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Baobab politique !

19/08/2018
22:04

«Gorba», «Niang», «Gomane», «l’épervier», «le boss», «Pablo», « l’intriguant national», «Robot TP», «le baobab politique», et on en oublie.  Rien que ces surnoms plus ou moins bienveillants attribués à Salifou Diallo illustrent à souhait les multiples facettes de la longue et riche carrière professionnelle, politique,  militante, diplomatique de l’ex-président du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Tribun né, c’est pratiquement sur les bancs de l’Université de Ouagadougou que sa carrière politique a débuté dans les laboratoires idéologiques de ce qui deviendra plus tard l’Association nationale des étudiants du Burkina (ANEB). Homme de conviction, d’actions parfois controversées, de dialogue, sans état d’âme souvent, le bouillant ministre aura marqué d’une empreinte indélébile, la vie politique de son pays quatre décennies durant avant de s’éclipser un certain 19 août 2017. Un an après la «nakba» (catastrophe) à la burkinabè, ses camarades politiques et bon nombre de ses concitoyens  retiennent de lui, un fidèle lieutenant, un technocrate impénitent, un développeur, un visionnaire ayant reformulé les paradigmes de la science politique sous nos tropiques. Certains de ses contempteurs n’ont vu en lui qu’un exécuteur de basses œuvres politiques et casseur d’opposants politiques. Il est perceptible cependant que Salifou Diallo  était bien de ces hommes qui comptent pour des millions d'autres, tant leur humanité et leur sensibilité étaient hors du commun. Tous ceux (même ses adversaires) qui l'ont rencontré sont sortis irradiés par son charisme de chef d’orchestre et son optimisme de gagnant.  « Gorbatchev » aura gardé la haute main, des années durant, sur les secteurs stratégiques du monde rural en cumulant ou enchainant l’agriculture, l’hydraulique, l’environnement, les ressources halieutiques. Ce qui a fini par faire de lui, l’un des hommes politiques les plus connus, même dans les hameaux les plus reculés du pays, tant et si bien qu’il a fini par devenir l’ « ami des paysans ». Les grands barrages tels que Samendéni, Ziga, Yakouta, Guiti, Soum, Bambakary, le barrage souterrain de Naré portent la marque du développeur. Mu, à raison, par la conviction que le paysan ne se souvient en définitive que de ceux qui lui apportent un puits ou un forage, Salifou Diallo a tiré, en partie, les ressorts de son assise politique de sa proximité fusionnelle avec le monde rural.  Ce qui lui permettait d’intervenir partout, en démineur, pour apaiser les situations les plus délicates, voire désespérées. Il aura discrètement contribué au retour en grâce du Burkina Faso sur la scène internationale après les heures sombres qui ont marqué le pays à l’issue de l’assassinat du président Sankara le 15 octobre 1987. Il a mis sa démission de son portefeuille dans la balance au temps fort des Programmes d’ajustements structurels (PAS) pour sauver la privatisation de l’ONEA et les autres entreprises à caractère stratégique pour la souveraineté du pays, face aux « vautours » financiers.  Il a brûlé la politesse aux puissants lobbys anti OGM pour permettre au pays de compter parmi ceux qui ont misé sur les biotechnologies agricoles pour faire face aux problèmes existentiels. Il a osé lutter contre les aléas climatiques qui, d’ordinaire, relevaient de la fatalité en initiant «l’opération Saaga» et les campagnes sèches. Il a réalisé l’impensable en 2014 en prenant le risque (mortel à l’époque) d’orchestrer, avec 75 autres camarades, un schisme au sein de son propre parti, le CDP. Schisme qui a abouti à la création du MPP. En véritable deus ex machina, il a prophétisé l’élection du candidat Roch Marc Christian Kaboré avant et pendant la campagne électorale victorieuse de son parti en 2015 où les déplacements des plus périlleux politiquement lui étaient réservés. Avec un sens inégalé de l’anticipation, c’est entre deux meetings que «le fou»  échafaudait l’ossature du futur gouvernement sous les regards incrédules de ses camarades.  C’est la mémoire d’un stratège, un génie politique que ses compatriotes honorent. Il a laissé un vide  certes, mais ce vide a été comblé  pour la simple raison que ses camarades du parti, y compris ceux qui lui ont directement succédé à toutes ses différentes responsabilités  ont été formés dans le même moule. Ils ont, du reste, beaucoup appris à ses côtés. En acceptant de recevoir  la Coalition pour la démocratie et la réconciliation nationale (CODER) autour des questions de paix, de justice, de réconciliation nationale, de relance de l’économie nationale, de travail et de sauvegarde de la démocratie, Salifou Diallo laisse en héritage cette conviction qu’il faut « dépersonnaliser » la politique pour ne s’en tenir qu’à sa finalité à savoir, construire des institutions fortes pour bâtir un pays nouveau, fort et prospère.


Par Mahamadi TIEGNA

mahamaditiegna@yahoo.fr



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