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Balle à terre

25/06/2018
03:42

Le président du Faso,  Roch Marc Christian Kaboré,  a bouclé une semaine politico-médiatique chargée par un entretien télévisé, hier dimanche 24 juin.  Après la conférence de presse animée à Bobo-Dioulasso à l’occasion de ses cent premiers jours à la tête de l’Etat (3 avril 2016) et l’entretien télévisé en direct avec une dizaine de journalistes au terme de sa première année de mandat (29 décembre 2016), c’était le troisième face-à-face du Président Kaboré avec ses concitoyens par l’entremise du petit écran. Cette fois-ci, le rendez-vous médiatique a coïncidé avec le «mi-term» du chef de l’Etat investi le 29 décembre 2015 pour un mandat de 5 ans. C’est donc une intervention aux allures de bilan de mi-mandat que les Burkinabè ont suivie, en direct sur les trois principales chaînes de télévisions du pays (RTB, BF1 et Burkina InfoTV). Exercice quasi systématique dans de nombreuses traditions démocratiques, les bilans de mi-mandat obéissent à un souci de transparence et de redevabilité, deux concepts particulièrement chers au président Roch Marc Christian Kaboré, dans la gestion des affaires au sommet de l’Etat.  Tout au long de l’heure d’échange, le pragmatisme de l’économiste l’a emporté sur le dogmatisme politique, pour ne pas dire militant, qui pourrait caractériser ce genre d’entretien. Les premières quinze minutes ont été consacrées au front social en ébullition où les syndicats des Finances viennent de reconduire une grève, il faut le dire, paralysante et dommageable pour l’économie. Faut-il y voir une incapacité du gouvernement à juguler les problèmes posés ou simplement une certaine forme de lutte syndicale avec des agendas cachés ? Sur la question, le président du Faso s’est voulu très pédagogique. Selon lui, les trois points d’accords entre les syndicats et le gouvernement auraient pu faire l’objet d’un accord partiel avec la poursuite des discussions sur les deux autres points qu’il a clarifiés pour la première fois : la sécurisation du fonds commun (adoption d’une loi pour le consacrer) et le check-off (prélèvement à la source des  cotisations syndicales). Le chef de l’Etat a, par ailleurs, précisé que la démarche du gouvernement procède, non pas de la volonté de nuire à qui que ce soit, mais  de s’assurer de la soutenabilité du fonds commun, passé de 4 milliards à 55 milliards de F CFA. Avec des risques d’hypothéquer les investissements productifs, voire le paiement régulier des salaires des travailleurs du secteur public. Il a lancé trois fois, au cours de l’entretien, un appel aux grévistes à lever le mot d’ordre de grève, à reprendre les activités au nom de la continuité du service public et à renouer le fil du dialogue, les rassurant au passage au sujet du recrutement de remplaçants : «aucune disposition n’a été engagée». La fronde sociale ne semble pourtant pas avoir entamé la volonté présidentielle d’insuffler une nouvelle dynamique à l’économie nationale notamment : par l'achèvement des grands travaux infrastructurels dont la route du bétail (Djibo-Kongoussi-Ouaga- Lomé), celle qui va «ouvrir» le grenier du Burkina  (la Boucle du Mouhoun) aux autres régions (Nord, Hauts-Bassins, Centre). A bien écouter le Président, le pays fait mieux que se défendre dans un contexte économique international et sous régional de morosité. Le chef de l’Etat a avancé des chiffres de 6,7% de croissance en 2017  et des taux appréciables de mobilisation des ressources internes du PNDES, soit 85%.  Mais loin de se satisfaire des acquis, le chef de l’Etat a appelé ses compatriotes « à maintenir les efforts, à se remettre au travail» pour transformer les promesses des chiffres en réalités concrètes dans le panier de la ménagère. Se projetant surtout sur l’autre moitié de son mandat, le chef de l’Etat n’a même pas fait cas de la réussite saluée par la communauté internationale de l’emblématique mesure de gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de zéro à cinq ans et qui profite à 30% de ses concitoyens. Il n’a pas évoqué non plus le recrutement de 16 mille Agents de santé à base communautaire (ASBC), la réalisation de plusieurs milliers de forages, la construction ou la normalisation de presqu’autant d’écoles. Il s’est plutôt préoccupé des difficultés de fonctionnement des hopitaux de référence du pays, des défis de l’offre énergétique. Selon le président du Faso, il faut résoudre les problèmes structurels au préalable. Très précis et à l’aise sur les acquis du Plan national de développement économique et social, le président Roch Marc Christian Kaboré a annoncé qu’en deux ans et demi, au moins 190 mille emplois directs ont été créés sur les 650 mille prévus au terme de son quinquennat. La restauration de l’autorité de l’Etat, l’un des engagements du mandat se heurte à une dure réalité : «tout le monde veut le changement, mais personne ne veut changer», a-t-il relevé, avant de marteler que, passée l’étape de la sensibilisation, la loi s’appliquera dans toute sa fermeté. Sans affirmer pouvoir venir à bout «à 100%» de l’hydre terroriste d’ici la fin de son mandat, Roch Marc Christian Kaboré a fait le constat de la «montée en puissance» du dispositif sécuritaire et de renseignements, traduisant, au passage, la reconnaissance de la nation aux forces de défense et de sécurité. Dans l’ensemble, selon le président du Faso, le navire Burkina est à flots, mais  
pour le mener à bon port, il convient que chaque acteur puisse mettre balle 
à terre.

Par Mahamadi TIEGNA
mahamaditiegna@yahoo.fr 



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