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Sanmatenga : des pratiques culturales à fort rendements

10/10/2018
20:21

Le Sanmatenga dans la région du Centre-Nord, est l’une des provinces à risques d’insécurité alimentaire au Burkina Faso. Pour remédier à cette situation, de nouvelles pratiques culturales sont enseignées aux producteurs de la localité par les techniciens du ministère en charge de  l’agriculture. Constat !

Au village de Nessemtenga, situé à une quinzaine de kilomètres de Kaya, dans la région du Centre-Nord, Oumarou Sawadogo et ses quatre femmes et deux enfants labourent leur champ de manioc au pied d’une colline, en milieu de matinée de ce mercredi 12 septembre 2018. Agé de la quarantaine, le chef de famille, grâce aux conseils avisés des techniciens du ministère de l’Agriculture et des Aménagements hydrauliques (MAAH), a adopté de nouvelles pratiques culturales à savoir : les cordons pierreux, les techniques de conservation, de rétention des eaux de pluie et la diversification des cultures.  Dans son exploitation agricole de plus de six hectares, Oumarou Sawadogo confie qu’il a changé ses habitudes de production sous la contrainte des effets des changements climatiques. Pour lui, l’alternative réside dans d’autres techniques agricoles. Il s’agit, entre autres, des diguettes, des demi-lunes, du « Zaï » ou encore la diversification de la production. « C’est une question de survie. Si on ne change pas d’habitudes de production, on ne récoltera rien », prévient-il. Ces techniques de production lui permettent d’avoir un rendement d’au moins une tonne et demie à l’hectare. Pour le directeur provincial de l’agriculture du Sanmatenga, Sidiki Ouédraogo, le polygame est un producteur modèle. Il applique, selon lui,  plusieurs techniques de production conseillées par les techniciens de l’agriculture.  Ce producteur, poursuit-il, dispose d’un Bassin de collecte des eaux de ruissellement (BCR). Cette retenue d’eau lui permet aux dires du technicien agricole, d’avoir un stock d’eau pour irriguer son champ, en cas de manque de pluies. Le directeur provincial indique que les diguettes à courbes de niveau réalisées par M. Sawadogo permettent également de stocker l’eau dans sa rizière.

Diversifier les cultures pour résister

En plus des aménagements et des variétés de semences améliorées conseillés au producteur, les techniciens lui ont  recommandé également la diversification des cultures qui consiste à produire plusieurs variétés sur un même terrain. « Cet agriculteur produit sur son terrain, de la tomate, de l’ognon, du gombo, du mil, du riz, des aubergines et du maïs. Cette diversification permet de résister aux effets des changements climatiques en récoltant au moins une de ces variétés en cas de rupture de pluies », explique le technicien d’agriculture, Sidiki Ouédraogo. A l’écouter, les producteurs pratiquaient la monoculture de saison représentant un risque avec les variations climatiques. Oumarou Sawadogo n’est pas le seul agriculteur dans le village de Nessemtenga à appliquer les nouvelles techniques culturales. En effet, le groupement de femmes productrices Wend-La-Konta du village a adopté la pratique de la demie lune. Selon la présidente du groupement, Awa Ouédraogo, ces nouvelles techniques culturales enseignées par les agents de l’agriculture permettent de faire face à l’irrégularité des pluies. « Ce terrain était nu et rien ne poussait. Depuis mon jeune âge, cet endroit servait de lieu de séchage de condiments », raconte-t-elle, l’air satisfait d’avoir rendu cette terre fertile. La technique a consisté, selon Mme Ouédraogo, à réaliser sur le sol, des moitiés de cuvettes dans lesquelles l’on enfouit du fumier. Pour Awa Ouédraogo, le rendement est impressionnant. « Grâce à cette technique de production dont nous avons bénéficiée, nous pensons que nous sortirons de la pauvreté », déclare-t-elle. Pour le chef d’Unité d’appui technique (UAT) de Nessemtenga, Rasmané Bouda, c’est la première fois que ces femmes bénéficient d’un tel appui technique.

La demi-lune, la meilleure

A l’en croire, la technique de demi-lune est la meilleure solution pour la récupération de ce type de terrain. Producteur semencier à Gantodogo dans la commune de Kaya, le producteur Raogo Ouédraogo exploite une superficie de 6,5 hectares. Il y produit de la semence améliorée de niébé et de petit mil. Pour lui, c’est l’instabilité des saisons pluvieuses qui a conduit les producteurs à adopter cette variété. A en croire Raogo Ouédraogo, son cycle de production plus court, s’adapte mieux, comparativement à la semence traditionnelle. Ainsi, il s’attend à un rendement estimé à 1,3 tonne à l’hectare pour le niébé et 1,5 tonne à l’hectare pour le petit mil. Le producteur dit revendre cette semence améliorée aux agriculteurs pour la production à grande consommation. Et le président des producteurs semenciers du Sanmatenga, Moussa Ouédraogo, d’indiquer que les nouvelles semences sont mises à la disposition des producteurs semenciers regroupés en union régionale, provinciale et départementale, par l’Institut de l’environnement et recherche agricoles (INERA) à travers des boutiques-témoins. Selon le directeur provincial de l’agriculture de la province du Sanmatenga, ses services techniques sensibilisent les producteurs au choix des variétés et l’acquisition du matériel de production. Pour la vulgarisation des outils de productions, Sidiki Ouédraogo explique que sa direction dispose, entre autres, des champs-écoles de producteurs, des parcelles-vitrines. « Il s’agit d’un système participatif de production par des tests de démonstration et les centres de transfert de technologie », précise M. Ouédraogo. En plus des semences, il y a les techniques de fertilisation et de conservation des sols et des eaux qui sont enseignées par les techniciens du ministère de l’Agriculture et des Aménagements hydrauliques, selon Raogo Sawadogo. « Pour mon champ de niébé par exemple, j’ai utilisé la technique des diguettes et de fertilisation par fumier organique. Cela me permet de retenir l’eau le plus longtemps possible malgré la rareté des pluies », dénote-t-il. Toutefois, Raogo Sawadogo exhorte les autorités à appuyer davantage les producteurs à travers des renforcements de capacité et l’équipement en matériel pour venir à bout de l’insécurité alimentaire. Le chef de zone d’appui technique de Kaya, Bernard Sawadogo est, lui, convaincu que les producteurs vont s’adapter aux nouvelles techniques de production si la sensibilisation se poursuit. Il estime que les techniques enseignées aux producteurs portent déjà des fruits. A l’écouter, les conseils sont suivis par les producteurs.  «Les paysans sont obligés de mettre en pratique les techniques que nous conseillons», insiste M. Sawadogo. Qu’à cela ne tienne, il plaide pour que l’enveloppe prévue pour l’accompagnement des producteurs par l’Etat soit revue à la hausse. En attendant une bonne appropriation de ces outils par les producteurs pour une résilience des populations face aux changements climatiques, les populations du Sanmatenga espèrent une bonne récolte pour éloigner le spectre de l’insécurité alimentaire.
 
Ali SAOUADOGO
alisaouadogo@gmail.com



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