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L’Afrique des élections : Voter pour ôter

11/07/2018
18:15

En Afrique, 2018 ressemble, sur le plan des élections, à 2010, l’anniversaire des cinquante ans d’indépendance sur le continent. Pas moins d’une dizaine de pays devront passer par l’étape des urnes pour consolider les pouvoirs ou voir émerger une nouvelle classe de dirigeants.

Tout le mal à souhaiter à ces pays est que le processus se déroule dans l’esprit de tolérance pour conforter les démocraties. Le hic c’est qu’en Afrique, voter rime avec ôter, et la classe politique en place pense à tout sauf, quitter même au-delà de son mandat constitutionnel. Du Mali au Zimbabwé, du Cameroun à la RD Congo, en incluant bien d’autres pays comme le Tchad, le Swaziland, le Soudan du Sud, la Mauritanie et la Guinée, les populations seront appelées à choisir. Au Mali, la campagne électorale a réellement débuté avec plus de 20 candidats qui se bousculent pour occuper le fauteuil présidentiel. Ailleurs, l’incertitude plane sur la tenue effective du scrutin.

En RD Congo, Joseph Kabila, grand clerc devant l’Eternel, après avoir fait tailler sur mesure une batterie de privilèges dévolus aux anciens présidents, (dont certainement lui), garde toujours un mutisme assourdissant sur son éventuelle candidature. Ainsi, le 23 décembre 2018 n’est pas une ligne d’horizon, laissant le pays dans une incertitude qui peut se muer en rébellion. Au Cameroun, la non-canditature de Paul Biya sera une surprise. Au pouvoir depuis près de 40 ans et âgé de plus de 85 ans, son parti, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais «croit en lui» et ne voit «personne à même de diriger le pays». Les candidats indépendants qui se préparent viendront certainement «amuser» la galerie parce qu’ils n’auront aucun impact sur des élections d’avance gagnées par un parti au pouvoir depuis les indépendances du pays.

Quid du Zimbawé ? L’éviction du dinosaure de la politique nationale, le patriarche Robert Mugabé, 93 ans pourra-t-elle garantir des élections sans lendemains ensanglantés ? Rien ne le présage. En tous les cas, l’Afrique des élections est de loin préférable à l’Afrique des coups d’Etat.

Malheureusement, les élections souvent mal tenues, font le lit de la déchirure. D’autres pays qui annonçaient à grands traits la tenue d’élections, semblent dans l’incapacité de les réaliser. Le Togo de Faure Eyadéma devait organiser des législatives en ce mois de juillet 2018. Il est clair que ce pays empêtré dans des discussions pense à tout sauf la tenue d’élections en ce mois de juillet. Madagascar qui a connu des frémissements institutionnels a en vue une présidentielle en cette année. Là aussi, la prouesse sera de réaliser ce rendez-vous. Somme toute, les élections en Afrique ont, dans bien de pays, causé plus de drames avec des soubresauts.

Jean Philippe TOUGOUMA




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