Impasse politique à Madagascar

Une sortie de crise se discute à Pretoria

jeudi 29 avril 2010

L’Afrique du Sud et la France ont invité le mercredi 28 avril 2010 à Pretoria, l’actuel homme fort de Madagascar, Andry Rajoelina et le président évincé Marc Ravalomanana pour tenter d’arracher un accord de sortie de crise pour la grande Ile.

Maputo, ensuite Addis-Abeba, Pretoria sera peut-être la bonne pour la grande Ile, Madagascar ! L’Afrique du Sud, la France, la communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC) ont préparé un accord de sortie de crise pour Madagascar. Et pour en discuter, les deux principaux protagonistes Andry et Ravalomanana étaient invités hier mercredi 28 avril 2010 à Pretoria.

L’accord prévoit la constitution d’un gouvernement d’union nationale chargé de conduire le pays à des élections générales le plus rapidement possible. Toute chose qui pourrait sortir la grande Ile de l’impasse politique et de la stagnation économique actuelles.

La rencontre devrait être présidée par le chef de l’Etat Sud-africain Jacob Zuma en présence du médiateur mozambicain Joachim Chissano et du secrétaire d’Etat français à la coopération Alain Johandet. La rencontre a pour objectif selon un communiqué conjoint des ambassadeurs de France et d’Afrique du Sud, de finaliser un accord dont les principaux éléments ont d’ores et déjà été acceptés par les deux parties. Avant cette tentative, deux accords ont été signés courant 2009 à Maputo et à Addis-Abeba mais restés lettre morte.

Espoir promis

En déclinant de réunir d’abord MM Rajoelina et Ravalomanana avant d’élargir l’éventuel accord aux deux anciens présidents Albert Zafy et Didier Ratsiraka, les promoteurs mettent les chances de leur côté. Dans tous les cas, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Malgache, Bernard Valew estime que "il est temps que Madagascar puisse avancer rapidement vers la fin de cette crise politique". Il est difficile de dire qu’un accord sera arraché à Pretoria, mais de nombreux acteurs pensent que cette rencontre a beaucoup de chance de faire sortir l’Ile de la crise.

Ainsi, dans un rapport publié mi-mars, le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG) plaidait pour l’adoption d’une nouvelle approche dans la crise, proche de celle à présent défendue par la France et l’Afrique du Sud. Constatant l’échec des précédents accords de partage du pouvoir, ICG estime que "la médiation devrait cesser d’essayer de mettre en place une transition fondée sur un partage du pouvoir et tenter plutôt d’obtenir un accord sur une nouvelle constitution et l’organisation rapide d’élection sous supervision internationale".

L’espoir est en tout cas permis, dans la mesure où Andry Rajoelina semble avoir marre de la situation. Il est de plus en plus isolé et sous le coup de sanctions de l’Union africaine avec 108 personnalités de son régime. Il peine aussi a compenser la suppression des aides de la communauté internationale.

Depuis fin 2008, Madagascar est plongé dans une grave crise politique. Elle a conduit à l’éviction, en mars 2009, de Marc Ravalomanana et à son remplacement par son principal opposant et ex-maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina soutenu par l’armée. La crise n’a que trop duré et l’acceptation du présent accord par les protagonistes pourrait redonner à Madagascar son lustre d’antan.

Boureima SANGA


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