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Préserver l’héritage de Kofi Annan

11/09/2018
22:40

Décédé le 18 août 2018 à l’âge de 80 ans, l’ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, sera inhumé demain, jeudi 13 septembre, à Accra au Ghana, dans son pays natal. La dépouille du diplomate et prix Nobel de la paix, premier dirigeant de l’ONU issu de l’Afrique subsaharienne, est arrivée lundi 10 septembre, recouverte du drapeau bleu ciel des Nations unies. Comme à son décès, le corps de cette étoile qui sera exposé au Centre de conférence d’Accra, pourra recevoir une pluie d’hommages et cela va de soi. Comment peut-il en être autrement pour celui qui fut sans conteste,  ? 
Africain de cœur et citoyen universel, symbolisant le meilleur de l’humain, diplomate hors pair et homme politique d’une vision qui dépasse son nombril, Koffi Anan trouvera du mal à se faire remplacer par un autre Africain. En tous les cas, à voir ces présidents qui ne pensent qu’à mourir au pouvoir, à voir ces diplomates qui volent sous les ailes des hommes politiques, à voir cette jeunesse qui se meurt faute de politiques claires, à voir ces pays ravagés par les crises, le terrorisme et les épidémies, les catastrophes naturelles et la faim, une seule question taraude l’esprit : l’Afrique aura-t-elle un autre fils de la trempe de Nelson Mandela et de Koffi Anan ? Bien malin sera qui saura répondre à cette question. Mais de toute évidence, une unanimité internationale s’est faite autour de la sensibilité et des capacités managériales de ces deux icones.
Koffi Annan sera inhumé le mercredi 13 septembre et l’Afrique devra son salut à l’existence de ses fils qui, comme celui que le monde entier pleure encore, a consacré à sa vie à lutter pour les droits des malades du SIDA, des victimes des exactions des guerres, des sans-abris et des minorités de tous genres. Comme lui, les héritiers de Koffi Annan doivent être convaincus que l’humanité ne peut prospérer sans prioriser ceux qui la peuplent en majorité (les pauvres).
Au-delà de la recherche effrénée du gain et du profit que nous a enseignés le capitalisme, ceux qui prétendront lui succéder doivent comprendre que Koffi Annan a passé sa vie à appeler à la solidarité globale de tous les partenaires au développement. Nul besoin d’être secrétaire général des Nations unies ou chef d’Etat pour hériter de Madiba ou de Annan. Chacun en ce qui le concerne doit rechercher l’équité et la justice. Tandis que les uns pourront travailler à renforcer l’inclusion du secteur privé dans la lutte contre la pauvreté et l’orientation des politiques publiques vers le développement inclusif, d’autres pourront travailler simplement à être guider par le bien, à unir, à bâtir la paix et la justice autour d’eux.  
Koffi Annan avait une vision claire de la destinée de l’humanité. Et ceux qui aspirent à être ses héritiers doivent avoir constamment à l’esprit cette phrase qu’il avait prononcée en recevant le prix Nobel de la paix : « J’ai essayé de placer l’être humain au centre de tout ce que nous entreprenons : de la prévention des conflits au développement et aux droits de l’Homme ».


Jean-Marie TOE



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