Suivez-nous                                                                                                   Contactez-nous  +22625312289
Flash info :

Vieille ville de Jérusalem : Visite guidée d’une cible terroriste

05/07/2018
10:52

Jérusalem a été à la Une des médias internationaux ces dernières semaines. La raison, des heurts et des morts dus au transfert de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à cette ville. Mais qu’y a-t-il de particulier pour susciter autant de tensions entre Palestiniens et Israéliens ?

Mardi 5 juin 2018. Nous voici dans la ville mythique de Jérusalem d’Israël dont parle la sainte Bible. Ce qui frappe le visiteur, c’est l’unicité des couleurs des constructions. Elles sont toutes jaunâtres et grisâtres. Ici, tout le monde a l’obligation d’utiliser la pierre de Jérusalem pour les façades des constructions ; ce qui garantit l’unicité et la préservation de la ville.  En cette matinée du 5 juin, nous embarquons dans un bus à destination de la vieille ville, l’ancienne partie de Jérusalem. L’air est frais tandis que le soleil projette ses premiers rayons sur la cité. Les commerces s’ouvrent les uns après les autres. Quelques minutes de route et nous apercevons un long et haut mur aux blocs de pierres innombrables. C’est la grande muraille de la vieille ville, renseigne le guide Richard Belhamou. Logée au cœur de la ville sainte, la vieille cité se distingue par son impressionnante muraille construite vers 1517 par les Ottomans. D’une superficie d’1 km, la vieille ville suscite bien de curiosité. Il est 9h. Nous arrivons à l’une des 8 portes d’entrée que compte la vieille ville. Le soleil continue de darder l’impressionnante muraille de ses rayons matinaux. Des véhicules de transports nous ont précédés à cet endroit. Preuve que d’autres visiteurs y sont rentrés. Avant de débarquer de notre bus, le guide Richard Benhamou donne des consignes claires : « Soyez prudents et ne cédez pas à la provocation. Nous sommes en période de Ramadan et il pourrait y avoir des tensions du côté des mosquées que nous allons visiter tout à l’heure». A la queue-leu-leu, les passagers du bus descendent et se dirigent  vers  la porte d’entrée. A peine le seuil de la porte multi-centenaire franchi qu’un dispositif sécuritaire se dresse devant nous. Des barrières policières. Leur rôle, séparer le passage des musulmans de celui des autres. Et ce n’est pas tout. A quelques mètres du premier lieu de contrôle, est implanté un autre. Celui-ci consiste à passer tout visiteur et ses objets au scanner. Les caméras et les appareils photos sont soigneusement inspectés pour éviter le scénario qui a emporté le commandant Massoud en Afghanistan en 2001 lorsque des terroristes se sont déguisés en journalistes, et ont fait exploser leur «camera». Nul n’entre dans la vieille ville s’il ne montre patte blanche. Au terme des contrôles, les dernières consignes sont données par un policier en uniforme bleu, pistolet automatique bien attaché à la cuisse. Visiblement tendu, il prévient avant de céder le passage: « Ici, vous ne devez rien dégrader, ni rien emporter ».  A l’intérieur de cette cité bâtie sur une colline, le visiteur est ébahi par le caractère gigantesque et pittoresque des constructions faites essentiellement de pierres taillées typiques à Jérusalem. Le sol est colonisé par de grands pavés. Le temps a fait son œuvre par endroits, mais l’essentiel y demeure. Et le visiteur ne peut que se poser des questions sur ces constructions séculaires. Comment se sont-ils pris pour ériger cette forteresse ?  Au loin, l’on aperçoit des hommes et des femmes au pied d’un long mur. Ils occupent le même espace géographique mais sont séparés par des installations mobiles. « Voyez-vous ce monde qui bouge un peu plus bas devant vous? Demande notre guide. « Oui », répondent les visiteurs venus de l’Afrique francophone. «Ce sont de gens venus prier devant le Mur des lamentations », explique Richard Benhamou. Appelé le Kotel, plus connu comme Le Mur occidental, ou encore le mur des Lamentations, il s’agit d’un vestige frappant du mur externe du Mont du Temple où le roi Hérode, il y a environ 2000 ans, avait fait construire le  deuxième Temple. Les gens y vont à n’importe quelle heure du jour et de la nuit pour prier, nous apprend-on. Les femmes d’un côté et les hommes de l’autre. L’espace peut accueillir 250 000 fidèles. L’accès au Mur est conditionné chez les hommes par le port d’un chapeau ou d’un bonnet sur la tête et un foulard chez les femmes. Des chaises blanches en plastique, des tables et des livres saints sont déposés devant le mur pour plus de commodités de méditation. Mais seuls les Juifs peuvent y réciter des textes saints. Ils sont reconnaissables par leurs vêtements, leurs grands chapeaux noirs ou encore leurs petits bonnets (kippa) vissés sur la tête. Dans les creux et fissures du géant mur sont glissés, comme des cancrelats, des milliers de bouts de papiers. Chacun porte une prière sortie des entrailles de millions d’autres laïcs qui y ont eu accès. Pour y arriver, il faut se soumettre à un autre niveau de contrôle policier de même type que ce qui existe dans les aéroports. Le mur des Lamentations constitue la limite des quatre quartiers de la vieille ville. Dans le sens des aiguilles d’une montre du Sud à l’Est, dit-on, il y a le quartier juif, le quartier arménien, le quartier chrétien et le quartier musulman. Les gens y viennent jour et nuit pour prier. 


