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Valérie Sanou/Goungounga : «Environ 3 500 logements sociaux et économiques sont déjà réalisés »

30/06/2014
23:07

L'acquisition d'un logement, surtout dans les centres urbains au Burkina Faso, relève d'un parcours du combattant pour la majorité de la population. Pour remédier un tant soit peu à cette problématique, le gouvernement a lancé en 2007, le programme "10 000 logements sociaux et économiques".  A travers cet entretien, la directrice de la promotion de l’habitat et du logement, Valérie Sanou/Goungounga, fait l’état de la mise en œuvre de l’opération et donne les perspectives en matière de logement dans le pays.

Sidwaya (S.) : Comment se porte aujourd’hui le programme "10 000 logements sociaux et économiques" lancé en 2007 ?


Valérie Sanou/Goungounga (V.S.G.) : En ce qui concerne le programme "10 000 logements sociaux et économiques", nous sommes à une phase de mise en œuvre. Nous sommes à un taux qui avoisine 30% en termes de nombre de logements, mais en termes de procédures établies depuis la mise en place de ce programme, le taux est considérable.  Au-delà de la construction des logements, il a fallu mettre en place tout un environnement. Il y a eu la création de la Banque de l’habitat bien avant et l’adoption de la loi portant promotion immobilière. Beaucoup de choses ont été faites pour permettre à ce programme de se dérouler. Le programme a été lancé en 2007 en même temps que tout ce qui va lui permettre de se réaliser, pour prendre fin en 2017. Actuellement, nous avons environ 3 500 logements qui sont réalisés, mais d’ici la fin de l’année, nous en aurons 3 954. Nous sommes en train de capitaliser les difficultés. Nous allons nous redéployer mieux afin d’offrir aux populations burkinabè, des logements décents. Nous sommes en train de faire le point et les perspectives sont heureuses. Depuis 2012, les plus grandes opérations de construction de logements sociaux et économiques ont été lancées. Nous pensons que le programme se porte donc assez bien et que nous allons atteindre les objectifs et aller au-delà parce que le besoin en logement au Burkina dépasse cela. 


S. : Quelles sont concrètement les difficultés dans la mise en œuvre de ce programme ?


V.S.G. : Il y a énormément de difficultés. Nous sommes en train de les capitaliser justement. Elles sont de plusieurs ordres. Il y a aussi bien les problèmes liés au foncier qu’à la cherté des matériaux de construction. Il existe aussi des problèmes liés aux services sociaux de base et ceux tributaires de la capacité organisationnelle des entreprises de construction. Il faut que nous réglions tout cela. Le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme n’est que le chef d’orchestre. Lui seul ne peut pas résoudre ces difficultés.  C’est de mettre en danse tous ces intervenants pour pouvoir arriver à une bonne exécution du programme. C’est assez difficile parce que nous avons des résultats que nous devons produire alors que la responsabilité de certaines actions ne nous incombe pas. Il y a également le fait que les attributaires des logements ont des difficultés  de paiement au niveau des institutions financières. 


S. : Comment appréciez-vous l’apport des promoteurs privés dans cette politique de construction ?


V.S.G. : L’apport des promoteurs privés est considérable. Au début du programme, c’est l’Etat qui construisait les logements. Maintenant, la construction de ces logements incombe aux promoteurs privés. Ils construisent et les commercialisent de concert avec nous. Ils viennent avec leurs moyens techniques et financiers pour accompagner le ministère dans la mise en œuvre du programme. 


S. : Est-ce que la suspension des lotissements dans les deux grandes villes du pays ne va pas entraver la construction des logements sociaux et économiques ?


V.S.G. : Nous ne pensons pas que cela peut entraver cette politique de construction. L’un des problèmes majeurs auquel les lotissements ont fait face, c’est l’inoccupation des parcelles produites après des lotissements. Les états généraux des lotissements ont fait des recommandations qui tendent à dire qu’il ne faut pas délivrer seulement des parcelles aux ménages, mais plutôt des logements. C’est cela la politique du gouvernement en matière de logement. La procédure est donc différente. Au contraire, c’est tirant leçon de l’accès des populations au logement que le gouvernement préconise les logements au lieu des parcelles.


