Suivez-nous                                                                                                   Contactez-nous  +22625312289
Cinéma : Le film Thom du réalisateur burkinabè Tasséré Tahirou Ouédraogo a été sacré meilleur film de fiction long métrage à Toukountchi festival de cinéma du Niger./Burkina: Mariam Diallo/Zoromé, ex-gouverneur du Centre Nord, a été inhumée ce dimanche 10 décembre au cimetière municipal de Bobo-Dioulasso./Emmanuel Macron : « La France n'investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement qui n'auraient aucune retombée sur la population locale ».
Flash info :

Toussaint Abel Coulibaly, membre du Front républicain : « Nous ne voulons pas que 200 000 personnes dictent leur loi à 16 millions de Burkinabè »

10/04/2014
00:00

Le Front républicain, un regroupement de partis politiques, organise à Bobo-Dioulasso, demain samedi 12 avril 2014, le lancement de ses activités par un grand meeting. A deux jours de ce rendez-vous, une équipe de Sidwaya a rencontré Toussaint Abel Coulibaly, président de l’Union pour la république (UPR), membre dudit front, et par ailleurs ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation.

Sidwaya (S.): En quoi vont consister les activités que le Front républicain entend lancer ce week-end à Bobo-Dioulasso?

Toussaint Abel Coulibaly (T. A. C.): D’abord, il faut définir le Front républicain parce que nous entendons beaucoup d’interprétations et de préjugés autour de ce front. L’Union pour la république(UPR), de par l’appellation du parti, a été convaincue, dès sa création en 2004, que s’il y a une chose qui nous unit, c’est bien la république. Quelles que soient nos divergences, nous devons faire en sorte que cette république reste debout. Nous y avons tous intérêt, parce que tous ceux qui évoluent en politique aujourd’hui, le font parce qu’il y a la république, l’Etat de droit. Déjà, en tant que penseur à l’époque, nous avons jugé bon de créer l’Union pour la république en 2004. Si chemin faisant, il y a d’autres partis politiques qui ont jugé nécessaire de regrouper tous ceux qui pensent que la république nous appartient à tous et que nous devons mettre les mécanismes en place pour non seulement la sauvegarder mais la conforter, nous ne pouvons que nous joindre à ce groupe. C’est ce qui explique que nous retrouvons dans le Front républicain qui, faut-il le rappeler, n’est pas une question d’appartenance à une obédience politique. La preuve est qu’il regroupe des partis politiques de l’opposition et de la majorité… Nous ne sommes pas au Front républicain pour soutenir un parti, une personne. Nous y sommes pour soutenir et œuvrer à ce que la république reste débout. En ce qui concerne les activités, je peux dire que, depuis la création du Front, nous n’avons pas eu une activité, exceptées les assemblées générales dans les salons feutrés des hôtels. Nous ne pouvons pas défendre un certain nombre d’intérêts, tout en étant assis dans une salle. Cela doit se faire sur le terrain. C’est donc pour informer les populations des objectifs du Front républicain qu’une série d’activités a été planifiée. La première activité sera organisée à Bobo à travers ce meeting lors duquel des messages forts seront portés.

S.: Allez-vous vous contenter d’un meeting ou y aura-t-il des activités connexes?

T. A. C.: En ce moment, des activités sont en cours. Il y a des commissions qui travaillent pour que le tout soit couronné par un meeting. Parce que, avant d’appeler quelqu’un à un meeting, il faut qu’il sache pourquoi il doit se déplacer. Il faut d’abord expliquer dans les coulisses, à travers des commissions, des groupes cibles.

S.: Justement, quel sera ce message fort qui sera porté aux populations

T. A. C.: Le message est très simple. Le Burkina Faso n’appartient à personne d’autre qu’aux Burkinabè. Avec l’Etat de droit advenu si heureusement en 1991, et sans interruption, avec les législatures et les élections qui se tiennent à intervalles réguliers, on croit que c’est gagné. Nous avons vu que dans d’autres pays, tout a été remis en cause et on est retombé dans des travers. Nous ne sommes pas à l’abri de ce genre de situation. Nous avons vu en 2011 où il y a eu une crise au Burkina... Nous avons vu quel impact cela a eu sur la communauté... Des familles ont été endeuillées à l’époque. Nous ne souhaitons plus revivre des situations similaires. La façon de l’éviter, c’est de porter le message aux Burkinabè pour dire que le Burkina Faso n’appartient pas à 500 hommes et femmes politiques, mais aux 16 millions de Burkinabè. Car, tout ce qui se fait aujourd’hui, les bruits qu’on entend par ci, par là, c’est l’écho porté par quelques Burkinabè qui se battent pour la conquête du pouvoir d’Etat.