Les rondeurs féminines interdites


Un peu plus à l’Est du mur se trouve le Mont du Temple encore appelé l’Esplanade des Mosquées. Dans l’Antiquité, le Temple de Jérusalem, haut lieu saint du judaïsme, s’y dressait, selon les écritures. De nos jours sont visibles le Dôme du Rocher construit au VIIe  siècle et la Mosquée d’Alaq-sa. Le Dôme du Rocher est décoré d’admirables motifs géométriques bleus, verts ou jaunes. Sa toiture dorée scintille aux rayons solaires. Les femmes n’y accèdent que si elles sont bien couvertes. Celles qui s’y aventurent en mini-jupes ou en robes moulantes sont priées de porter de longues jupes vertes disponibilisées à cet effet ou de rebrousser chemin. Et selon les trois religions, c’est à cet endroit qu’Abraham aurait fait son sacrifice à la demande de Dieu. Et en face du Dôme du Rocher se dresse la Mosquée d’al-Aqsa, elle aussi construite au VIIe siècle. C’est là-bas que le prophète Mohamed s’était élevé au ciel. Elle fait partie, avec le Dôme du Rocher, d’un ensemble d’édifices religieux que l’on trouve sur l’Esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam sunnite après la Mecque et Médine. Dans cette mosquée, les visiteurs non musulmans ne sont pas les bienvenus. A quelques mètres de la mosquée, des policiers bien armés surveillent les faits et gestes. Ce sont des unités antiterroristes déployées, au regard de la sensibilité de la zone en ce mois de Ramadan. Soudain, une voix forte se fait entendre du côté du Dôme du Rocher. Un homme qui était assis à l’entrée de l’édifice crie de toutes ses forces et gesticules. A pas pressés, il avance vers un jeune couple qui tente d’immortaliser son passage au Dôme. L’homme proteste contre un couple asiatique qui s’était enlacé pour un selfie non loin de l’édifice religieux. Les deux amoureux, ébaubis, les yeux hagards, quittent précipitamment les lieux sans demander leur reste. «C’est interdit  qu’un homme et une femme se touchent dans ces lieux», nous apprend notre guide. 


Travail titanesque de la police


Un peu plus au nord se trouve la basilique du Saint-sépulcre. Il s’agit d’un sanctuaire regroupant le lieu de la crucifixion (le Golgotha) et la grotte où le corps de Jésus Christ a été déposé après sa mort. De riches décorations, des sculptures et toutes sortes de gravures murales traduisent le vécu du Christ. Ce haut lieu de la chrétienté accueille depuis le IVe siècle des millions de pèlerins. Des centaines de visiteurs, en l’occurrence des Occidentaux et des Asiatiques s’y bousculent, chaque jour, qui, pour prier et faire des prises de vue, qui, pour voir de visu ce qu’ils ont lu dans les Saintes écritures. Véronique et Pierre, deux Français, les chevelures bien grises, rencontrés sur les lieux, ne cachent pas leur grande joie après avoir visité ce lieu dont parle la Bible. «Nous sommes très contents d’avoir visité la Basilique. C’est extraordinaire et simplement indescriptible», confient-ils le sourire aux lèvres. Mais au-delà des lieux saints, une autre vie se mène dans la vieille ville. La cohabitation est pacifique entre les différentes communautés si bien que l’on traverse les quatre quartiers sans le moindre heurt. Dans les longs couloirs de la cité, se côtoient des habitats et des commerces de toutes sortes. Les touristes achètent ce qui peut l’être ou se contentent d’admirer les articles. Les objets de piété et autres souvenirs trouvent des preneurs. 
Et si les incidents sont de plus en plus rares dans la vieille ville, selon le porte-parole de la police de Jérusalem, Micky Rosenfeld, c’est parce qu’un travail de prévention y est mené. Depuis 1967, la vieille ville est gouvernée par Israël même si son administration relève de la tradition jordanienne appelée Waqf. Les questions sécuritaires restent du ressort d’Israël. 800 policiers dont 80 pour cent en uniforme et 20 pour cent en civil veillent sur la vieille ville. Ce nombre varie en fonction des événements. Ils ont au maximum une minute pour répondre à toute attaque terroriste. 360 caméras de surveillance séparées les unes des autres de 20 m filment la vie de cette cité 24h/24. Leurs données sont traitées par 16 policiers pour aider les unités à prévenir les incidents. Et pourtant, malgré sa sensibilité, environ 5 000 000 de visiteurs y sont enregistrés chaque année. Sauf que dans la vieille ville, les règles sont strictes et la police ne badine point. La zone étant située à 7 mn de marche du quartier musulman Silwan (sud-est) d’où sont déjà venus des terroristes. « La vieille ville est une zone très sensible et la menace est réelle. C’est pourquoi la police doit rester vigilante », conclut son porte-parole Micky Rosenfeld.


Enok KINDO 
de retour de Jérusalem




244
Partager sur Facebook

Commentaires - Ajouter un commentaire - Voir tous les commentaires (1)
Posté parAlbeldi - 04/07/2018 à 19:29:24
Un article biaisé qui relève plus de la visite touristique d'un journaliste complaisant que d'un travail d'enquête digne de ce nom. Comment minorer la brutale colonisation de cette ville par Israel qu...

> Recherche



>SOURIRE DU JOUR




>IMAGE DE LA CITE






> Edito

 

> Chronique du vendredi




> Inscrivez-vous à la Newsletter

Newsletter

> Conseil des ministres


Voir tous les comptes rendus