le 2 février 1994. Et une autre s’ouvre avec Pékin, le 24 mai 2018. Ainsi va la vie, ainsi vont les relations entre Etats.

Par Mahamadi TIEGNA
mahamaditiegna@yahoo.fr 






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