S.: Pourquoi maintenant? Y a-t-il des prémices d’une crise au Burkina ou c’est à titre préventif que vous le faites?

T. A. C.: A l’UPR, nous avons dit depuis 2011, que le Burkina Faso allait vers la croisée des chemins. Il y a des écrits qui sont là pour l’attester. Tout ce que nous avons dit, c’est ce qui est en train de se produire, parce que nous étions sûrs que le parti majoritaire n’allait pas rester uni. Nous n’avons certainement pas été écoutés. Nous avons, à l’époque, écrit qu’il fallait un Rassemblement des Houphouétistes à la burkinabè. En Côte d’Ivoire, il y a eu une division entre l’actuel président Alassane Ouattara et l’ancien président Henri Konan Bédié avant qu’ils ne se réunissent au bout du compte. On ne peut pas, après avoir donné cette alerte-là, rester silencieux. Nous avons voulu nous engager pour faire valoir nos positions. Au sein du Front, les partis politiques ont une liberté de ton. Nous pouvons ou ne pas être d’accord sur certains sujets.

S.: Le lancement des activités du Front républicain ne va-t-il s’apparenter aux yeux de certains Burkinabè comme une réplique au congrès du Mouvement du peuple pour le progrès, tenu les 5 et 6 avril dernier?

T. A. C.: Vous savez, ce sont les mêmes qui étaient au CDP hier qui sont au MPP aujourd’hui. Nous à l’UPR, nous ne sommes pas dans ces querelles de positionnement parce que ce sont des gens qui ont fait plus de vingt ans ensemble. Nous ne parlons pas de CDP, de MPP, etc. Nous parlons de la république. En ce qui concerne le Front républicain, nos activités ne sont en réplique en rien du tout puisque la liberté politique est reconnue au Burkina, Faso. Chacun peut faire son congrès quand il veut. Pourquoi le Front républicain qui regroupe plusieurs partis va s’auto-sanctionner en disant comme un tel parti a tenu son congrès, il faut que nous nous abstenions de faire une manifestation, sinon, on va dire que c’est en réplique. Dans ce monde, tout se fait soit en prévision ou en réponse à quelque chose. Cela peut être interprété comme on veut. Le Front républicain a été créé avant le MPP et pourquoi, on ne dirait que ce dernier a été créé en réplique au Front républicain? L’essentiel est que chacun mène ses activités, pourvu que cela soit dans l’intérêt général parce que nous ne sommes pas 200 000 Burkinabè. Nous sommes plus de 16 millions. Et nous ne voulons pas que 200 000 personnes dictent leur loi à 16 millions de Burkinabè qui semblent exclus et mis sous l’éteignoir.

S. Après Bobo, à quoi doit-on s’attendre?

T. A. C.: C’est un cycle qui n’est pas prêt de s’arrêter. L’idéal serait que le Front Républicain mène des activités de façon continuelle pour permettre aux populations d’être bien informées, parce que souvent il y a de la désinformation, des rumeurs et on ne peut être mieux représenté que par soi-même. Après Bobo-Dioulasso, il y aura certainement d’autres activités, soit dans le cadre du Front républicain, soit dans le cadre partisan. Parce que, je le répète, tous les partis gardent leur liberté et ce n’est pas une fusion. On est au Front républicain parce que nous appartenons tous à la même République unique et indivisible.

S.: Au lancement du Front républicain le 23 janvier dernier, certains membres du Front se sont dit favorables au référendum pour modifier l’article 37 qui, rappelons-le, ne fait pas partie des points consensuels du CCRP que vous défendez. Est-ce qu’il n’y a pas là un hiatus avec vos objectifs?

