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Destin de feuille morte

28/10/2018
22:02

Destin de feuille morte

Depuis son exil doré canadien, l’ex-Premier ministre de la Transition, Yacouba Isaac Zida, est sorti de son « silence assourdissant » à travers un pamphlet au titre pas trop modeste : « Je sais qui je suis ».  C’est une volée de bois vert que l’ancien commandant en second du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) a tenté d’administrer au pouvoir actuel ainsi qu’à certains acteurs politiques ou de la société civile, qu’ils soient vivants, morts, absents ou en prison. Tout en n’oubliant pas de se présenter à l’opinion publique comme le chevalier blanc, sans peur ni reproche ; De Roch Marc Christian Kaboré, « le molasson », en passant par feu Salifou Diallo, « le calomniateur » (quel respect pour les morts), sans oublier Newton Ahmed Barry dont il met l’intégrité en doute, tout le monde y prend pour son grade. Au-delà de la polémique que la sortie de Zida a suscitée et continue de susciter, la question qui se pose est celle de savoir si Yacouba Isaac Zida avait l’onction (pour emprunter à la tonalité religieuse du livre) pour conduire une transition née d’une insurrection populaire ayant chassé son patron Blaise Compaoré du pouvoir ? Que l’opinion publique ne l’oublie pas de sitôt, Zida était le chef opérationnel de l’ex-garde présidentielle lors des mémorables journées des 30 et 31 octobre 2014. C’est donc lui qui a commandé les manœuvres ayant conduit à la mort des insurgés ; Même s’il obéissait à une chaine de commandement, cela l’exonère-t-il pour autant ? Le fait que Zida ait donc pu récupérer la lutte légitime du peuple et la détourner avec la bénédiction de quelques politiciens et des journalistes convertis à son profit fait-il de lui ce qu’il prétend être ? Celui qui se connaît parfaitement aurait pu facilement comprendre que c’est alors qu’il était le maître du jeu politique à Ouagadougou qu’il s’est lui-même employé à multiplier les bourdes, donnant chaque jour des gages d’inconséquence, tout en creusant avec application son déficit de fiabilité. Au point que ses soutiens initiaux de circonstance et de nombreux « frères » acquis à sa cause ont fini par ne plus se revendiquer ouvertement de l’ex-président de la Transition. Ce d’autant plus que les bruits qui remontent sur la gestion de cette Transition par la « Jésus connexion » ne sont en rien flatteurs. Au lieu d’accuser à tout-va, l’auteur a bien raté une occasion (le pays est en plein procès pour situer les responsabilités dans le putsch manqué) de faire son autocritique, de revoir sa copie, de dire enfin sa part de vérité à ses compatriotes.
En tout état de cause, le peuple burkinabè, comme l’a si bien indiqué l’auteur, a montré sa maturité et saura séparer le bon grain de l’ivraie lors des échéances électorales de 2020. Pour l’instant, et en attendant le deuxième épisode du feuilleton promis, l’ancien chef de la Transition a le choix de vivre son destin de feuille morte en voguant au gré des vents ou de rentrer courageusement au bercail pour répondre des faits qui lui sont reprochés…
 
Par Mahamadi TIEGNA



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