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Editorial : On peut mieux faire pour l’agriculture

12/09/2018
02:45

L’agriculture peut être le pilier du développement du Burkina Faso. En témoignent sa contribution pour 35 % au Produit intérieur brut (PIB) et les 82 % de la population active qu’elle emploie. Mais pour y parvenir, il faut une bonne politique et beaucoup de travail. Conscientes de cet état de fait, les autorités burkinabè se démêlent comme elles peuvent pour accompagner au mieux les producteurs. C’est ainsi que pour la campagne en cours, ces derniers ont reçu, entre autres, 8 155 tonnes de semences améliorées, 16 000 tonnes d’engrais, 27 400 unités de matériels agricoles. 
Dans ce même élan, les actions du gouvernement s’étendent au secteur de l’eau. La mise en eau du barrage de Samendeni (un projet vieux de près de 10 ans), le 7 juillet 2017, en est un exemple concret. L’on se souvient que pour boucler ce chantier, l’Etat a débloqué plus de 22 milliards de F CFA. Une somme qui a permis, entre autres, de dédommager les personnes affectées par les travaux et de viabiliser les terrains sur les sites de relocalisation. L’ouvrage qui s’étend sur la région des Hauts-Bassins et de la Boucle du Mouhoun est un deuxième pôle de croissance étalé sur 21 000 hectares, après celui de Bagré dans la région du Centre-Est. Outre cette grande retenue d’eau, l’on note la construction et la réhabilitation de bien d’autres barrages. Selon le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, l’ambition du gouvernement à travers ces différentes actions est de faire en sorte que l’axe 3 du Plan national de développement économique et social (PNDES), à savoir la transformation structurelle de l’économie du Burkina Faso, se réalise à partir de l’agriculture. 
Cependant, comme toute entreprise humaine, cette volonté politique n’est pas à l’abri des difficultés. A ce titre, depuis 2008, la distribution d’intrants agricoles à prix subventionné, la base de toute activité agricole, connait des hauts et des bas. Confiée au départ aux agents d’agriculture, cette tâche a été par la suite assignée aux mairies. Quelques années plus tard, en 2013, elle a fait l’objet d’un contrat entre l’Etat, l’Association des grossistes et détaillants d’intrants agricoles (AGRODIA) et la Coopérative de commercialisation des intrants et matériels agricoles (CACIMA). Jusqu’à aujourd’hui, des voix s’élèvent, notamment au sein du Syndicat national des travailleurs de l’agriculture (SYNATRAG), pour dénoncer une « mauvaise gestion » de ces intrants. Elles demandent surtout une meilleure sécurisation des magasins de stockage. Cependant, même si cette sécurisation venait à etre actée, il va faloir prendre les mesures appropriées pour dissiper toute sorte de doute sur la qualité des intrants remis aux cultivateurs, car sur ce volet également, des indiscretions dénoncent des brébis galeuses. Cela y va de la crédibilité des premiers acteurs et de la rentabilité agricole.
En outre, subventionner des tracteurs et autres engins agricoles au profit des « braves paysans » est certes nécessaire pour booster un secteur resté trop longtemps rudimentaire. Mais, il ne faut pas perdre de vue la necessité de travailler à mettre en place un système efficace d’entretien de ces appareils afin d’éviter qu’ils se transforment en épaves après une ou deux saisons. Bien vrai que des réseaux d’appui-conseil agricole existent déjà, mais si ces unités ne fonctionnent pas normalement, ce sera peine perdue. Les agents qui les composent doivent donc être motivés à la hauteur de leur travail. Les lignes ont commencé à bouger dans ce sens, car l’appui financier mensuel de 30.000 F CFA qui était accordé à ces derniers pendant 6 mois s’étend désormais sur les 12 mois de l’année depuis janvier 2018. Il reste à permettre aux agents d’avoir une formation de qualité pour être capables de parer à toute éventualité.  Par ailleurs, il serait judicieux que le gouvernement développe une meilleure politique d’écoulement des produits burkinabè. Il est, en effet, inconcevable qu’une structure comme la Société nouvelle sucrière de la Comoé (SN SOSUCO), dont la production ne comble pas les besoins en sucre des Burkinabè, connaisse des méventes au profit de ses concurrents importateurs. Il n’est pas non plus normal que pendant que la moisissure envahit le riz de Bagré, l’on se rue sur celui venu d’ailleurs. Aussi, le Burkina doit tourner progressivement la page de la vente de ses produits bruts. Il faut plus de transformation, ce qui aura l’avantage d’apporter une plus-value à chaque maillon de la chaîne.


Daniel ZONGO
danielzong62@yahoo.fr








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