T. A. C.: Je suis d’avis qu’on peut être pour ou contre quelque chose en démocratie. Autant, je suis parfaitement d’accord que des gens puissent être pour la modification de l’article 37, autant je suis d’avis que des gens soient contre la modification de cet article. Parce que c’est de cela qu’il s’agit lorsqu’on parle de référendum. Ce pour quoi je ne peux être d’accord, c’est qu’on soit contre le référendum. Voyez-vous, le chef de l’Etat n’est pas celui de la majorité. Il est le président de tous les Burkinabè. Il y a une fracture qui est en train de s’opérer entre ceux qui voudraient que la Constitution soit modifiée pour lever la limitation des mandats et une autre partie qui souhaiterait que cette limitation soit maintenue, voire renforcée. Je pense que le chef de l’Etat qui est garant de l’unité nationale ne doit pas prendre partie pour l’un ou l’autre des camps. S’il prend parti, ce ne sera pas la meilleure façon parce que ceux qui sont pour la levée de la limitation des mandats pourraient, eux aussi, vont se retrouver dans la rue…Et lorsque le peuple est divisé, la meilleure façon de jauger et de définir la majorité, c’est le vote…A l’UPR, il ne faut pas regarder là où on tombe, mais là où on a glissé. Au moment où on intégrait la limitation des mandats dans la Constitution, il fallait ajouter que cette disposition n’est pas susceptible de modification. Aujourd’hui, on ne serait pas là en train de débattre. Les gens n’ont pas eu le courage à l’époque de dire que l’article 37 fait partie des articles non révisables.

S.: Ce que nous voulons mettre en exergue ici, c’est le paradoxe qu’il semble y avoir entre vos objectifs qui consistent à défendre les points consensuels issus du CCRP et la volonté de certains de vos membres qui soutiennent la modification de l’article 37?

T. A. C.: Le Front républicain n’est pas un parti politique. Chacun est là-bas avec son avis.

S. :Vous n’avez pas une vision commune?

T. A. C.: Justement! Vous savez en démocratie, l’unanimité est un danger. Au front républicain comme ailleurs, il n’y a pas de position figée pour dire que l’étiquette qu’on colle au Front républicain aujourd’hui, c’est de dire qu’il a été créé juste pour travailler à la modification de l’article 37. Vous donnez la preuve qu’à l’intérieur du Front que les positions ne sont pas les mêmes… Ce qui veut dire que ce front n’a pas pour objet de défendre les questions querellées. C’est plutôt une question de république. C’est parce qu’il y a la république et ses institutions que chacun se prévaut de ceci ou de cela. Si l’Etat s’effondre demain, je ne sais pas ce qui nous sera réservé. Dans des pays, à force de ne pas intégrer le peuple dans le débat, il y a eu une cassure irréparable. Pour le moment, nous ne parlons pas de révision, de référendum.

S.: Un des objectifs du Front est d’asseoir la bonne gouvernance aux plans national, local, notamment la gestion axée sur les résultats dans les institutions publiques. Le Front veut-il se substituer au gouvernement?

T. A. C.: Nous avons la manie de l’hypocrisie au Burkina Faso en faisant la langue de bois, de dire que le gouvernement est différent des partis politiques. On suit des exemples aujourd’hui où il n’y a pas de grandes différences entre les partis, voire entre ceux-ci et le gouvernement. Et on suit des membres du gouvernement qui vont parler au nom des partis politiques. Mais au Burkina, on a tendance à dire que le gouvernement est à part, les partis politiques aussi sont à part. Le gouvernement est constitué de partis politiques, il y a aussi des partis politiques qui ne sont pas au gouvernement mais qui soutiennent le gouvernement et peuvent donc contribuer à améliorer son travail. En rappel, l’UPR a été créé en 2004, mais est venu au gouvernement qu’en 2008. Pendant les quatre ans nous avons toujours soutenu les actions, les lois du gouvernement au parlement. Ce n’est pas être au gouvernement qui fait qu’on défend son action. Bien sûr, de par les attributions du gouvernement, aucun parti politique ne peut se substituer à lui puisqu’ils n’ont pas les mêmes attributions… Nous sommes dans un processus de décentralisation qui fait de chaque burkinabè, citoyen d’une commune et qui appelle à la participation et l’appropriation sociale. Comment peut-on faire de l’appropriation sociale sans sensibiliser à la bonne gouvernance au niveau local à partir du moment où on parle de république et de Front républicain? Notre devoir est de sensibiliser pour que les fondements de cette république soient basés sur la bonne gouvernance de façon générale. Maintenant, s’il s’avère que cette bonne gouvernance n’est pas mise œuvre dans certains domaines, nous allons le dénoncer. Donc, cela ne veut pas dire qu’au Front républicain, on n’est là pour tout applaudir. Quand il y aura des choses à dénoncer, nous allons le faire parce ce qu’il faut que le pays soit bien gouverné.

S.: Voulez-vous jouer le rôle de veille?

T. A. C.: On peut l’appeler ainsi, parce que le pays n’appartient pas à une certaine classe politique au détriment de l’ensemble. Quoi qu’on dise, tous ceux qui font la politique, ce ne sont pas les plus pauvres du Burkina. Il y a la pauvreté au Burkina Faso, même s’il y a des avancées significatives qu’il faut consolider. C’est l’un des rôles du Front Républicain, nous ne sommes pas des griots, avec tout le respect qu’on doit aux griots.

