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Portrait de la candidate Françoise Toé

14/11/2015
13:49

Françoise Toé est candidate à l’élection présidentielle du 29 novembre 2015 au Burkina Faso. Elle se présente sous la coupe du Mouvement de libération nationale-Burkina Faso (MLN-BF), un regroupement d’indépendants, membre du Parti pour la démocratie et le progrès/Parti socialiste (PDP/PS).  Elle dévoile son programme de société et sa détermination à briguer la magistrature suprême. 

 Françoise Toé est une experte-comptable de formation et dirige la Société d’expertise comptable, conseil, audit et prestation informatique (SECCAPI), située à Ouaga 2000. Elle a fait ses études primaires à l’école privée missionnaire de Toma, chef-lieu de la province du Nayala (région de la Boucle du Mouhoun). Le premier cycle au Collège des jeunes filles de Tounouma, puis le second cycle au Collège des jeunes filles de Kologh-Naaba à Ouagadougou. Titulaire d’un Baccalauréat A4,  elle poursuit ses études en droit des affaires à la Faculté de droit à Poitier, en France.  Avec la maîtrise en poche, elle n’hésite pas à saisir l’opportunité qui lui est offerte pour avoir des connaissances en comptabilité. Revenue au pays en 1977, elle est employée à la Banque nationale de développement du Burkina (BND) tout en suivant des cours par correspondance. En vue de décrocher le titre d’expert-comptable, elle a besoin de repartir en France pour un stage. Bien que n’ayant pas obtenu l’accord de son employeur, elle décida d’y aller. Et elle perd son poste. Une attitude que l’on comprend, à entendre sa sœur cadette, Mme Ouattara/Toé Denyse : «Rien ne peut arręter Françoise de se battre pour atteindre l’objectif recherché.  C’est une battante, une femme de parole». Avec un maximum de diplômes en poche, Françoise Toé exerça son métier en France, avant de rentrer au pays pour ouvrir son propre cabinet d’expertise comptable en 1992. Les collaborateurs, notamment Yves Lapeyrere, la décrivent comme une professionnelle de haut niveau. «Elle est une femme exigeante pour elle-même et pour les autres. Difficile de l’arrêter». La recherche de la perfection lui vaut souvent d’être incomprise.Dans la matinée du 7 septembre 2015, nous l’avons rencontrée à son cabinet. Après quelques minutes d’attente dans la salle de réunions, une dame d’une soixantaine d’années et de taille moyenne fit son entrée et s’avança tout en souriant. C’est la propriétaire des lieux. Surprise totale. Alors que nous nous attendions à voir une personne « très sophistiquée», c’est plutôt une dame d’une simplicité frappante que nous découvrons.  Elle était vêtue d’un boubou simple en basin bleu brodé au cou sur lequel était soigneusement mise une écharpe en tissu, communément appelée «liuli peende». De teint noir peu foncé et sans maquillage, elle est une femme «naturelle».  Toute chose que la sœur cadette a confirmée. «Non. Ce n’est pas pour la circonstance. Françoise a toujours été simpliste dans l’habillement, contrairement à  moi».  Elle parle couramment san, dioula et français avec un accent légèrement européanisé. Ses premiers pas en politique datent du temps où elle était étudiante, influencée par le Mouvement national de libération (MLN) de Joseph Ki-Zerbo.  Plus tard, elle occupa le poste de secrétaire nationale aux relations extérieures du PDP/PS qu’elle représentait en France.  Sa persévérance lui vaut aujourd’hui d’être la candidate du Mouvement de libération nationale-Burkina Faso (MLN-BF), un regroupement d’indépendants et membre du Parti pour la démocratie et le progrès/Parti socialiste (PDP/PS). Elle décrit la politique comme une manière d’apporter sa pierre à l’édification du pays. Elle veut contribuer à la gestion de la chose publique en appliquant les valeurs qui lui tiennent à cœur, avec comme idéologie, le socialisme.
 Les valeurs auxquelles elle fait référence, sont entre autres l’humanisme, la solidarité, l’intégrité. Une fois élue présidente du Faso, elle dit vouloir faire de la démocratie participative, c’est-à-dire «associer les populations à la prise de décision et les amener à s’en approprier ».

