ATT refuse de jouer la prolongation au Mali
Le président malien, Amadou Toumani Touré (ATT) décide de rendre son tablier à la fin de son mandat en 2012. Il ne lèvera pas le verrou de la limitation du mandat présidentiel à deux, mettant ainsi fin aux spéculations sur un troisième mandat.
Le verrou des deux mandats présidentiels maximum est en bonne place au Mali. Le général président, Amadou Toumani Touré (ATT) du Mali, tient parole. Les supputations autour d’un troisième mandat se sont éteintes. En effet, à la fin de son second et dernier mandat en 2012, il passera la main. Il ne modifiera pas la constitution pour se présenter une 3e fois. Le Comité d’appui aux reformes institutionnelles (CARI) a écarté cette hypothèse.
Et, le 19 avril dernier, à la remise des conclusions du CARI, ATT a manifesté son intention de les respecter. "Je suis un homme d’honneur et puis après le pouvoir, il y a la vie ! Une fois président retraité, j’aurai au moins deux occupations : aller au champ et s’occuper de mes petits-enfants". Le 8 juin 2012, le président ATT se retirera après avoir rempli deux mandats et dans le strict respect de la constitution.
Ainsi, il éloigne son peuple du syndrome nigérien. Et, donne l’exemple à toute l’Afrique. Et la suite du programme au Mali prévoit : un projet de révision de la constitution malienne de 1992 est concocté par un conseil de sages. Dans cette proposition de révision, le nombre et la durée des mandats présidentiels, restent inchangés. Aussi, les textes prévoient un chef d’Etat renforcé par un régime semi-présidentiel.
De même, la loi électorale est profondément remaniée afin de relancer la vie démocratique, permettre de lutter contre le clientélisme et la corruption. Cette constitution révisée sera soumise à référendum. La classe politique malienne est d’accord même si l’opposition émet des inquiétudes. Pour elle le projet a pris du retard et il ne faudrait pas faire l’économie d’un vrai débat parlementaire sur le fond.
Le projet de loi doit être adopté par l’Assemblée avant d’être soumis à référendum d’ici la fin de l’année. Ousmane Sy, secrétaire politique national du ADEMA, a des craintes, car 2011 va être la période du débat sur ces élections. Et, si les réformes ne sont pas opérées avant 2011, ça risque de poser des problèmes. "Il y a un souci à se faire sur le calendrier parce qu’il y a des consultations indispensables", pense-t-il.
A toute chose égale par ailleurs, la déclaration du président malien, Amadou Toumani Touré de ne pas modifier la constitution pour un 3è mandat fait que du coup, la présidentielle de 2010 s’annonce très ouverte et ATT rentre dans l’histoire de la démocratie.
Boureima SANGA