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Production de champignons au Burkina Faso : La vision profonde de Issoufou Zoungrana

12/09/2018
02:08


Profitant de la loi qui autorise les agents de l’Etat à s’investir dans la production agro-pastorale, Issouf Zoungrana s’adonne à la plantation d’arbres et à la production du maïs, du niébé et du manioc. C’est ainsi que cet agent des Editions Sidwaya découvre le pleurote, un champignon comestible aux vertus anti-cancéreuses et qui aime pousser au niveau des peaux de manioc. Ce néo-myciculteur, par ailleurs conseiller municipal de Koubri, commune au nord de Ouagadougou et rattachée à la capitale, parle ici de son activité à la fois originale et marginale.




Carrefour africain : Parlez-nous de votre activité de production de champignon 


Issouf Zoungrana : En 2004, j’ai voulu apporter ma contribution active au renforcement de l’environnement par une plantation d’arbres. Depuis 2016, je me suis lancé dans la production du maïs, du niébé et du manioc pour contribuer à l’autosuffisance alimentaire. J’ai commencé cette saison à cultiver des champignons. Ce sont des pleurotes qui peuvent se produire en hors-sol, c’est-à-dire dans des sacs de culture. Pour l’instant, la production n’a pas un but lucratif. Je suis en phase expérimentale et le champ se limite en une petite superficie de 
4 mètres carrés. 


Comment vous est venue cette idée de myciculture ?


Avec ma production de maïs ou de manioc, je pensais naturellement à la transformation mais aussi à l’économie circulaire dans laquelle les matières jugées inutiles peuvent retrouver une nouvelle vie et une nouvelle valeur. Au niveau national, j’ai entendu parler de l’implantation d’une usine pharmaceutique et je réfléchissais à comment vendre mes productions et les dérivés comme matière de base. Dans mes recherches et à travers des cas aux Kenya notamment, j’ai vu qu’il était possible de produire des champignons à base des peaux de manioc. Parmi ces champignons, certains avaient des vertus thérapeutiques intéressantes, dont les pleurotes.
 

Quelle est la particularité nutritive de cette variété (vertus) pleurotes


Les champignons pleurotes renferment du bon cholestérol, beaucoup de sels minéraux, des vitamines B, du sélénium. Ils ont des effets bénéfiques sur le cœur et sur la tension artérielle et sur la fonction rénale. Vous savez qu’actuellement, pour des raisons de santé, beaucoup de gens s’abstiennent de consommer de la viande rouge. Les champignons qu’on surnomme «viande blanche végétale» peuvent être une alternative providentielle pour eux. Ils y a des gens qui attestent avoir été guéris de tumeurs cancérigènes grâce aux pleurotes entre autres. 


Avez-vous déjà pensé au marché ? Qui sont vos potentiels clients ?


Pour l’instant, je suis en phase expérimentale. Mais j’ai sondé le terrain. J’ai approché des restaurants qui sont intéressés. Mais la difficulté est d’assurer la régularité de la livraison. Autrement, il y a un potentiel. En outre, la consommation de champignon est un fait pour les Burkinabè. Donc, la clientèle n’est pas loin. Mais là aussi, le marché traditionnel a reculé car beaucoup de gens, mêmes ruraux, ne savent plus faire la différence entre champignons comestibles et champignons vénéneux. Ils en ont perdu l’habitude. 


Quelles sont les perspectives autour du projet


A l’avenir, il s’agit de pouvoir créer des centres de production fongicole dans toutes les régions du Burkina Faso pour améliorer la santé nutritive de la population et offrir des opportunités d’affaires. L’idée, c’est d’aller en association de producteurs de champignons.  D’avance, je lance un appel à tous les jeunes qui pensent qu’il n’y a que l’administration publique où l’on peut s’épanouir avec prospérité. Il faut qu’ils pensent à retourner à la terre. Nombreux sont nos parents qui ont quitté la brousse pour la ville, aujourd’hui, nous devons pouvoir faire le chemin inverse. 
A chaque jeune de saisir toutes les opportunités pour contribuer au développement du Burkina Faso et à l’épanouissement personnel.


Propos recueillis par 
Aimé Mouor KAMBIRE






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