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Liaisons dangereuses

12/08/2018
22:18

Comparaison n'est pas raison. Ce dicton sied bien aux analyses d'une partie de l'opposition politique, voire de l'opinion tout court, à la lumière des arguments développés depuis la modification au Parlement, du Code électoral. Curieusement, c’est par une volée de bois vert, qu’une partie de l’opposition politique a accueilli le vote de la nouvelle loi électorale consacrant le vote de la diaspora burkinabè.  En effet, certaines déclarations médiatiques tendent à faire croire que cette modification n'est pas loin de rappeler celle de la Constitution initiée en 2014 par l'ex-parti au pouvoir, et qui concernait la tentative de réaménagement de la clause limitative du mandat présidentiel.  On tombe des nues devant cet argumentaire si tant est qu'au-delà du fait que nous ne sommes pas dans le même «champ juridique», il est difficile de voir en la modification du Code électoral, un recul démocratique. Son but au contraire, est de concrétiser le vote des Burkinabè de la diaspora, un rêve longtemps caressé par ceux-ci et qui, au regard des nombreux rendez-vous manqués, s’apparentait, de plus en plus, à une arlésienne. Et, si d’aucuns ont vu dans certaines dispositions de cette nouvelle loi, une volonté de tronquer ce vote, on n'est pas loin de la politique de l'autruche. 
Car, c'est le besoin de rationaliser ce vote et la volonté de circonscrire les fraudes qui ont prévalu  dans l'élaboration du nouveau Code électoral.  A la pratique en effet, il s’est avéré que la carte consulaire n'était pas si fiable qu'on le prétendait, l'usure rapide de certains éléments (photos notamment) pouvant ouvrir la voie à des fraudes massives lors des scrutins à venir. La faute à un prestataire de services qui a «bâclé» le travail avec la «bénédiction» de certains hauts commis de l'Etat.  L’autre élément ayant milité à la dévalorisation de la carte consulaire est le fait que la loi  doit être impersonnelle et égale pour tous. Un scrutin dans lequel les pièces de votation diffèreraient d'une circonscription électorale à une autre est  vicié dès le départ et peut être source de  contestations. Dans l'esprit et dans la lettre donc, ces deux modifications sont bel et bien différentes.   Celle relative au Code électoral vise à consolider les institutions et les acquis démocratiques s’inscrivant dans la vision globale du gouvernement d’aller au-delà des sempiternels appels au devoir des uns et des autres pour garantir les droits fondamentaux des citoyens, y compris ceux de l’extérieur. C’est bien souvent des frustrations légitimes que ces derniers ressentent. 
Eux qui contribuent depuis longtemps au développement de la mère-patrie sans pour autant pouvoir jouir du droit fondamental de voter. C’est, assurément, une juste compréhension des questions de démocratie, conformément à  l’une des bases principielles du droit romain qui prescrit qu’on restitue à chacun ce qui lui est dû.  Les contempteurs de cette avancée démocratique ont la mémoire quelque peu défaillante, car il n’a échappé à personne que  le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a déjà engagé le processus de réconciliation et celui du rassemblement du peuple, y compris  la diaspora. Rien que pour cela, il n’est certainement pas dans l’exclusion. 
Bien au contraire, le timing de l’adoption de la loi est favorable à l’opposition car, il faut le dire, la modification aurait pu intervenir six mois avant les échéances électorales comme cela s’est déjà passé sous nos cieux. 
Ce faisant, tous les prétendants ont plus de deux ans pour mener un dialogue constructif sur les modalités de l’établissement des cartes autorisées, sur l’élargissement des bureaux de vote et même pour consolider leur présence auprès de la diaspora.  Il ne sert donc pas à grand-chose d’extrapoler des liaisons dangereuses,  de tirer des plans 
sur la comète à la suite de ce tournant décisif dans l’histoire des élections au Burkina Faso. En somme, modification n’est pas modification ! 


Par Mahamadi TIEGNA



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11/11/2018 20:24
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