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Il y a un lien entre l’ulcère de Buruli et le changement climatique

16/09/2014
13:14

Des chercheurs de l’IRD, de l’université de Bournemouth et du centre hospitalier de Cayenne viennent d’établir un lien direct entre une maladie émergente en Amérique latine, l’ulcère de Buruli, et le changement climatique. Leur étude montre en effet une corrélation entre les pics épidémiques de cette infection depuis 40 ans et les épisodes pluvieux dont les perturbations sont de plus en plus fréquentes du fait du réchauffement de l’océan Pacifique. 

Il n’y a pas que les menaces accrues de tempêtes, inondations, sécheresses et canicules que les Hommes devraient endurer du fait du changement climatique. 

D’autres risques sanitaires en effet se dessinent à en croire un comité de chercheurs. Il s’agit selon eux de risques liés à des maladies nouvelles  causées par un agent infectieux (virus, bactérie, parasite) jusque là inconnu ou qui évoluent sous l’effet notamment des variations du climat. 

Ce sont des maladies infectieuses dites « émergentes » ou « ré-émergentes », comme les leishmanioses, la fièvre du Nil occidental, etc. Des pathologies qui  d’après l’OMS provoquent, un tiers des décès dans le monde, principalement dans les pays en voie de développement.

Les scientifiques expliquent cette diffusion accrue de pathogènes et de leurs vecteurs et/ou réservoirs par la modification des conditions de température et d’humidité des milieux naturels. Ce qui crée l’abondance tout en transformant les cycles biologiques et les traits d’histoire  de vie  de ces microbes et partant, les dynamiques de transmission de ces agents infectieux. Mais tous ces effets demeurent peu expliqués, reconnaissent les chercheurs parce qu’ils exigent une compréhension de l’évolution spatiale ou temporelle sur le long terme des phénomènes. D’où la difficulté d’établir un lien direct entre les variations climatiques et l’évolution globale des pathologies infectieuses.

Cependant, une étude de chercheurs de l’IRD et de leurs partenaires montre pour la première fois la relation, sur une période de 40 ans, entre le changement climatique et les épidémies d’une maladie émergente en Amérique latine : l’ulcère de Buruli.

Il en ressort que le réchauffement des températures de surface de l’océan Pacifique tend à augmenter la fréquence des événements El Niño (un courant chaud à la période de Noël), qui frappe en particulier l’Amérique centrale et du Sud environ tous les cinq à sept ans, provoquant des vagues de sécheresse. 

 Baisse  des  pluies  et épidémie

L’équipe de recherche a comparé les changements de pluviométrie dans la région avec l’évolution du nombre de cas d’ulcère de Buruli enregistrés en Guyane française depuis 1969 et a observé leurs corrélations statistiques.

La multiplication de zones d’eaux stagnantes du fait de la réduction des pluies et de leurs écoulements, démontre l’étude, constitue une source de prolifération de la bactérie responsable. 

La plus grande accessibilité des habitats marécageux qui en résulte facilite leur fréquentation par les humains (pêche, chasse, etc.) et intensifie ainsi leur exposition au micro-organisme. Une possible recrudescence de cas d’ulcère de Buruli dans la région est à craindre, soulignent les chercheurs au regard des conditions pluviométriques de ces dernières années. 

Toutesfois, précisent ceux-ci, il est nécessaire de prendre en compte un ensemble de paramètres et leurs interactions car « Contrairement à l’idée admise, moins de pluies ne signifie pas à coup sûr une baisse de la prévalence de maladies infectieuses comme le montre cet exemple ». 

Il en est de même selon eux du réchauffement atmosphérique attendu.  Celui-ci en effet pourrait offrir des conditions de température impropres au cycle de développement de certains agents pathogènes, comme pour le paludisme en Afrique.

Voro KORAHIRE


Bon à savoir sur l’ulcère de Buruli

L’ulcère de Buruli est une maladie chronique débilitante de la peau et des tissus mous pouvant entraîner des déformations et des incapacités permanentes.
Au moins 33 pays sont touchés, dont 15 notifient entre 5 000 et 10 000 cas chaque année.
La plupart des cas surviennent dans des communautés rurales en Afrique subsaharienne et en Amérique du Sud, où des cas sont répertoriés depuis la fin des années 1960, essentiellement en Guyane française. Une association d’antibiotiques permet cependant de guérir 80 % des cas détectés à un stade précoce.


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