Coup d’Etat au Niger

Le colonel Abdoulaye Adamou Harouna, nouvel homme fort du pays

vendredi 19 février 2010

Des militaires venus de l’intérieur du Niger avec des blindés, les Bérets verts, ont renversé le président Mamadou Tandja. Le Niger semble renouer avec ses vieux démons...

Tout a commencé hier, jeudi 18 février 2010, en milieu de journée, par des tirs à l’arme lourde dans les environs du palais présidentiel nigérien. Alerté par sms par un ressortissant à Niamey, le quodien de tous les Burkinabè a suivi le déroulement des événements qui ont fini par se préciser en début de soirée. Il y a bel et bien eu coup d’Etat à Niamey. Le président Tandja est aux arrêts ainsi que des membres de son gouvernement. Le nouvel homme fort du Niger serait le colonel Abdoulaye Adamou Harouna.

Au départ confuse, la situation s’est progressivement précisée au fil des heures. En milieu d’après-midi, des soldats étaient déployés autour du palais présidentiel et dans les rues adjacentes. "Le président Tandja serait aux mains des mutins", annonce plusieurs médias occidentaux.

Il s’agit d’une tentative de « coup d’Etat » et le président nigérien « a priori n’est pas dans une bonne position », déclare même un responsable français. Auparavant, vers 13 heures heure locale, soit 12h TU, des soldats qualifiés dans un premier temps de mutins, après avoir neutralisé la garde présidentielle, pénétrent au palais présidentiel où se déroulait un conseil des ministres extraordinaire. Le chef de l’Etat est présent avec l’ensemble de son gouvernement.

Une partie du palais présidentiel semble en feu en ce moment. Plusieurs temoins ayant parlé de fumée sur le palais présidentiel... Dans la ville, un mouvement de panique est observé et les populations se précipitent vers leurs domiciles mais très vite, le calme serait revenu. Le fait que les casernes de Niamey n’ont pas bougé y serait pour quelque chose. Chaque caserne s’est en effet contentée de pré-positionner des armes lourdes à son entrée, préférant attendre.

Sur place au palais présidentiel, les choses bougent également dans le calme : les Bérets verts procèdent à l’arrestation des ministres présents sur place. Ils sont rassemblés par des militaires et transférés à quelques centaines de mètres de là, dans les locaux du Conseil supérieur de la communication. Selon les informations reçues, ils ont été traités avec respect. On leur aurait même laissé leur téléphone.

Quant au chef de l’Etat, le président Mamadou Tandja, il a été emmené par des militaires vers un camp militaire à la périphérie de la ville. Des sources concordantes précisent qu’il a été pris avec son aide de camp.

Il aurait quitté le palais à bord d’une voiture. Ils « seraient retenus » dans la garnison de Tondibia, située à une vingtaine de kilomètres de la capitale. Tandis que le coup d’état se précise, deux noms d’officiers supérieurs circulent comme étant les auteurs du putch. Côté bilan, différentes sources parlent de plusieurs morts chez les soldats. Des sources militaires font état d’au moins trois ou quatre morts dans les rangs de l’armée. Des soldats qui auraient été tués par un tir de missile.

De source hospitalière, on fait état également d’au moins trois soldats tués. Un reporter de Reuters avait auparavant vu cinq militaires blessés dans un hôpital. Trois sources militaires nigériennes ont indiqué dans la soirée que le putsch avait réussi et qu’il était dirigé par un officier, le colonel Abdoulaye Adamou Harouna.

Dans la soirée, le porte-parole des putchistes, le Colonel Goukoye Abdoul Karim a annoncé sur les ondes publiques, la supension de la consitution et la formation d’un Conseil Suprême pour le rétablissement de la démocratie.

La radio d’Etat "Voix du Sahel" a suspendu ses programmes pour diffuser de la musique militaire à partir de 18 h 40. Lors des coups d’Etat de 1974, 1996 et 1999, la radio d’Etat avait aussi diffusé de la musique militaire avant que les putshistes ne prennent la parole sur ses ondes.

La France a demandé à ses ressortissants à Niamey de rester confinés chez eux, a-t-on appris de sources diplomatiques. Air France a décidé de suspendre ses vols vers le Niger à la suite des évènements, a annoncé jeudi une porte-parole de la compagnie aérienne à l’AFP.

Ce coup d’Etat intervient alors que le pays traverse une crise politique. Le président Mamadou Tandja, au pouvoir depuis 1999, ayant dissous le Parlement et fait adopter, en août, une réforme constitutionnelle qui lui permet de se maintenir au pouvoir trois ans supplémentaires au-delà du terme de son deuxième mandat, prévu initialement pour décembre 2009. Une manœuvre qui lui a valu des sanctions internationales. Un dialogue entre le pouvoir et l’opposition, qui se déroule sous l’égide d’un médiateur ouest-africain, a été temporairement suspendu jeudi dernier.

Victorien A. SAWADOGO


Bruits de la ville

Un avion nigérien atterrit à Ouagadougou

Il est parvenu à Sidwaya, de sources dignes d’interêt, qu’un avion nigérien a atterri dans l’après-midi d’hier 18 février 2010 sur le tarmac de l’aéroport international de Ouagadougou.

Cet avion de type C 130, qui effectuait une mission civile pour le compte de la BCEAO et qui devait atterrir à l’aéroport de Niamey, a dû rebrousser chemin sur un aéroport sécurisé, celui de Ouagadougou. Selon nos informations, cet avion faisait la ligne Zinder-Niamey. Il a été dérouté sur Ouagadougou pour la sécurité de sa cargaison.

Sidwaya


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