S. : Une chose est de construire des logements, une autre est de les rendre habitables en mettant en place les services sociaux de base (électricité, eau, infrastructures sanitaires et scolaires…).  Le ministère en charge de l’habitat a-t-il trouvé une solution pour résoudre l’équation de la cité de Bassinko ?


V.S.G. : Comme nous l'avons souligné tantôt, le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme n’est pas seul dans la mise en œuvre de ce programme. Les différents services sociaux de base ont été prévus. Le ministère a sollicité l’intervention des autres départements ministériels (santé, éducation, sécurité…) pour que ces services soient effectifs. En ce qui concerne le chantier de l’école à Bassinko, les travaux ont démarré. Pour les autres espaces, ils sont en train d’être cédés aux différentes structures. Nous avouons que les choses ne se sont pas passées dans les délais normaux. A l’achèvement des logements il fallait que ces infrastructures soient disponibles. Il y a eu donc quelques difficultés à ce niveau. Nous sommes en train de rattraper cela. C’est vraiment une préoccupation de notre département. Nous sommes conscients qu’au- delà des logements, il faut que ce soit tout un habitat, c'est-à-dire avec des équipements d’accompagnement.


S. : Avez-vous d’autres initiatives pour prévenir une crise du logement au Burkina Faso, au-delà de l’opération 10 000 logements sociaux et économiques ?

V.S.G. : Le ministère en charge de l’habitat a analysé la problématique du logement au Burkina Faso et a défini trois axes d’intervention pour régler ce problème. Le premier axe, c’est pour les populations les plus démunies. Il s’agit du logement locatif. Comme l’on sait que tout le monde ne peut pas être propriétaire de son logement, nous sommes en train d’élaborer une réglementation sur le logement locatif privé. Nous sommes en train de travailler là-dessus. Un consultant a été recruté et un atelier a eu lieu dans ce sens. Nous voulons arriver à des loyers qui reflètent non seulement la réalité des coûts d’investissements, celle du pouvoir d’achat du burkinabè mais aussi la qualité de ces logements. Il y a un parallèle qui est proposé en fonction de la qualité de la construction, de la situation géographique  et de la possibilité de paiement des personnes qui sont dans la visée. Après ce palier, nous avons l’assistance à l’auto-construction. Il y a des gens qui ont des parcelles mais qui ont du mal à les mettre en valeur parce qu’ils ne savent pas à qui s’adresser. Nous avons un bureau d’assistance d’auto-construction logé au sein de notre direction. Nous avons des plans-types pour des superficies inferieures à 150 m2 où l’on n’est pas obligé de faire recours au service d’un cabinet. Nous avons des techniciens qui donnent des conseils. Mais par défaillance de communication, ce bureau reste méconnu de la majorité des populations. Nous invitons donc les gens à faire recours à ce bureau pour leurs constructions. La construction des logements sociaux et économiques constitue le troisième palier qui est destinée aux salariés et qui sont « banquables ». 


S. : Votre département préconise également d’autres modes de construction afin de pallier le problème d’espace dans les centres urbains. Parlez-nous de ces dispositifs ?


V.S.G. : Nous faisons face effectivement au problème de l’étalement urbain. Le problème de la spéculation foncière fait qu’il y a des personnes qui s’installent en périphérie des villes. Malheureusement, quand les opérations de lotissement arrivent dans ces zones, les populations se déplacent encore plus loin. Ce qui fait qu’il ya des difficultés pour les services sociaux de base dans ces quartiers. Pour régler ce problème, nous avons préconisé que les constructions puissent se réaliser en hauteur pour éviter que la ville ne s’étale de façon exagérée. Nous avons recommandé que la taille des parcelles soit réduite. Actuellement à Bassinko, nous sommes en train de nous déployer sur des parcelles de 200 m2. Il ya des plans conçus pour s’adapter à ces parcelles. 


Entretien réalisé par Kowoma Marc DOH
dohmarc26@yahoo.fr






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