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Editorial: Un défi à l’intégration régionale

29/07/2018
18:44


Le couple ivoiro-burkinabè a fêté en pompe ses noces d’étain, du 23 au 27 juillet, dans la cité de la Reine Baoulé Yamousso (Yamoussoukro) en présence des chefs d’Etat, Roch Marc Christian Kaboré et Alassane Ouattara. Quelle belle symbolique ce que l’inaltérable étain, cet alliage malléable mais solide, illustre une décennie de complicité dans le cadre du Traité d’amitié et de coopération scellé en 2008 à une assez délicate époque de l’évolution des relations bilatérales entre les deux Etats !

A coups de protocoles d’accords et surtout de résultats tangibles de leur mise en œuvre, les deux pays ont définitivement réduit au silence les observateurs de mauvais augure qui ne promettaient pas à cet exemple achevé de coopération sud-sud, meilleur sort que la Fédération du Mali ou l’Union Ghana-Guinée de 1958. En effet,  la Fédération du Mali, forgée sur des références historiques  prestigieuses d’un passé précolonial glorieux,  n’a pas survécu à ses initiateurs. Elle a eu une brève existence. De même que l’Union Ghana-Guinée en 1958 voulue surtout par le pays de Sékou Touré après son isolement à la suite de son « Non » retentissant au referendum du 28 septembre 1958. Presqu’à contrecourant de l’histoire des regroupements bilatéraux dans l’espace francophone du continent, Ivoiriens et Burkinabè sont en train de réussir là où de nombreuses organisations sous-régionales piétinent, depuis deux à trois décennies, sur les sinueux sentiers de l’intégration régionale, jonchés de barrières tarifaires et non tarifaires. Pour y parvenir, il a suffi que les leaders au sommet des deux Etats fassent fi du court-termisme et de l’immédiateté pour ne prendre en compte que les grands projets politiques, économiques, sociaux… intégrateurs qui, in fine, constituent les réponses les plus durables aux préoccupations des populations de cette aire géographique. L’image des chefs d’Etat, des ministres, des experts, des hommes d’affaires des deux pays, bras dessus, bras dessous, sous les lambris de la Fondation Houphouët-Boigny de Yamoussoukro pour la recherche de la paix, peut paraître anodine pour les jeunes générations. Ce tableau traduit pourtant bien la fin des chevauchées solitaires, ayant montré leurs limites, sur la base des potentialités individuelles de chaque pays.  Et si la transformation structurelle de l’Afrique partait plutôt des mini-regroupements spatio-temporels homogènes à l’image de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso ? Cela pourrait enfin constituer une réponse adéquate aux préoccupations transfrontalières et le ciment de la construction des différentes  politiques communes (défense, sécurité, commerce, infrastructures,  politique étrangère…) à l’échelle de la sous-région.  C’est l’une des principales leçons de la 7e rencontre au sommet du Traité d’amitié et de coopération ivoiro-burkinabè. Dans un continent où, en général, les évolutions politiques sont en proie à l’instabilité, à des regroupements parfois concurrents, des  divergences d’intérêts et même des influences extérieures, cette collaboration fraternelle entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso est un exemple à dupliquer. Un exemple réussi de coopération qui va, sans nul doute, donner aux dirigeants une «vision» claire des priorités des populations et contribuer à un assainissement de la gouvernance des deux pays.

Par Mahamadi TIEGNA



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