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Et si le bon exemple venait d’abord de VOUS ?

31/05/2018
23:30

Qui veut aller loin ménage sa monture, dit l’adage. Quand on veut vraiment se développer, il y a des sacrifices à consentir, sans fléchir. A l’échelle d’une famille, on est prêt à serrer la ceinture pour assurer un meilleur futur à sa progéniture ; on réduit sa ration quotidienne et ses petits caprices pour bâtir la maison de sa vie ; on prend un prêt assorti d’un tableau de bord clair pour les dépenses ; chaque pièce est comptée ; chaque morceau de matériaux est récupéré pour être exploité ailleurs ; on ne jette même pas les briques cassées ; on ne gaspille pas les ressources de la famille quand on est ambitieux mais pauvre. Quand vous prêtez de l’argent à un pauvre et celui-ci utilise cet argent pour satisfaire de puérils fantasmes, il y a de quoi tomber des nues. Quand un mendiant utilise sa bourse d’aumône pour s’offrir « les chaussures du roi Makoko », faut-il en rire ou en pleurer ? Il marchera sous les ovations des badauds mais il n’ira nulle part, malgré les dorures de ses sandales. Il y a des gens qui sont prêts à tous les supplices pour atteindre un noble but ; ils travaillent dur, sans relâche ; ils dorment parfois avec la faim pour être sûrs d’aboutir à leur fin au réveil. Quand ils atteignent un but, ils en placent un autre plus grand, plus haut. Pour ces gens, même le ciel n’a pas suffisamment de cran pour obstruer leur passage. Combien sommes-nous, Burkinabè du haut de notre « intégrité » à mouiller le maillot pour nous-mêmes, nos enfants, notre famille ? Combien sommes-nous, dignes fils de ce pays à serrer la ceinture pour donner le bon exemple, au-delà des limites de notre nombril ?


Il y a un proverbe moaga qui dit que le profond sommeil se reconnaît dans la façon de somnoler du dormeur. Dans ses ouvrages intitulés La natte des autres, ou A quand l’Afrique ? Joseph Ki-Zerbo dit en substance que rien ne sert de courir, il faut partir à point. Pour lui, il n’y a pas de développement véritable en état de dépendance. Nous devons nous frayer notre chemin et ce chemin ne passe pas forcément par les géométries de la main tendue. Ce chemin ne passe pas forcément par la tour Eiffel ou la statue de la Liberté. Il y a une part de nous-mêmes dans le développement que nous voulons imprimer. Il n’y a pas de développement prêt-à-porter. Nous ne sommes même pas obligés de rattraper le fameux « train à grande vitesse ». Voilà pourquoi tout un président de la République avait comme voiture de service une Renault 5 ; le 19 février 1984, en déclarant ses biens il disait ceci : 
«  j’ai un salaire de 138 736 F 
CFA… ». Quand on lui faisait un cadeau, il le reversait aussitôt au Trésor public pour le peuple. Il n’avait qu’une seule parcelle en son nom. Aujourd’hui, il y en a qui appellent les autres à serrer la ceinture pendant que eux ils ajoutent des trous à leur ceinture. Aujourd’hui, il y a des Burkinabè qui ont des vingtaines, voire une centaine de parcelles pendant que la veuve et l’orphelin sont menacés de déguerpir pour céder leur parcelle ou leur non-loti à un plus nanti. Pendant que l’ambulance agonise en allant secourir, eux, ils se taillent des bolides confortables pour mieux servir leur pays. Pendant que la Nationale de la lumière peine à briller plus qu’une luciole, on accouche la parturiente avec une torche de téléphone.


«35 berlines et 5 pick up dont le coût est de 1 milliard 275 millions 350 mille F CFA et 19 V8 pour un coût d’1 milliard 724 millions 250 mille F CFA », c’est bien justifié ! C’est curieux et même renversant de voir que l’austérité tant clamée n’est qu’une priorité à l’envers. On ne crie pas à la disette en gaspillant ses maigres ressources dans le superflu. Faites le calcul et dites-nous combien coûte une V8 et combien de litres d’essence elle consomme au km. Mais il y a des commis de l’Etat qui ne roulent qu’avec ces véhicules, aux frais du contribuable. Un ministre de la République et un président d’institution, « ne sont pas des citoyens comme les autres » certes, mais a-t-on vraiment besoin de tant de milliards pour changer leurs montures en pleine période de soudure ? Est-ce un totem pour un ministre d’aller au service à bord d’une Peugeot 205 climatisée ou mieux avec sa propre voiture ? Chez nous, l’espérance de vie d’une voiture de l’Etat, nouvellement sortie d’usine ne vaut même pas dix ans ; la même voiture confiée à un « digne Burkinabè » roulera à vie sans un seul problème de rotule. On ne roule pas en « France au revoir » à ses frais, pour exiger du peuple le confort qui grève son coffre-fort, juste pour « bien faire son travail ».  C’est amusant de voir qu’il y a un divorce entre le discours et les faits. Il y a loin de la coupe aux lèvres. Si seulement le bon exemple pouvait venir de vous, « nous vous croirions, nous vous suivrions » ! Hélas ! En vérité, le meilleur « talisman » du développement, c’est la volonté !


Clément ZONGO
 clmentzongo@yahoo.fr





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Commentaires - Ajouter un commentaire - Voir tous les commentaires (1)
Posté par Marc Aristide Kaboré - 08/06/2018 à 11:49:51
Je suis du même avis que toi mon frère. Le développement ne peut commencer que par la volonté de changer de mentalité; une mentalité positive pour le bien être collectif, car il n'existe pas de dévelo...

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