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Clément P. Sawadogo,sercétaire général du MPP

01/10/2015
18:49

Le putsch perpétré par l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) a été fermement condamné par le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Dans cette interview, le secrétaire général du parti, Clément P. Sawadogo, se prononce notamment sur le démouement de la crise, la question de l’amnistie et le sort des putschistes, le saccage des domiciles de responsables du MPP, et la date des prochaines élections.

Sidwaya (S.) : Quels ont été les points abordés par la dernière réunion du bureau exécutif du MPP ?

Clément P. Sawadogo (C.P.S) : Nous avons fait le point de la situation politique nationale marquée par la déroute des forces de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle qui ont mis à sac notre pays pendant près de deux semaines. Ce putsch a été déjoué par la mobilisation populaire énorme, presque jamais égalée, sinon du temps de l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014, et du fait de l’engagement déterminé de nos forces armées nationales. Elles sont venues à bout de ce putsch qualifié aussi par certains de rébellion. Nous nous sommes réjouis de ce dénouement qui permet aujourd’hui à notre pays de passer à autre phase, d’ouvrir de nouvelles pages par rapport à l’organisation des échéances électorales et à l’avenir serein et radieux de notre pays. Nous avons déploré les pertes en vies humaines, les victimes de toutes natures, notamment les centaines de blessées du fait de la barbarie des éléments de l’ex-RSP, les incendies des domiciles, les saccages et toutes les répercussions multiformes, notamment les pertes économiques, les difficultés au niveau des hôpitaux, de la vie sociale en général. Nous avons présenté notre compassion aux familles des disparus et souhaité un prompt rétablissement aux blessés. 

S. : Quel sort faut-il réserver aux auteurs du putsch ?

C.P.S : J’exclus déjà l’idée d’amnistie. Les Burkinabè ont rejeté globalement cette idée avancée par des médiateurs de la CEDEAO. On ne peut pas amnistier dans les conditions d’une forfaiture aussi fraîche, des auteurs qui ont consciemment pris les armes du peuple pour tuer des éléments du peuple, et s’emparer illégalement du pouvoir. Nulle part dans le monde on ne peut accorder une telle amnistie et dans ces conditions. Le peuple attend et espère que justice soit rendue pour qu’on ne continue pas à alimenter l’impunité dans notre pays, favorisant par-là l’accumulation et la survenue de nouveaux actes de ce genre. Aujourd’hui le peuple crie justice et au niveau du MPP nous voulons que justice soit rendue, que toutes les responsabilités soient clairement situées, que ce soit au niveau des éléments militaires, civils et aussi des partis. Les sanctions qui en découlent devront être prises par les institutions habilitées.

S. : Comment appréciez-vous le gel des avoirs des personnalités et des partis politiques ?
C.P.S : C’est une décision de justice prise par le procureur général comme une mesure conservatoire. Ce sont les autorités compétentes qui peuvent dire ce qui les a motivées. A partir du moment où on parle d’une circulation énorme d’argent qui a dû permettre d’acheter des consciences et d’obtenir l’adhésion d’un certain nombre de soldats ou peut-être de mercenaires, nous n’en savons rien, il est tout à fait normal que l’autorité puisse investiguer. Si la justice a estimé qu’il est nécessaire de prendre des mesures pour éviter que les putschistes puissent continuer à utiliser ces ressources pour embraser la situation, faire davantage de victimes et maintenir le pays dans une situation durablement trouble, il est normal qu’elle prenne des mesures.

S. : Pour d’aucuns, le gel des avoirs de certains partis vous arrange.

C.P.S : Je ne pense pas qu’aujourd’hui il y ait un parti politique normal qui se targue de bénéficier de cette action. En tous cas, au MPP, nous ne voyons pas le dénouement de cette crise comme quelque chose de particulièrement bénéfique ou profitable à nous. Nous avons notre propre stratégie de campagne et nous étions dans cette lancée. Nous ne définissons pas nos stratégies en fonction des autres acteurs politiques. Nous avançons sur le terrain jusqu’au jour des élections et c’est le peuple qui nous jugera comme les autres.

S. : Votre parti et ses responsables ont-ils subi des préjudices lors du putsch ?

C.P.S : Le parti en tant qu’organisme n’a pas subi de dégâts. Mais par contre, le domicile de notre premier vice-président, le camarade Salif Diallo a été littéralement saccagé et incendié. Le domicile de notre deuxième vice-président le camarade Simon Compaoré a été saccagé. Aujourd’hui encore les impacts des balles sont visibles. Au-delà de ces deux camarades, d’autres ont subi des préjudices moins connus de l’opinion et certainement que le point qui va être fait par les institutions et à notre niveau, permettra de rendre public les dégâts directs et collatéraux de cette aventure des putschistes.

S. : Les « gourous » du MPP ont-ils eu peur pour leur vie ?

C.P.S : Naturellement, puisqu’on faisait état de la circulation de listes noires sur lesquelles les principaux responsables du MPP étaient cités comme peut-être des acteurs d’autres partis ou de la société civile. Il y a eu des attaques ciblées et nous n’étions pas à l’écart des calculs machiavéliques de leurs auteurs. Le garde du corps du président du MPP, Roch Marc Christian Kaboré a même été agressé dans le hall de l’hôtel Laïco, ce qui traduit le déraisonnement des acteurs du putsch. Comment voulez-vous qu’à l’occasion d’une médiation internationale, on poste des éléments civils appuyés par des militaires pour s’attaquer physiquement aux personnes conviées, dont des journalistes. Ce sont des méthodes de fascistes, de barbares. Quand des gens parlent d’inclusion pour les élections, leur problème n’est pas d’installer dans ce pays une démocratie parce que des démocrates ne peuvent pas se comporter comme cela. Ces gens luttent pour récupérer leur pouvoir perdu depuis l’insurrection.

S. : Votre parti a-t-il proposé une date pour les élections ?

C.P.S. : Nous ne sommes pas dans une démarche isolée. Notre parti est respectueux de ses engagements. Avec les partis de l’ex-opposition, nous avons eu des concertations qui ont abouti à proposer la date du 8 novembre 2015. C’est une première proposition. Il faut connaître tous les paramètres qui concourent à la fixation de la date et la prendre en compte. En tout état de cause, c’était bon que nous avancions une première proposition qui pourrait être examinée par le gouvernement, la CENI et les autres acteurs.

Interview réalisée par Bachirou NANA







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