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Lavage d’engins et vente de timbres fiscaux : De nouveaux métiers pris d’assaut par les jeunes ouagalais

12/09/2018
01:55

A travers la ville de Ouagadougou, de jeunes hommes se livrent quotidiennement et en temps plein au lavage de motos et voitures. Autrefois confiné dans les stations d’essence, le lavage d’engins mobiles s’émancipe peu à peu de l’entretien général des véhicules et se présente comme un métier à part entière. L’activité a la particularité d’attirer de nombreux jeunes urbains désœuvrés, tout comme la vente des timbres fiscaux. 


Dans tous les quartiers de Ouagadougou, aux abords de la plupart des grandes voies de la capitale, des jeunes, munis d’une pompe à eau motorisée raccordée à un fut d’eau, s’affairent, les mains 
« armées » d’éponge à laver. 
Yacouba Kaboré est l’un d’entre eux. Installé sur l’avenue  Kadiogo, à quelques mètres de la station Shell Pissy, en face d’un ‘maquis’, il occupe une position stratégique qui lui permet de  
« capter» les clients du bar, particulièrement les week-ends. Muni de sa motopompe, d’une barrique d’eau, de deux bidons de 20 litres de réserve d’eau, de chiffons et de savon, il se débrouille pour gagner sa vie. Agé d’une trentaine d’années, il dit arriver à son boulot dès 8 heures du matin pour ne descendre qu’à la nuit tombée. Ce père de famille explique : «En ce moment, je peux laver une dizaine de voitures par jour». Quant aux engins à deux roues qu’il nettoie par jour, il en ignore le nombre exact. «Leur nombre est  élevé», dit-il simplement. Leur tarif du service est de 300 FCFA pour la moto. Pour les véhicules à quatre roues, le prix dépend de la taille de l’engin et de son état de propreté. Il se situe néanmoins entre 1000 à 2500 FCFA. A sa descente, il doit remettre 1000 FCFA comme frais de location au propriétaire de la motopompe et le reste lui permet de s’occuper de sa femme et de leur enfant.
Il faut dire que Yacouba Kaboré doit doubler de vigilance et de professionnalisme pour achalander son service. Car, non loin de lui, il y a quatre jeunes qui mènent le même combat. 
Comme tout autre job, le lavage d’engins comporte des difficultés. Ces jeunes doivent surmonter le froid, le soleil. Sans oublier les incessantes coupures d’eau en saison chaude. «Mais grâce à Dieu, on s’en sort», a déclaré M. Kaboré. A entendre ces laveurs d’engins, chacun tire son épingle du jeu en cette saison hivernale.
Si cette activité permet de nourrir son homme, elle en rajoute à l’anarchie régnante dans la capitale. Car ces jeunes s’installent là où ils peuvent, sans autorisation préalable pour la plupart et sans dispositif particulier pour l’eau sale qu’ils rejettent. Aussi sont-ils constamment menacés d’expulsion par les riverains et surtout par la police municipale.


La vente de timbres fiscaux


D’autres jeunes sont plus tranquilles devant les policiers et mènent leur activité devant les commissariats de police : ce sont les vendeurs privés de timbres fiscaux. Jeunes, dynamiques et parfois envahissants, ils proposent des timbres à tous ceux qui se présentent au commissariat pour légaliser des copies de documents ou se faire établir un acte.
Ainsi, le timbre de 200 FCFA est revendu avec 50 FCFA de plus. Marc Ilboudo, habitant  au quartier Nagrin mène cette activité depuis 2015, après qu’il a échoué à son bac D. «Il faut que je sois ici à 7h30 pour espérer pouvoir vendre beaucoup de timbres. Il n’y a pas de repos jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de clients. C’est ainsi que je travaille durant les jours ouvrables». Par jour, M. Ilboudo dit écouler 25 à 30 timbres par jour. Soit un bénéfice de 1250 à 1500 FCFA. Les clients se bousculent d’autant qu’il est plus rentable d’ajouter 50 francs pour s’acheter un timbre que de se rendre à un Hôtel de finance pour payer 100 FCFA le parking, le carburant et le temps en sus. 
En plus du commissariat comme point d’attraction du jeune homme de 25 ans, il y a le Palais de justice. Marc Ilboudo et ses camarades ont trouvé cette astuce de vendre des feuilles de demande de certificat de nationalité, de casier judiciaire, d’une pièce administrative dûment remplies. La feuille coûte 100 FCFA  l’unité.
Il faut souligner que les bonnes affaires se font surtout après le lancement des concours de la Fonction publique, car la demande est forte en ce moment. 
M. Ilboudo trouve que son travail est dur à mener. «Nous sommes nombreux à faire la même activité. Ce qui fait qu’il faut toujours courir derrière les clients pour proposer les produits. Il faut également s’arrêter sous le soleil, être vigilant pour copter le client. Il n’y a pas d’abris pour s’assoir et attendre la clientèle», confie-t-il. Il pense que pour réussir dans ce domaine, on a besoin de détermination et d’un moral d’acier.  «Car comme toute autre activité, il y a des jours où ça ne marche pas», affirme-t-il.   Avec  un niveau terminal,  il demande l’aide de Dieu pour décrocher un emploi rémunérateur dans une entreprise ou à la Fonction publique. 
 Il est à noter que parmi les vendeurs de timbre du commissariat central, se trouve également un étudiant. Celui-ci dit jongler entre ses cours à l’université et ce commerce. Les ressources lui permettent de joindre les deux bouts. Il n’a pas voulu se confier plus, car il ne veut plus s’attirer des ennuis de la part de ses camarades qui l’ont reprocher d’avoir trop parler  une fois à un média de la place.
Rendre ce service de laver un engin est œuvre utile. Toutefois, ce service ne doit pas contribuer à dégrader l’environnement.  L’un des inconvénients de cette activité, c’est que l’eau du lavage envahit la chaussée. Il n’y a pas de système de drainage de cette eau usée. Elle stagne sur place et constitue un nid de moustique et de sachets plastiques. On a l’impression que ces jeunes ne se soucient guère d’assainir leur cadre de travail. Leur  seule préoccupation est la recherche du gain1



Habibata WARA



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