Abdoulaye Wade le président sénégalais et le représentant spécial du Facilitateur Boureima Badini, se concertent
Le président sénégalais Abdoulaye Wade, à l’invitation de son homologue ivoirien Laurent Gbagbo, a effectué une visite de 48 heures (du 22 au 23 avril 2010) à Abidjan. Le Chef de l’Etat sénégalais à mis à profit son séjour en Côte d’Ivoire pour s’entretenir avec tous les acteurs impliqués dans le processus de sortie de crise. Il a reçu, dans ce cadre, le Représentant spécial du Facilitateur du dialogue direct interivoirien, Boureima Badini qui a partagé avec lui, la vision de la sortie de crise du Président Blaise Compaoré.
A son arrivée à l’aéroport international Félix Houphouët Boigny, le Président Abdoulaye Wade a tout d’abord tenu à préciser aux Ivoiriens l’objet de sa visite. « Je ne suis pas venu faire de la médiation.
Il faut que cela soit très clair. Je suis venu répondre à une invitation, rendre une visite de travail et d’amitié », a-t-il déclaré, mettant ainsi fin aux interprétations infondées qui laissaient croire que le président sénégalais voulait se substituer à son homologue burkinabè Blaise Compaoré en sa qualité de facilitateur du dialogue direct interivoirien.
« La médiation, c’est nous, (moi et les autres) qui l’avons confiée à Blaise Compaoré. Je suis très content de ce qu’il fait. Je lui ai téléphoné pour lui dire que je viens en Côte d’Ivoire… », a-t-il poursuivi. En recevant le Représentant spécial du Facilitateur le vendredi 23 avril, le Président Wade a tenu avant tout, à préciser une fois de plus qu’il n’était pas à Abidjan pour faire la médiation.
Après cette précision, il a félicité le Président Compaoré pour « l’excellent travail de médiation qui a permis d’enregistrer des résultats satisfaisants pour une sortie de crise définitive en Côte d’Ivoire ».Tout en encourageant le bureau du Représentant spécial du Facilitateur dans sa mission, le chef de l’Etat sénégalais s’est dit satisfait de la démarche entreprise par la facilitation qui a su instaurer « un dialogue multilatéral » de tous les acteurs politiques.
Ce dialogue multilatéral qui se caractérise par différentes instances (Comité d’évaluation et d’accompagnement et Cadre permanent de concertation) constitue, pour le Président Wade, le pilier de l’Accord politique de Ouagadougou. Le chef de l’Etat sénégalais a estimé que beaucoup d’étapes ont été franchies et peu de choses restent à faire pour sortir la Côte d’Ivoire de cette crise, ceci grâce à l’application de l’Accord politique de Ouagadougou.
Le Représentant spécial du Facilitateur a fait le point de la situation depuis les audiences foraines jusqu’à la liste électorale provisoire en passant par l’opération d’identification et d’enrôlement des populations et le contentieux électoral.
Au cours de son exposé, Boureima Badini a surtout évoqué des questions liées au processus électoral et à l’état d’avancement des différentes opérations prévues par le quatrième accord complémentaire, lequel prévoit la démobilisation des ex-combattants des Forces armées des Forces nouvelles, le démantèlement des milices et la mise en place de la nouvelle armée.
L’unicité des caisses, le redéploiement de l’administration et la sécurisation du processus ont été évoqués par les deux hommes, qui ont par ailleurs échangé sur les efforts en cours pour la relance du processus électoral, en vue de la confection de la liste électorale définitive et la délivrance de cartes nationales d’identité et des cartes d’électeur. Le Président Abdoulaye Wade et le Représentant spécial du Facilitateur ont relevé leur convergence de vues quant au règlement définitif de la crise ivoirienne.
Le Représentant spécial du Facilitateur était accompagné de son conseiller aux Affaires politiques, de celui chargé des Affaires juridiques et de son conseiller en Communication.
Jean-Baptiste ILBOUDO à Abidjan