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Burkina : le canton du Risiam  dans le Bam  disputé par deux camps //Sport : Le Colonel David KABRE a été élu président de l’Organisation du Sport Militaire en Afrique (OSMA).// Harouna Dicko, responsable de plusieurs attaques dans le nord du Burkina à été abattu mercredi nuit sur une colline de Petega dans la province du Soum ; 18 autres  personnes ont été interpellées et des armes récupérées (média)//Le général Mathias Doué, 71 ans, ancien chef d’état-major de l’armée ivoirienne (2000-2004) est décédé, jeudi 23 mars, à l’âge de 71 ans, (fille Nancée Doué)  //« Le Burkina Faso est aujourd’hui considéré comme un succès démocratique, et un modèle de bonne gouvernance en Afrique », Président du Faso. 
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Couvre-feu ou «couvre-peu » ?

07/01/2016
19:39

Depuis les soubresauts du gwan-gwan national, un couvre-feu a été décrété sur l’ensemble du territoire national à partir d’une heure du matin. Nous avons tous salué cette mesure de sécurité et nous avons même commencé à dormir sur nos deux oreilles. Dans mon «célibatorium», les locataires s’adonnent à un concert ou un concours de ronflement inédit. Le boutiquier a même osé pousser sa fermeture jusqu’aux encablures de minuit. Mon voisin choco, l’intrépide étalon de la cour se permet même de «coller la petite» jusqu’à minuit trente avant de la raccompagner. La voisine du fond traîne parfois dans la «caisse» du tonton à la bedaine sur l’esplanade de la tentation jusqu’à une heure et demi. Oui, je suis d’accord, cette dernière exagère un peu mais qu’est-ce que vous voulez ? Plus c’est interdit, mieux on en jouit ! 
Bref, le couvre-feu est en vigueur depuis des lustres maintenant, mais curieusement et malheureusement, c’est sous le couvre-feu que nous sommes braqués. C’est sous le couvre-feu que les voleurs font de bonnes affaires. Finalement à quoi sert ce couvre-feu ? Ou du moins, à qui profite le couvre-feu ou en français facile, qui bénéficie du couvre-feu ? Qui couvrez-vous vraiment et qui se couvre pendant ce couvre-feu pour nous ouvrir le feu et très souvent à visage couvert ? Quels sont les secteurs couverts et quels sont les quartiers à découvert ? De Karpala à Pissy en passant par Nagrin et Tanghin les nuits sont pleines d’ennui et les honnêtes citoyens manquent de moyens pour se défendre. Visiblement le couvre-feu ne couvre pas tous les épicentres du feu et c’est vraiment dommage que la sécurité des plus faibles soit confiée aux bras vacants du ciel. Votre couvre-feu nous couvre peu. Même en pleine ville, on peut vous réveiller et vous dépouiller de tout. Pire,  vous pouvez même à votre corps défendant aider le voleur à charger son butin dans son camion. Dans ce cas, il ne vous reste qu’à lui souhaiter une bonne traversée et surtout un bon usage du dommage qu’il vous a fait subir. Et n’oubliez pas de le remercier pour la vie sauve qu’il a daigné vous laisser.
Oui, vous faites des saisies et vous appréhendez pas mal de malfrats. Mais la termitière continue de se construire, la poudrière s’étend malgré vos croisières en hélicoptère ou en montgolfière. Chaque nuit, nous confions nos sorts à la providence en espérant que le hasard veillera à nos portes mal scellées. Sans être un expert en sécurité, accepter stoïquement ce coup de plume dans la plaie et convenez avec nous que l’insécurité au Faso est devenue un fléau. Même en plein midi dans un grand espace vide on peut vous dépouiller de votre monture et racler vos maigres jetons de poche. En cas de danger, vous pouvez taper dix fois le 10 10 sans la moindre réponse. Le numéro vert n’est pas toujours au vert et il faudra travailler à garder ce sésame ouvert au risque de nous envoyer en enfer. Si nous l’écrivons, c’est parce que nous vivons comme nous survivons. Bien sûr, la lutte contre le grand banditisme requiert des moyens. Au-delà du courage et de la volonté des hommes commis à la tâche, il y a la logistique et tout le reste. On ne peut dompter le mal les mains nues. Un agent de sécurité sans défense est un figurant encombrant sur le terrain ; un tigre en papier froissable à volonté. Faisons donc en sorte que nos forces de l’ordre ne perdre pas la face dans la croisade anticriminalité. Et pendant que nous y sommes et si nous travaillions à résorber le chômage en ville et en campagne, nous pourrions peut-être atténuer le mal et retrouver le sommeil. Mais en attendant, couvrez-nous des feux qui couvent sous le couvre-feu. Et là, nous pourrons dire qu’il n’y a pas le feu !


Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr



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