S.: Vous entendez également prendre en compte les jeunes, les anciens pour leur épanouissement, est-ce que vous pensez que ces couches sociales ne sont pas prises en compte dans les politiques publiques actuelles?

T. A. C.: L’un de nos problèmes au Burkina dont on parle peu, c’est la croissance démographique. Le Burkina Faso fait partie des trois pays au monde où la croissance démographique est la plus forte. Je ne sais pas pourquoi on le cache. Mais c’est la réalité. Et quand on est parmi les premiers pays au monde où la croissance démographique est la plus forte, ce sont des efforts qui sont annihilés. Je crois qu’il y a eu un relâchement dans la planification familiale, instaurée depuis un bon moment… Prenons l’exemple des écoles, des centres de santé, il y avait une école pour dix villages et les gens parcouraient dix km à l’époque. Aujourd’hui, pratiquement tous les villages du Burkina ont une école, nous sommes à près de 83% de taux de scolarisation; mais pourquoi les classes sont-elles surchargées? Cela veut dire que le rythme de croissance de la population est nettement supérieur au rythme de croissance des ressources, malgré les efforts. Pour nous, cette croissance démographique n’implique pas justement que la jeunesse, largement majoritaire. La meilleure façon de combattre un mal, c’est de le combattre à la racine… Si on veut régler les problèmes du pays, il faut commencer par régler le problème de la jeunesse. Si les bras valides ne se mettent pas en mouvement, il sera difficile de réaliser le développement. En plus de la jeunesse, il y a les femmes qui sont minées par les pesanteurs sociales... Nous n’allons pas nous substituer à qui que ce soit... Il y aura des moments où nous allons dire attention, il y a telle frange de la population qui n’est assez prise en compte. C’est attirer l’attention. Dénoncer, c’est déjà contribuer à agir puisque nous n’avons pas qualité pour agir, nous ne sommes pas le gouvernement, mais, au moins, nous avons qualité en tant que citoyens de mettre le doigt sur ce qui est moins bien fait.

S.: Etes-vous juge et partie?

T. A. C.: Nous ne sommes pas des soutiens aveugles. Il y a une différence entre le soutien au gouvernement et le soutien à la république parce que le gouvernement et les hommes passent et la république demeure. Pour nous, c’est de la république qu’il s’agit et non du gouvernement ou d’une institution. Ce sont ces fondements de la république que nous voulons voir consolidés. Cette consolidation passe par l’interpellation de ceux qui dirigent, de ceux qui veulent agir au nom des populations… Voilà, entre autres, les objectifs du Front républicain.

S.: Votre dernier mot?

T. A. C.: A l’Union pour la république, nous répétons que le Burkina n’appartient à personne, ni à aucun groupe particulièrement. Nous n’avons rien contre ceux qui sont d’avis contraire ou des points de vue divergents avec nous. Nous n’avons pas de faveur particulière pour ceux avec lesquels nous sommes au Front républicain… Pour nous, la survie de notre parti dépend de notre capacité en tant que UPR à continuer à consolider nos bases parce que, aucun autre regroupement ne peut nous apporter ce que nous-mêmes, nous n’avons pas pu construire. Nous souhaitons que l’ensemble des acteurs politiques aient à l’esprit qu’au Burkina, nous sommes près de 17 millions et que nous qui sommes de temps en temps dans la rue, nous ne sommes pas la majorité de la population... Que l’on soit de l’opposition ou du Front républicain, toutes les actions doivent être guidées par l’intérêt général du Burkina, parce que si le Burkina n’est pas préservé, chacun de nous en sera responsable devant l’histoire...


Interview réalisée
par Kossaomanè Anselme KAMBIRE



702
Partager sur Facebook

Commentaires - Ajouter un commentaire - Voir tous les commentaires (1)
Posté parJeunedame seret - 07/06/2014 à 02:28:00
Des propos contradictoires qui traduisent une absence de fermeté. " CE POUR QUOI JE NE PEUX ÊTRE D'ACCORD, C'EST QU'ON SOIT CONTRE LE REFERENDUM"....."LE FRONT N'A PAS POU OBJET DE DÉFENDRE LES OBJETS...

> Recherche





>SOURIRE DU JOUR




>IMAGE DE LA CITE






> Edito

03/12/2017 19:50
26/11/2017 22:30
 

 



> Inscrivez-vous à la Newsletter

Newsletter

> Conseil des ministres


Voir tous les comptes rendus