La démocratie participative

Le programme de société de la candidate Toé est basé sur le développement endogène de l’homme. Son ambition est de permettre à chaque Burkinabè de disposer d’au moins un repas par jour. Celle qui brigue la magistrature suprême, trouve inadmissible qu’il y ait aujourd’hui des Burkinabè qui n’ont pas cette possibilité, quand on sait que le Burkina Faso regorge de potentialités. Si Mme Toé a décidé de se présenter à la présidentielle,  elle confie que c’est pour combattre l’injustice sociale, la mauvaise gouvernance, la corruption et l’impunité. Comment compte-t-elle s’y prendre ? «Il faut travailler à changer les mentalités, à inculquer aux gens l’amour du travail bien fait et à leur permettre de gagner leur pain à la sueur du front. Privilégier l’intérêt collectif et faire de la démocratie participative, c‘est-à-dire amener les populations à prendre part activement aux chantiers  du développement», indique-t-elle. La candidate du MLN-BF pense pouvoir apporter aux Burkinabè un changement qualitatif. Cela suppose qu’il faut investir dans le secteur agricole pour atteindre l’autosuffisance alimentaire. « Il s’agit de moderniser l’agriculture en offrant des moyens, des outils, des infrastructures nécessaires aux populations, de réaliser des points d’eau, des barrages pour la pratique de leurs activités en saison sèche», estime la candidate. Pour Mme Toé, le développement passe par le développement des routes. C’est pourquoi, elle compte une fois élue présidente du Faso, faire de l’amélioration des infrastructures routières, son cheval de bataille. Elle promet de veiller particulièrement à ce que l’attribution des marchés se fasse dans la transparence. Il faut par exemple, dit-elle, que l’exécution des marchés de construction ou d’entretien des routes soit contrôlée par la population, de sorte à contraindre les entreprises à respecter les termes du contrat. Avant toute attribution de marché, il est nécessaire, à ses yeux, que l’entreprise fasse preuve de sa capacité réelle.Santé et éducation, secteurs prioritaires
La question du genre est au cœur des préoccupations de Mme Toé. A ce sujet, elle dit être réaliste car ne possédant pas de baguette magique pour changer la donne. Cependant, elle soutient que c’est par l’éducation que l’on peut changer les mentalités. D’où sa volonté d’offrir une éducation de qualité à tous. Gratuité de l’éducation pour tous les enfants jusqu’à 16 ans.  Dans le projet de la candidate du MLN-BF, une priorité sera accordée aux secteurs de l’éducation et de la santé. «Il faut que les travailleurs de ces secteurs soient bien formés et motivés. Nous allons augmenter leurs salaires». Le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) va connaître une augmentation également pour atteindre 40 000 FCFA.  L’expert-comptable promet par ailleurs travailler à donner de l’emploi aux jeunes. Mais au préalable, cette frange de la population doit bénéficier d’une bonne éducation et formation. Pour les moyens de mise en œuvre, elle compte les tirer d’une bonne gestion des ressources disponibles. Mme Toé, décrite comme une femme calme et peu prolixe, se dit favorable à un retour de l’ancien président Blaise Compaoré au pays pour être jugé, si la justice le demande. Une justice qui doit d’ailleurs être indépendante, à l’entendre. «Pas d’interférence du politique dans la justice», martèle-t-elle.  L’intellectuelle Toé est convaincue de la nécessité de la  séparation des pouvoirs : exécutif, législatif et judiciaire. Si elle est élue au soir du 29 novembre, elle entend veiller à ce que les crimes de sang et économiques ne restent pas impunis. 
A ses détracteurs qui lui reprochent de n’être pas connue, la candidate répond qu’ils se trompent. Son séjour dans l’Hexagone ne l’empêche pas d’être proche des populations car elle dit aimer cultiver. Elle affirme que les Burkinabè ont soif de changement qui peut se réaliser avec le programme qu’elle soumet à leur appréciation. «J’invite les Burkinabè à me choisir car j’incarne un changement qualitatif», a-t-elle déclaré. 

 Par Habibata WARA


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