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Une diplomatie conquérante

15/07/2018
20:03

Une diplomatie conquérante

Plus d’un mois après le rétablissement des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la République populaire de Chine, la machine diplomatique ne fait que monter en régime entre les deux partenaires. Ainsi, le vice-Premier ministre chinois a ouvert officiellement, le 12 juillet 2018 à Ouagadougou, l’ambassade de son pays au Burkina Faso. Presqu’au même moment, le vice-ministre des Affaires étrangères de l’Inde  annonçait, à l’issue d’une session de la commission mixte de coopération Inde-Burkina, la réouverture de l’ambassade de sa patrie au Burkina Faso d’ici la fin de l’année 2018.  Le rétablissement presque simultané des relations diplomatiques entre les deux   pays les plus peuplés de la planète et champions du monde de la croissance économique avec le Burkina Faso est loin d’être le fait du hasard. Il est dû à un tandem gagnant entre le chef de l’Etat en personne et son discret ministre en charge des Affaires étrangères. A partir du constat que le  Burkina  Faso est, en partie,  tributaire  de  la coopération  internationale  pour  son développement, le président du Faso s’était engagé à œuvrer, durant son premier mandat,  à l’émergence d’une diplomatie d’ouverture au service d’une politique étrangère cohérente, dynamique à même d’assurer au pays, la considération et la confiance de ses partenaires.  Avec les deux prodigieux retours, cet objectif majeur de politique étrangère est en passe d’être atteint en un peu plus de deux ans. En effet, comme si Pékin n’attendait qu’un signal, depuis un certain 26 mai, officiels, experts et techniciens chinois ont immédiatement entamé des concertations dans  les secteurs de l’agriculture, de la santé, de l’énergie, des infrastructures, du commerce… En plus de décupler les chances de réussite du Plan national de développement économique et social (PNDES), cette célérité des partenaires chinois achève de convaincre ceux qui doutaient encore, que  cette nouvelle ère de coopération avec l’ « Empire du milieu » a été bien pensée, concertée, murie dans le sens de la préservation des acquis et des engagements du Burkina vis-à-vis des autres pays de l’Afrique de l’Ouest. L’autre géant asiatique fait un come-back remarqué à Ouagadougou aussi dans le sillage de son grand voisin chinois et à la suite du séjour du président Roch Marc Christian Kaboré en mars 2018 en Inde, à l’occasion du Sommet de l’alliance solaire internationale. Il en est revenu avec dans la valise diplomatique, les maquettes d’une centrale solaire et d’un palais des congrès dédié au prix Nobel de la paix et père de l’indépendance de l’Inde Mahatma Gandhi. A l’image de la Chine, le pays de Gandhi a entretenu d’excellentes relations de coopération bilatérale, mais fluctuantes, avec le Burkina Faso depuis 1976. Les missions diplomatiques indiennes et burkinabè ont été ouvertes respectivement en 1995 et 1996. Les rapports entre les deux pays ont eu un coup de froid en 2002 avec la fermeture de l’ambassade de l’Inde à Ouagadougou, officiellement pour des raisons de recentrage de son personnel diplomatique en Afrique.  Il a aussi fallu attendre 2011 pour que le Burkina nomme son premier ambassadeur à New Dehli. Selon les données disponibles, entre 2013 et 2015,  le commerce bilatéral entre l’Inde et le Burkina a cru de façon exponentielle. Les exportations indiennes de médicaments vers le Burkina, de véhicules automobiles et pièces détachées, de fer, d’acier et produits métallurgiques, d’équipements industriels, d’appareils électroménagers, de caoutchouc et d’articles en caoutchouc ont augmenté de 9 %. Les métaux précieux et coton burkinabè en direction de l’Inde ont été pratiquement multipliés par dix au cours de la même période. A ce titre, le réchauffement des relations diplomatiques pourrait être vu comme un des effets induits du dynamisme des relations commerciales entre les deux pays.
En allant ainsi à la conquête de l’Asie, sans complexe et de manière réfléchie, la diplomatie burkinabè prouve qu’elle est bien au fait de l’évolution du monde depuis la chute du Mur de Berlin en 1989. Une évolution qui fait de l’Asie, à travers ses deux géants, le centre économique et politique du monde. Une vision prospective donc au service des intérêts bien compris du peuple burkinabè qui goûtera bientôt aux fruits de ce redéploiement de la diplomatie.


Par Mahamadi TIEGNA
mahamaditiegna@yahoo.fr


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